‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 164 sur 224 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

tiers sont ordinairement situés dans les parties les plus anciennes des grandes villes; ils sont le résultat du laisser-faire anafchique qui a présidé à la construction et à l'agrandissement de toutes les vieilles cités. Mais il faut dire, à la gloire de notre pays et de notre temps , que sur tous les points de la France les autorités municipales rivalisent avec les particuliers pour faire disparaître peu à peu ces foyers d'insalubrité et de misère. A Paris , la Cité a changé d'aspect depuis quelques années, et les vieux quartiers malsains de la rive droite de la Seine, où est entassée la population ouvrière, cèdent peu à peu la place à une ville nouvelle. Dans toutes nos grandes villes, le marteau qui démolit travaille incessamment pour faire place à des constructions mieux entendues , qui s'élèvent sous la surveillance des autorités spécialement chargées de tout ce qui intéresse la sécurité et la salubrité publiques. La grande révolution qui a changé l'état politique de la France, et préparé un étal social meilleur, semble avoir entrepris de ne pas laisser une seule pierre de l'édifice anarchique du moyen âge , et , comme par enchantement , voici que nos vieilles cités disparaissent ou se transforment (1).

Elles ne sont pas encore entièrement démolies, mais leur lemps est marqué. Toute maison qui ne répond pas aux conditions exigées par l'intérêt public est condamnée à être démolie un jour. La réforme ne s'arrête pas,* ici c'est une maison que l'on fait reculer pour faire place à la rue; là, une autre que Ton renverse entièrement pour donner plus de jour et d'air aux habitations voisines ; ailleurs, une autre encore que l'on démolit parce qu'elle menace la vie de ceux qui l'habitent et des passants; partout enfin, on rencontre en France l'action de ce pouvoir que réclame aujourd'hui l'Angleterre pour régler l'exercice des droits de la propriété , et en prévenir ou réprimer les abus.

Chez nous, les quartiers pauvres ne sont pas mis hors la loi par les pouvoirs locaux , et toutes les rues sont égales devant la police. Les règlements de salubrité et de voirie leur sont

(1) A Rouen, depuis la construction du grand pont, une place et une belle rue occupent remplacement des ruelles et cours les plus affreuses du quartier Mnrtainville.

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