WURTEMBERG
Le petit royaume de Wurtemberg (1) a fourni à la commission des renseignements très- détail lés; Ce petit État , qui occupe une superficie de 8000 milles anglais carrés , et renferme une population de 1.578,000 habitants, possède des institutions fort curieuses. Le paupérisme y est l'objet d'une législation spéciale. Le droit aux secours est formellement écrit dans la loi. Les conditions d'admission aux secours sont faciles et douces, ce qui est dû à l'influence des anciennes lois germaniques dont ce petit État a conservé de précieux débris. Les bailliages et communes sont de véritables communautés moralement associées entre elles. Elles dédommagent par des contributions volontaires, ceux de leurs habitants qui ont été affligés de la grêle ou qui ont perdu leur récoite par accident.
Mais les nouvelles nécessités sociales rendent de jour en jour plus difficile l'application de cette charité toute fraternelle. Il est presque impossible aux magistrats de procurer de l'ouvrage aux pauvres quand ils ne peuvent pas leur en donner euxmêmes. Souvent ils n'ont d'autre ressource que de les autoriser à faire des collectes individuelles près des habitants les plus riches de la commune et du bailliage. Le travail est regardé comme une obligation. Les infirmes , vieillards et incapables de travail, sont recueillis dans des établissements publics dont le régime , à ce qu'il parait , est parfaitement conforme à la
(1) Report from corn,, p. 524 à 547.
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véritable chanté. II en résulte, de l'aveu même du gouvernement wurlembergeois , que la condition des pauvres assistés, et même des prisonniers, est préférable à celle des ouvriers libres qui n'ont pour vivre que leur salaire (1).
On prétend que , malgré ces institutions favorables à la misère , le paupérisme diminue dans ce pays. Le nombre des indigents, qui s'élevait , en 1820 , à 64,896, n'était plus que de 50,000, 1 sur 50 habitants, à l'époque de l'enquête.