‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 79 sur 224 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

vivre ensemble, et elle espérait triompher aussi facilement de ce fléau social qu'elle avait fait des pouvoirs politiques ses ennemis. Elle décréta que l'indigent malheureux avait droit au (ravail et aux secours, et que désormais toute misère serait un crime.

L'assemblée constituante avait nommé un comité chargé de lui présenter les moyens d'abolir la mendicité, et de soulager la véritable indigence. Cette fois , les intentions de la législature étaient franchement généreuses ; on ne déguisait pas alors, sous l'étalage d'une philanthropie prétendue éclairée, le désir égoïste de se débarrasser des iraportunités de la misère. Le comité, dit comité de mendicité , se livra aux travaux les plus sérieux; on fit, pour constater l'indigence, tout ce qu'il était possible de faire avec des documents inexacts et incomplets. Le rapporteur, La Rochefoucauld-Liancourt, évalue au vingtième de la population la misère française qui est à la charge de la charité publique, dans les hôpitaux et hospices, et il suppose que le nombre des indigents à domicile est à peu près égal à celui des pauvres qui peuplent les établissements de secours. D'après le duc de La Rochefoucauld-Liancourt , le nombre total de la population souffrante s'élevait environ à 5,248,691 individus, qui se décomposaient en quatre classes ainsi qu'il suit (1) :

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