CHAPITRE V
elle pas condamnée à se faire une concurrence acharnée pour les moyens de subsislance, c'est-à-dire, pour le travail des ateliers , pour les misérables et chanceuses occupalions des grandes villes, qui sont sa seule ressource ? Si cela est vrai, et nous croyons que cela est démontré, quel est le sort que l'avenir réserve à cette population? Il n'est pas difficile à prévoir, car il est infaillible : le sort de la population Irl andaise ! Mais à quoi bon parler d'avenir? chaque ville industrielle n'a-t-elle pas aujourd'hui sa petite Irlande qui élargit chaque jour la cité de la misère, de la saleté, de l'abrutissement, et menace d'y engloutir la population tout entière ! Les grandes causes de la misère sont là, et la situation du capital vis-à-vis du travail suffit seule pour l'expliquer. Nous pourrions donc ne pas aller plus loin et dire : Ouvrez les yeux et voyez; si vous n'apercevez pas au premier coup d'œil la grande cause de la misère, il n'est pas nécessaire de la rechercher davantage, car vous ne voulez pas la voir !
Mais continuons l'étude de la production, et voyons rapidement quelle est l'influence des procédés qu'elle emploie sur la condition des classes laborieuses.