‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdes par d'EsternoChapitre 42 sur 117 · DE LA DOCTRINE DU PRODUIT NET · texte numérisé non relu

DE LA DOCTRINE DU PRODUIT NET

Elle pénétrait dans les châteaux fortifiés, et rendait le haut baron tributaire des manufactures étrangères ; elle enveloppait tellement les peuples guerriers, que ceux-ci se voyaient continuellement amenés à l’attaquer contre toute justice, pour éviter d’être absorbés par elle.

Si tel était son empire lorsque tout concourait à en arrêter le développement, il est difficile de prévoir aujourd’hui quelles limites pourraient lui être assignées. L’Europe est percée de grandes routes et de canaux ; les lignes de douanes sont abattues , du moins pour une grande partie -, des traités de commerce ouvrent les ports aux marchandises des diCTérens peuples. En outre , les nations industrieuses ne sont plus composées, comme autrefois, de quelques villes sans territoire, fortes seulement de leurs richesses et du dévoûment de leurs habitans. Des peuples nombreux protègent les centres de production; les armées les plus aguerries ne pourraient s’en approcher sans livrer des batailles dont l’issue serait au moins douteuse et dont la perte n’entrainerait pas la destruction des vaincus.

Les chances ont donc changé en faveur des sectateurs du produit net ; la facilité des communications leur ouvre à toute heure les chemins des pays étrangers et la réaction guerrière que provoquaient ordinairement les progrès industriels a perdu la plus grande partie de sa puissance. Il n’existe donc plus d’arme qu’on puisse opposer efficacement à l’industrie ; ce n’est que par elle-même qu’on peut la combattre. Certains physiciens prétendent que la colonne d’air qui pèse sur les corps vivans les écraserait en un instant, si ces corps n’étaient eux-mêmes imprégnés d’air qui fait résistance à la pression atmosphérique.

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