CHAPITRE VIII
seulement. Que prouve une telle anomalie? Évidemment que les conditions d'admission ont été plus rigoureuses en 1838 qu'en 1857, puisque la moyenne de la durée du séjour à l'hôpital s'est élevée, pour chaque malade admis, de 23 jours 47 centièmes à 24 jours 63 centièmes. Si les malades admis ont donné plus de journées d'hôpital dans une année que dans l'autre, avec moins d'admissions, c'est que les portes des hôpitaux ne se sont ouvertes qu'à des maladies graves.
M. de Gérando nous apprend que l'indigence obéit , depuis 1817, à un mouvement progressif de réduction, malgré l'accroissement rapide de la population (1). « Le rapport des indigents à la population , dit-il , a subi de la sorte une réduction progressive de 1 sur 4,21 centièmes jusqu'à 1 sur 14,66 centièmes , c'est-à-dire que la misère a diminué de près des 3/4. » 11 paraît que ce mouvement de diminution s'est arrêté depuis; car, dans son compte rendu pour 1836, l'administration départementale de la Seine nous apprend que ce rapport est de 1 sur 12,32 centièmes.
Nous avons peine à concevoir qu'on se fasse illusion au point de conclure de la diminution ou de l'augmentation d'un chiffre aussi mobile que celui des secours à domicile, sur lequel tant de causes étrangères à l'action de la misère peuvent agir, que Tadministration élève ou abaisse à son gré , à l'affirmation si absolue du rapport réel de l'indigence véritable à la population.
En 1818, il y eut 167,436 indigents secourus tant dans les hôpitaux que par les bureaux de charité à domicile. Le nombre des femmes secourues fut à celui des hommes comme 31 est à 20 (2). Le chiffre des indigents secourus à domicile fut de 86,415, un sur 7,89 (3).
En 1819, le chiffre des indigents secourus fut de 166,023.— Les secours furent distribués à 85,150, un sur 8,38 (4).
(1) Histoire de la bienfaisance publique, 1er vol., page 117.
(2) Voyez Recherches statistiques sur la ville de Paris. 1er volume, tableaux 40 et 41.
(3) Id. 2e vol., tableau 56.
(4) Id. 2o vol., tableau 57.