‹ De la morale dans l'antiquitéChapitre 14 sur 14 · GARNIER · texte numérisé non relu

GARNIER

Xénophon, dans la seconde forme du gouvernement qu’il nous dépeint, fait reposer tout le fardeau de l’Etat sur le monarque; il sent donc le besoin de lui prescrire des obligations rigoureuses. Le prince, dit-il, doit donner l’exemple de toutes les vertus, de la piété, de la tempérance, de la retenue, de la décence, de la justice, du désintéressement ; il doit avoir horreur de tout proGt illicite (1). Lesdépen.«esdu trésor royal doivent avoir pour objet l’intérét public et non les plaisirs du roi. Un palais décoré avec magnificence lui fait moins d’honneur que les villes ornées de ports, de marchés, de temples, de portiques. Il faut que le monarque fasse prospérer les biens de ses sujets plutôt que les siens propres, et qu’il mette les citoyens en état d’envoyer aux jeux publics le plus grand nombre de chars et de chevaux, plutôt que de se réserver à lui-même cet avantage (2). Xénophon supiKise que le roi détrôné de la Lydie reprochait à Gyrus de s’appauvrir par ses libéralités. Celui-ci envoie dire à ses amis qu’il a besoin d’argent, et ils lui offrent spontanément une somme beaucoup plus considérable que Crésus n’avait pu l’imaginer. Vons voyez, lui dit le roi de Perse, que mon argent me rapporte plus dans la bourse de mes amis que dans la mienne (3).

Le phdosophe athénien demande encore que le prince charge les magistrats d’adresser les remontrances et d’infliger les châtiments, et se réserve l’avantage de décerner lui- même les récompenses (U). Les princes n’ont pas manqué de suivre ce préapie. Xénophon institue

(1) Cyrop., vm, 1.

(2) Hiéron, xi.

(3) Cyrop., viu, 2.

(A) Hiéron, ix.

XËNOPHON.

des prix pour les cliœurs de musique, la bonne tenue des armes, les exercices à pied et à ch*'val, les exploits dans les combats, et devançant les temps moderne*!, il fonde aussi des concours et des récompenses pour l’agriculture et l’industrie. Ces prix ont pour effet, dit-il, d’exciter beaucoup de citoyens à tourner leur alleniion vers les objets d’utilité générale. Mais il veut aussi qu’on récompense ceux qui se font remarquer par leur loyauté dans l’industrie et le négoce (1). Ce dernier conseil, un peu difficile à suivre dans la pratique, mériterait cependant qu’on cherchât les moyens de le mettre à profit.

A ces conditions, Xénophon promet le bonlieur au monarque. Il sait bien qu’on pense d’ordinaire qu’il n’est pas de félicité sur le trône. Il fait dire lui-méme à Hiéron que les princes ne peuvent aller où il leur plaît, qu’ils sont privés du spectacle des merveilles que le monde étale en dehors de leurs royaumes, qu’ils sont rassasiés des biens matériels, mais qu’ils ne goûtent ni l’amitié ni l’amour, parce qu’ils ne sont jamais certains de 1a sincérité des sentiments qu’on leur exprime, qu’enfin ils ne jouissent pas même en paix de leur puissance parce que les soldats qui en sont les appuis peuvent un jour les abandonner (2). Mais il fait répondre par Simonide que, si le prince donne l’exemple de la vertu, s’il travaille plus au bien-être de ses sujets qu’au sien propre, s’il songe à les enrichir plutôt qu’à gonfler ses trésors, s’il encourage tous les progrès utiles au bien général et surtout l’honnéieté et la loyauté, il pourra aller et venir à sa fantaisie, inspirer de véritables sentiments d’amitié et d’amour, et goûter le bonheur sans exciter

(1) Hiéron., ix.

(2) Id.ylk VII.

l'envie, ce qui esl le plus rare et le plus précieux des biens (1).

