I»U PRODUIT NET
les peuples combauent ; on peut bien dire que le inonde n’est pas une arène et que le devoir des gouvernans n’est pas de préparer au-dedans de leurs frontières des champs de bataille pour les étrangers ; c’est là le langage des gens pacifiques; mais ce n’est pas celui des conquérans. Lorsqu’une armée d’invasion se précipite sur un pays mal défendu, peu lui importe que les habitans aient ou non consenti à se battre. S’ils ne veulent pas se défendre, elle les asservit on les extermine. Il en est de même de l’industrie ; les ouvriers les plus habiles enlèvent aux autres leur travail : or le travail, c’est le champ que cultive l’ouvrier; 'a conquête est aussi réelle que s’ils ôtaient au propriétaire sa maison, ou au rentier ses capitaux et l’ouvrier n’est pas plus maître que le soldat de refuser la bataille qu’on lui offre ; il y va pour lui de son avoir et de son avenir ; c’est en vain qu’il se met à l’abri derrière des lignes de douanes qui sont les fortifications des industries arriérées : on amène contre elles la contrebande et les traités de commerce qui sont les tirailleurs et les batteries de siège à l’usage des industries puissantes. Les assiégés peuvent, au prix d’horribles souffrances, retarder de quelques instans le moment de l'entrée ; mais ce n’est qu’une affaire de temps .
Un célèbre écrivain disait en parlant des républiques d’Italie : on ne croyait pas alor» qu’un citoyen , un gentilhomme fût oblige' d'égaler en bravoure et en tnépri» de la mort ces homme» abrutis dont la guerre était la seule passion. Esthétiquement parlant, ce raisonnement était très soutenable ; mais au jour du combat, l’épée en fit justice ; les guerriers abrutis renversèrent ceux qu’ils ne pouvaient réfuter, et la désolation qui s’étendit sur l’Italie dut apprendre à ses habitans qu’on ne discute pas avec le glaive et qn’on n’argumente pas avec la nécessité.
La poursuite du produit brut est un état factice qu’on ne peut maintenir que par des lois rigoureuses et que par défaut de lumière dans la masse d'une nation ; nous le voyons