‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdes par d'EsternoChapitre 26 sur 117 · DU PRODUIT NET · texte numérisé non relu

DU PRODUIT NET

uu élément de production qu’on ne doit pas payer trop haut relativement au service qu’on en tire ; elle doit être considéiée ainsi par l’ouvrier lui-même. C’est pour s’être trompées sur ce point, ou pour en avoir méconnu l’importance que les classes ouvrières ont été si souvent en proie à la détresse. De même qu’il y a un actif et un passif pour une exploitation ou une manufacture, de même il y a pour chaque famille et pour chaque ouvrier une sorte de balance qui détermine son aisance ou sa pauvreté ; si ses dépenses , utiles ou non , dépassent ses profits , s’il se coûte plus qu’il ne se rapporte , il perd sur sa propre exploitation et doit nécessairement s’appauvrir, à moins qu’il ne vienne à bout de gagner plus ou de dépenser moins. C’est par ces deux expédiens qu’il doit chercher à se tirer d’affaire ; mais s’il continue à suivre un train de vie qui le ruine et qu’il se contente pour tout remède d’accuser l’avarice et la dureté de ses maîtres, il sort évidemment du vrai et du juste ; et, après être tombé dans la pauvreté, il tombe encore dans l’absurde, ce qui est infiniment plus fâcheux, au dire d’un ancien philosophe.

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