CHAPITRE IV
évidence que les faits économiques généraux d'un pays ne permettent de rien conclure sur l'existence de rétendue de la misère qu'il contient !
Il y a dans chaque nation civilisée une misère officielle, celle que la charité publique entreprend de soulager, et qu'il nous sera facile de reconnaître. Nous pourrons savoir combien d'individus à peu près ont réclamé des secours, combien en ont obtenu , combien les hôpitaux et hospices ont admis de malheureux. Ces chiffres assurément seront loin de nous faire connaître le degré et l'étendue de la véritable indigence, mais ils pourront nous servir comme de thermomètre pour mesurer la misère réelle et latente de chaque pays. La misère ressemble à la chaleur ; celle qui ne se manifeste pas sous une forme sensible est bien supérieure à celle qui se révèle au dehors, et dont nos instruments et nos statistiques accusent la présence.
L'étude de la misère est , selon nous, l'étude la plus difficile que présentent les sociétés actuelles : les meilleurs esprits, nous le verrons , se sont condamnés sur cette question à une ignorance volontaire. Les statistiques officielles de la charité publique ne nous apprennent rien d'assez complet , rien d'assez intéressant , pour qu'il soit possible d'édifier un livre digne d'être lu , sur leurs données. Si la société anglaise n'avait pas publié depuis quelques années l'inventaire de toutes ses richesses et de toutes ses misères , dans les nombreuses enquêtes de son parlement , nous n'aurions jamais pu réunir les faits nécessaires pour justifier les conclusions générales que nous tenons à mettre en lumière.
La misère est inconnue : les nations dans le sein desquelles se développent le plus activement les germes mortels, soup-
» ductions et des produits des manufactures anglaises a excédé celle » de toutes les années précédentes.
» Sa Majesté est affligée de voir que, malgré ces signes de 1'activilè » du commerce , la détresse se montre, dans quelques parties du » royaume, parmi les classes des agriculteurs et des manufacturiers...
» // serait consolant, pour les sentiments paternels de Sa Majesté, » de pouvoir vous proposer des mesures propres à éloigner Tétat de » gêne de toutes les classes de ses sujets, et qui seraient en même » temps compatibles avec l'intérêt général et permanent de la nation.»