‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 161 sur 224 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

a tu.

la description quç nous eu a donnée un homme qui a été chargé en Angleterre d'une partie de l'enquête sur la condition des tisserands à la main dans les (rois royaumes. « Les ïtynds de » Glascovv, dit M. Symons (1) , comprennent une population » flottante de 15,000 à 50,000 hahitants. Ce quartier se com- » pose d'un labyrinthe de ruelles, sur lesquelles s'ouvrent une » foule sans nombre de passages qui conduisent dans de petites » cours carrées, au milieu de chacune desquelles pourrit un » fumier. L'aspect extérieur de ces lieux révolte tous les sens, » et cependant il ne prépare pas encore aux horreurs , au dé- » nûment . qui attendent le visiteur dans l'intérieur des habi- » talions. Dans quelques réduits de ce quartier, visité pendant » la nuit, nous avons trouvé une couche d'êtres humains, » étendus sur le plancher, jusqu'à quinze et vingt personnes, » les unes vêtues , les autres nues; hommes, femmes, enfants, » entassés pêie-mêle, les uns à côté des autres. Leur lit se com- » posait de paille moisie étendue sur le plancher et mélangée » de haillons. Il n'y avait généralement que très-peu ou pas de » meubles (f'urnititre) dans ces réduits; le seul objet de coni- » fort qu'on y rencontre, c'est un feu. Le vol et la prostitution » sont les seules sources de revenu de cette population. On ne » fait rien, à ce qu'il semble, pour nettoyer ces étabies d'An- » gias , ce Pandémonion , ce foyer de crime, de saleté et de » peste, placé au centre de la seconde ville de l'empire. Ces » ÏVynds sont le Saint-Gilles de Glascow, mais je dois de- » mander pardon de la comparaison au Pandémonion de la » métropole. La longue inspection que j'ai faite des plus mau- » vais quartiers des autres villes, et en Angleterre et sur ie » continent, ne m'a jamais rien offert qui approchât de moitié » de ce que j'ai vu ici , soit pour l'intensité de la corruption » physique et morale , soit pour son étendue. »

Il n'y a rien à dire après une pareille description , sinon que les habitations des basses classes dans toutes les grandes villes d'Ecosse sont à peu près dignes des fVynds de Glascow (2).

(1) Arts and artisans at home and abroad, by J. I. Symons, p. 116 et suivantes.

(2) Voyez On the ménagement ofthe poorin Scotland, by William Pulteney Alison, 1840.

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