‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 41 sur 314 · DES CAUSES DE LA MISÈRE · texte numérisé non relu

DES CAUSES DE LA MISÈRE

Nous voici arrivé à la partie la plus importante de notre travail 5 sans doute, il est du plus haut intérêt pour nous de savoir ce qu'est la misère, de connaître son étendue, la marche de son développement, mais il nous importe bien plus encore de savoir quelles sont les causes de ce triste phénomène qui semble apparaître tout exprès chez les nations les plus fières de leurs progrès, pour humilier leur sagesse et confondre leur orgueil. La misère défie à la fois le sentiment et la raison. La charité chrétienne la plus ardente, la charité publique la plus intéressée , ne sont pas seulement insuffisantes à la soulager efficacement, elles agissent sur elle comme cause indirecte, elles l'augmentent au lieu d'en diminuer l'étendue ! Les intentions les plus généreuses de la raison politique ont été aussi impuissantes pour en arrêter l'action que la charité pour en adoucir les effets : la misère brave tous les efforts , ceux du cœur comme ceux de la raison , et elle poursuit d'un pas triomphant ses désastreux progrès.

Nous diviserons les causes de la misère en deux classes : les causes générales et permanentes ; les causes particulières et accidentelles.

La misère n'est pas un accident et comme une exception dans nos sociétés. Trop heureux les gouvernements et les peuples si ce n'était qu'un fléau passager qui s'en va après avoir frappé; trop heureux encore s'il ne revenait périodiquement qu'à de

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