LIVRE I
çonnent à peine le mal qui les travaille ; comme un malade qui prend la fièvre pour de la vigueur, elles s'abusent sur la solidité d'une prospérité qui n'est qu'apparente, elles s'étourdissent à dessein sur les souffrances intérieures qu'elles éprouvent , et pour ne pas s'attrister d'idées funèbres , elles jouent la santé et le bonheur! Les gouvernements vantent à l'envi la prospérité toujours croissante des nations qu'ils dirigent , et, comme s'ils étaient complices du mal, ils en favorisent les progrès parleur incurie et leur silence : c'est pour ainsi dire malgré eux que nous devrons arracher à la société le témoignage de ses souffrances et de ses dangers !
Voyons maintenant si la misère existe, dans quelles proportions elle existe, et quelle marche elle a suivie chez les deux pe uples qui représentent la civilisation moderne.