‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 65 sur 314 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

ment le fait impossible , que les habitants d'une autre planète s'arrogent un droit de souveraineté absolue sur le sol de la terre , dont les habitants seraient assez faibles pour consentir à envoyer presque tout ce qu'ils produiraient afin de permettre a leurs magnifiques seigneurs de vivre dans de nobles loisirs : quelle serait la condition de la race terrestre qui donnerait toujours sans jamais rien recevoir? Celle de l'Irlande , qui est forcée d'abandonner tout ce qu'elle produit à une race conquérante qui vit aussi séparée d'elle que si elle habitait une autre planète.

Ce qui doit consoler l'Irlande et ce qui, à défaut d'autres causes, fera son salut un jour, c'est que la population agricole et manufacturière de l'Angleterre arrive par degrés à la détresse où l'Irlande est depuis longtemps descendue. Nous n'avons pas oublié la pétition de ces pauvres de Bledlow qui se plaignaient de ne pas pouvoir obtenir un coin de terre à cultiver pour y planter des pommes de terre î

Quelle douce satisfaction nous éprouvons en reportant nos yeux des belles campagnes de l'Angleterre, des verts gazons de Tlrlande, sur notre pays! Nos champs n'ont pas l'apparence de richesse qui distingue ceux d'Angleterre ; les paysages ne sont pas décorés par des fermes élégantes , des parcs seigneuriaux ; mais chez nous le petit cultivateur, le journalier lui-même, possède un petit coin de terre et un enclos dont il est seigneur et maître , au même titre que le plus grand propriétaire. Nos villages sont pauvres, d'un aspect triste , ils sont trop isolés; les communes qu'ils composent n'ont pas assez d'habitants , par conséquent pas assez de richesse pour former une véritable commune, qui serait comme l'image et l'école de la grande nation ; tout cela est vrai, mais à côté de tous ces inconvénients, il y a un principe d'égalité et de justice, aussi fécond, nous l'espérons, pour la richesse et la paix de l'avenir, que le principe sous lequel gémit le plus grand nombre de la population anglaise sera fécond en désordres et en malheurs!

En France, ce n'est que très-indirectement, en exceptant toutefois le système des impôts, que la politique peut agir défavorablement sur l'économie nationale. Depuis la dernière révolution, les préoccupations politiques, les discussions de forme de gouvernement, de systèmes et de personnes, ont

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