‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 145 sur 224 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

paroles; autrement, s'il s'abandonnait sans réserve à la vivacité de ses souvenirs, s'il avait la prétention de peindre ce qu'il a vu avec des couleurs étudiées, de façon à reproduire, par les savants effets de l'art , les horreurs vivantes dont il a été témoin, on lui refuserait toute confiance, et on ne verrait en lui qu'un artiste en paroles qui a traité la description de la misère comme un thème nouveau d'amplification et de style. Nous avons fait de grands efforts pour éviter toute apparence de déclamation ; nous avons refroidi à dessein nos impressions et nos souvenirs, dans la crainte que le sentiment n'altérât Téloquente simplicité des faits ; et, toutes les fois que la chose a été possible, nous avons préféré le témoignage des autres à celui de notre propre conscience. Nous ne publierons que les faits qu'il nous serait possible de prouver en justice par de suffisants témoignages ; le nôtre, quand il était seul , a toujours été récusé.

Maintenant, voici les faits avec les autorités qui les appuient : que ceux qui ne sont pas sourds aux cris de la chair souffrante, insensibles aux pleurs des âmes humiliées , que ceux-là en prennent connaissance et les méditent, et nous ne les aurons pas recueillis en vain !

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