APERÇU DE LA MISÈRE EN DIVERS PAYS
Voyons rapidement si la situation économique des autres pays civilisés nous autorise à maintenir nos conclusions. Ici les documents sont encore beaucoup plus incertains que pour la France. Chaque statisticien a donné des chiffres différents sans indiquer toujours la source où ils sont puisés, et nous n'avons pas de raison pour accepter les données de l'un plutôt que celles de Pautre.
Le document , sinon le plus exact, du moins le plus étendu que nous possédions sur la misère européenne , nous le devons à l'enquête anglaise de 1834. Non content de faire étudier le paupérisme en Angleterre, le parlement, ne voulant négliger aucune donnée utile, fit examiner la question dans toutes les sociétés civilisées. Les résultats de l'enquête remplirent un gros volume in-folio (1).
Ces communications importantes nous apprennent que la misère s'est établie dans le nouveau monde, lui-même, à la suite des émigranfs européens. Les États-Unis ont des misérables comme l'Angleterre, à la charge de l'État et des municipalités où ils vivent. Sans doute la proportion est moins grande , mais cependant le mal est déjà tel qu'il éveille la sollicitude des législateurs et que , en Amérique aussi , on demande l'abolition de la charité légale parce qu'elle est trop ruineuse (2). Depuis dix ans, les anciens États comme le Massachusets s'efforcent de remplacer les secours à domicile par le régime cruellement philanthropique des work-houses.
(1) Foreign communications. — Report from commissionners ofthe poorlaws. Londres 1834. Imprimé par ordre du parlement.
(2) Report from com. of the poor lato, p. 59.