‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 13 sur 314 · DU TRAVAIL DES CLASSES PAUVRES · texte numérisé non relu

DU TRAVAIL DES CLASSES PAUVRES

L'industrie nouvelle a introduit dans la condition des classes laborieuses un changement qui a l'importance d'une terrible révolution : elle a remplacé le travail en famille par le travail en fabrique ; elle a brusquement interrompu le silence et la paix de la vie domeslique, pour lui substituer l'agitation et le bruit de la vie en commun. Aucune transition n'a été ménagée, et les générations élevées pour l'existence tranquille de la famille ont été jetées sans préparation dans les ateliers; hommes, femmes et enfants, se sont vus entassés par milliers dans de vastes manufactures où ils devaient travailler côle à côte et pêle-mêle pendant quatorze et quinze heures par jour. Le rapprochement était souvent si intime que les plus simples précautions exigées par la décence devenaient impossibles. Les hommes et les femmes étaient obligés de se dépouiller d'une partie de leurs vêtements, les uns devant les autres, à cause de la chaleur des ateliers, et, devons-nous le dire, la pudeur était

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