‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 134 sur 224 · LIVRE · texte numérisé non relu

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Ainsi , dans un espace de 10 ans , la population s'est accrue en Hollande dans les proportions de 219 à 245, tandis que la misère officielle s'est accrue dans la même période de 202 à 279 ! Ainsi le nombre des pauvres assistés , qui n'était que de 9 220/1000 sur 0/0 en 1822 , était de 11 398/1000 sur 0/0 en 1831 ; proportion qui surpasse même la misère officielle de l'Angleterre.

La Hollande a fait pour détruire la misère qui mendie une grande expérience qui n'a pas eu tous les bons résultats qu'on pouvait en attendre : c'est celle des colonies agricoles. Trèsdiversement jugée, celte tentative ne mérite , selon nous , ni la réprobation des ennemis de la charité légale, comme M.Naville, ni les éloges trop absolus des partisans du système agricole appliqué au soulagement de la misère, comme MM. Huerne de Pommeuse et Villeneuve-Bargemont , etc.

Les quatre colonies de pauvres ( Frederick' s-Oord , Wateren, Weenhuisen , Ommerschans ) sont à la fois des asiles ouverts aux indigents valides sans ouvrage, et des lieux de châtiment pour les vagabonds fainéants qui refusent la condition du travail. La population en est donc divisée en colons libres et colons forcés. La sagesse de l'administration hollandaise, la faveur qui accueillit un essai qui donnait de si grandes espérances, ont fait prospérer d'abord la colonie de Frederick's- Oord , au point qu'on en a successivement fondé trois autres sur le même plan. En 1831, la population de ces établissements était de 7,853 habitants, répartie ainsi qu'il suit : 2,297 orphelins et enfants abandonnés; 2,694 colons libres; 2,406 colons forcés , pour lesquels le séjour et le travail étaient une p.';ine.

Le problème qu'on s'est proposé est bien simple, et, s'il avait été résolu, il ne resterait plus qu'à fonder, dans toutes les contrées où règne la misère, des établissements de ce genre. On voulait voir s'il était possible de rendre la charité gratuite, c'est-à-dire , si on pouvait faire produire aux pauvres ce que coûte leur entretien. Cette sorte de charité qui ne coûterait rien

t. i, p. 95, donne 755,621 indigents secourus, sur une population de 6,166,854 (avril 1830 ). 4,990,563 francs avaient été distribués en

secours.

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