‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 69 sur 224 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

dilion économique des pauvres journaliers; cependant on a remarqué avec satisfaction que, la charité ne payant plus un supplément de salaire, le fermier allait se voir forcé de rétribuer en entier le travail de ceux qu'il emploie. Dans beaucoup de paroisses, les salaires agricoles ont été un peu élevés par l'application de la loi , et les ouvriers ont pu compter sur une demande de travail plus constante. Mais de là à l'aisance, au bien-être , il y a toute la distance qui sépare la liberté de la servitude. Les paysans qui ne sont que des journaliers, qui n'ont d'autre moyen de vivre que le travail accordé par les fermiers et les propriétaires, doivent descendre fatalement à la condition économique des cottagers irlandais. Leurs gains descendront, avec le temps, aussi basque la patience humaine pourra le supporter. Le travail, absolument séparé du capital, simple marchandise brute, subira forcément la loi à laquelle obéit toute marchandise; il baissera de valeur de plus en plus jusqu'à ce qu'il se vende au meilleur marché possible. Et l'Irlande nous apprend qu'il n'y a pas de limites où s'arrête la dépréciation du travail et de la vie des hommes : l'homme est grand jusque dans sa misère, car elle n'a pas de bornes !

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