‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 180 sur 224 · LIVRE · texte numérisé non relu

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Et ces étranges créatures que l'on voit passer, le soir, à la lueur du gaz des boutiques de gin, ne sont pas une exception peu importante dans la métropole, comme on pourrait le croire : des quartiers entiers, nous dirions presque des villes, n'ont pas d'autres habitants, et ce costume de haillons est la tenue habituelle, la plus décente, d'une grande partie de la population de Londres. Dans la plupart des familles misérables, il n'y a pas pour chacun des membres un habillement comme celui que portent les individus qu'on aperçoit à la porte des gin's-shops (boutiques de genièvre).

Il est constaté que beaucoup d'ouvriers de Spilaffields ne vont pas à l'église faute de vêtements (1)!

Le 31 mai 1840 , j'ai fait une visite au district de Bethnal- Green, en compagnie de l'un des officiers (2) chargés de distribuer les secours dans cette partie de la ville de Londres. Je demande au lecteur la permission de mettre sous ses yeux deux scènes d'extrême misère dont j'ai été témoin. On connaît le lieu, réceptable de toutes les horreurs, et on doit s'attendre d'avance à trouver la population qui l'habite au dernier degré d'abaissement où des créatures humaines peuvent descendre ; mais il est impossible à l'imagination , si défavorablement prévenue qu'elle soit, de se représenter une situation pareille à celle dans laquelle vivent et meurent les tristes habitants de ces lieux.

Parmi les cabanes de planches qui couvrent ces jardins , nous en avons remarqué une qui se distinguait de toutes les autres par un aspectplus misérable encore : on eût dit un tas de bois pourri jeté sur un fumier ; la clôture qui la séparait des autres

(1) Handloom Weavers Inquiry. Report, of James Mittchell,

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