Tels sont, selon le philosophe, les devoirs du prince, et c’est la partie la plus importante de la justice. Après la justice viennent la bienfaisance, l’humanité, l’indulgence, le pardon. Xénophon montre Cyrus attentif à adoucir les effets de la guerre, à empêcher le pillage, à diminuer le nombre des prisonniers réduits en servitude, à laisser aux époux leurs femmes et leurs enfants. Les Égyptiens, auxiliaires de son ennemi, aiment mieux mourir que de reculer ; Cyrus, admirant leur courage et affligé de voir périr ces braves gens, fait retirer ses troupes et cesser le Combat (2). Il est bien plus doux, dit le héros, de l'emporter sur les hommes par les actes de la philanthropie (3) que par ceux de la guerre. Il faut se distinguer non en faisant du mal aux hommes, mais en leur liiisant du bien {U).

Un jour, Cyrus étalant ses richesses aux yeux de ses amis leur tient ce discours : « J’ai vu des hommes qui voulaient paraître plus riches qu’ils n’étaient, pour se donner l’apparence d’une meilleure condition ; mais quand on parait opulent et qu’on ne traite pas ses amis en proportion de sa richesse, on n’arrive qu’à passer pour avare. 11 y en a d’autres qui s’efforcent de cacher ce qu’ils possèdent, et ceux-là ne font pas non plus leur devoir, 'car leurs amis, ignorant Tétat de leur fortune, ne peuvent leur demander de soulagement dans le besoin. Il est d’un homme loyal de découvrir ses richesses, et de les employer à faire le bien. Je veux donc

(1) Hiéron, ix à xi.

(2) Cyrop.. vu, 1, 2.

(3) <ÿtXxyOpo)rîa.

(4) Cyrop.f vin, 4.

XËNOPHON. 17S

VOUS montrer ce que je possède, afin que vous ne regardiez pas ces trésors comme miens, mais comme vôtres ; car je les amasse, non pour les consommer tout seul, mais pour avoir de quoi récompenser ceux qui font bien et soulager ceux qui souffrent (1). * On n’a pas mieux, dans les temps modernes, tracé les devoirs de la charité.

Cyrus ayant reçu sa part de butin, dit à ceux qui l’entourent: «Je prends avec plaisir ce que vous me donnez, mais je le tiens à la disposition de ceux qui en auront besoin. » Un Mède, ami des muses, lui répond: « J’ai entendu hier soir, Cyrus, les musiciennes qui te sont échues en partage; si tu m’en donnais une, j’aurais plus de plaisir au camp que dans mes propres foyers. — Je te la donne, dit Cyrus, et je te suis plus reconnaissant de ce que tu me la demandes, que tu ne dois l’étre de la recevoir; tant j’ai soif de charité (2). »

Le pardon des fautes, surtout celles dont nous mourons victimes, est encore plus difficile à pratiquer que la bienfaisance. Xénophon recommande ce pardon par l’exemple d’un jeune homme injustement condamné à mort. Ce jeune homme, ami du fils du roi d’Arménie, lui dit en mourant : « Ne t’irrite point contre ton père, car il agit par ignorance et sa faute est involontaire (3).»

On se rappelle cet Âraspe que Cyrus avait chargé de garder la belle Panlhée, et qui, malgré son assurance, avait succombé aux charmes de sa captive. Le prince lui envoie d'abord Artabaze, qui le traite durement, l’accuse d'avoir attenté à un dépôt sacré, lui reproche son impu-

(1) Cvr<^., wi. à.

(2) OCru; ifù — Cyrop., V, 1.

