‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 208 sur 314 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

de salaires et en assurerait l'égalité dans tout le royaume ; 2° le rappel de l'acte qui fait du papier de la banque une monnaie légale {légal tender); 5° rappel ou changement des lois des céréales; 4° une plus grande sévérité dans la répression des larcins; 5° émigration; 6° extension du suffrage politique; 7° établissement d'un fonds pour donner aux tisserands les moyens de quitter leur métier ou d'en apprendre un autre; 8° augmentation du clergé et des écoles. — L'a u leur ne discute pas ces moyens , il ne les rejette ni ne les approuve, et se contente de dire que le dernier lui semble le plus applicable et le meilleur. M. Villermé, qui a fait un si curieux inventaire de la condition des ouvriers employés par nos industries, se borne à recommander la suppression d'un petit nombre d'abus , qui sont plutôt des effets que des causes dans le régime de l'économie individuelle. Il demande la séparation des sexes dans les manufactures, un règlement législatif sur le travail des enfants, et la suppression des avances d'argent faites par les maîtres à leurs ouvriers.

Comme on accorde l'autorité de principes à presque tous les faits du régime actuel de l'industrie, comme on voit des lois générales, permanentes et presques divines . dans les procédés employés en ce moment pour produire et distribuer la richesse, il ne faut pas s'étonner qu'on n'ait découvert aucun remède efficace à un mal dont on refuse ainsi de reconnaître la véritable cause: quiconque accepte les faits actuels comme la constitution régulière et définitive de l'industrie, se condamne d'avance ou à nier l'existence et les progrès de la misère, ou à en placer la cause dans des accidents secondaires , incapables de produire de pareils effets. La question la plus importante de l'économie politique se trouve ainsi enfermée dans une série de cercles vicieux et de sophismes dont il est impossible de la dégager. Les rares économistes qui, comme M. de Sismondi , ont eu assez de bonne foi pour reconnaître que le principe du mal reposait dans les lois économiques elles-mêmes, ou du moins dans ce que la science imparfaite regardait comme des lois, ceux-là n'ont pas eu le courage de proposer les moyens d'en arrêter l'action. Au moment où il vient de faire une admirable critique des vices du régime économique actuel, M. de Sismondi dément timidement tout son livre par cette désolante

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