CHAPITRE IV
nement; — En Angleterre, 56 au travail , 21 au capital , 25 au gouvernement; — En France, 47 au travail, 56 au capital, 17 au gouvernement ; — Dans l'Inde , 45 seulement au travail , et 55 au capital et au gouvernement. Évaluant ensuite la production aux États-Unis au chiffre 100 , il représente celle de l'Angleterre par 85, celle de la France par 40, et enfin celle de l'Inde par 10 (1). Nous ne donnons ces chiffres que comme des conjectures ingénieuses; mais, sauf l'avantage accordé patriotiquement à l'Union américaine , nous croyons qu'ils ne s'éloignent pas beaucoup de la vérité.
Dans l'Inde, presque toutes les dépenses sont des dépenses improductives. Le gouvernement de ce malheureux pays dépense annuellement 9,526,811 liv. st. pour l'armée, dans les temps ordinaires, et il prélève pour ses besoins d'entretien, de dépense et de force , plus de la moitié du produit brut du capital et du travail. La nouvelle charte autorise le souverain d'Angleterre à convertir les archidiaconats de Madras et de Bombay en évêchés avec des traitements de 24,000 roupies , dans un pays où une famille se procure à grand'peine, par le travail, assez de riz pour ne pas mourir !
En France, environ 400 millions sont annuellement dépensés pour l'entretien des armées de terre et de mer. Quelle triste nécessité pour un peuple, que celle d'être obligé de dépenser éternellement pour se défendre ce qui , sagement employé , suffirait pour assurer sa prospérité et son bonheur ! quel malheur, pour les nations européennes , que de rester si longtemps les esclaves du passé de violence et de barbarie , qui faisait de la guerre la condition régulière de l'existence des peuples ! Au moment où j'écris ces lignes, la France, à peine engagée dans la voie des progrès pacifiques , à peine assise dans l'atelier où se fabriquent pour les nations la richesse et le bonheur, la France se voit obligée de jeter de nouveau dans la balance tout ce qu'elle a gagné et tout ce qu'elle espère, de perdre son présent et de jouer son avenir ! la France va employer a creuser des fossés et à bâtir des murailles autant de force et de travail qu'il en aurait fallu pour jeter un chemin de fer de la mer du Nord
(1) Principles of political Bconomy, part ii , p. 579.