(3) Cyrop., iii, 1.

deur, son injustice, au point qu’Araspe, fondant en larmes, se sent couvert de honte et tremble d’être sévèrement puni par Cyrus. Le prince le fait venir et, lui parlant sans témoin : « Rassure-toi, lui dit-il, je sais que les dieux eux-mêmes sont vaincus par l’amour, et quels tourments il inflige aux hommes qui passent pour les plus sages. Je n’ai pu encore gagner sur moi de demeurer indifférent au spectacle de la beauté; c’est moi d’ailleurs qui suis la cause de ta faute, moi qui t’at enfermé avec ce fléau irrésistible. » — oü Cyrus, reprend Araspe, je te retrouve ce que tu es toujours : doux et compatissant pour les fautes humaines, tandis que les autres m’avaient accablé sous le poids de la douleur. Je sens maintenant que j’ai deux âmes ; c’est une philosophie que vient de m'apprendre ce sophiste d’amour; car une seule ne pourrait à la fois être bonne et mauvaise. De nos deux âmes, l’une veut le bien et l’autre le mal. La bonne à laquelle tu viens de prêter secours, l’emportera désormais en moi sur la mauvaise (I). » C’est ainsi que le pardon relève souvent un cœur abattu sous le poids de sa faute, et nous faisant retrouver l’estime de nous-mêmes dans l’estime d’autrui, nous remet sur la bonne route avec plus d’efQcacité que la rigueur et les châtiments.

Il nous reste encore à examiner de quels éléments Xénoplion compose la piété et la religion de son héros. Nous avons vu que Socrate n’avait été novateur dans la religion de son temps que par le caractère de perfection qu’il attribuait à la divinité, par la discrétion qu’il recommandait aux hommes dans leurs prières, et par ces voix mystérieuses qui, disait-il, donnaient des avertissements

(1) Cyrop., VI, 1.

XÊNOPHON. 175

salutaires à ceux qui savaient les écouter. Sans s’expliquer Sur la nature de la divinité invisible et parfaite qu’il adorait, il ne s’était pas prononcé expressément contre la pluralité des dieux, et il n'avait rien changé dans le culte établi. Xénophon suit son exemple : il nous représente Cyrus observant à peu près le culte des Perses te qu’il est décrit par Hérodote; sacrifiant à Jupiter, sur les lieux élevés, sans temples, sans autels ni statues, mais avec l’assistance d’un Mage, dont la présence est nécessaire pour sanctifier le culte. Cyrus ollVe aussi des sacrifices au soleil, au feu, et à la terre (1). Hérodote avait nommé de plus, parmi’ les dieux des Perses, la lune, l’eau, les vents, et avait ajouté qu’ils y joignirent plus tard la Vénus célesteou Uranie, qu’ils nommèrent Miilira- Ils l'avaient emprunté, disait Hérodote, des Assyriens, qui l’appelaient Mylitia, et des Arabes qui la nommaient Alitta (2). Xénophon fait jurer un parentde Cyrus, Artabaze, par Mitlira, dont il tait un dieu (3); mais il ne met jamais ce nom dans la bouche de son héros, ni celui de la lune, de l’eau ou des vents. Cyrus, après avoir invoqué Jupiter, le Soleil, la Terre, se conien te d’ajouier : et tous les autres dieux de la pairie (U). Mais .s’il omet quelques dieux des Perses, il introduit quelques divinités grecques, telles que la déesse Vesta et les héros protecteurs du pays, dont Hérodote ne fait pas mention parmi les dieux adorés en Perse (5), il invoque une fois Mars et une autre fuis Yulcain (6). Mais les dieux favoris de Xéno-

(1) Hérodote, i, 131 ; Cyrop,, i, 6 ; iii, 3; vu, 5 ; vm, 3 et 7.

(2) Hérodote, I, 131.

(3) Ma TÔu MiSpnv. — Cyrop., vu, 6.

(4) Cyrop., i, 6 ; lu, 3 ; vu, 5.

(5) Id., I, 6 ; ra. 3; vin, 3.

(e) Id., vu, 1 et 5.

phon sont Jupiter et Vesla. Jupiter était le dieu qui avait chez les Grecs le plus d’attributs moraux : il était le protecteur des lois, du serment et de l’hospitalité; et Vesta qui représentait pour les uns la stabilité du monde, pour les autres le feu incréé, était pour tous la déesse de la pureté et de la chasteté. On remarquera que ces dieux sont aussi les préférés de Platon, qui, dans les Lois, élève, au milieu de la ville, une citadelle consacrée à Vesta et à Jupiter (1). 11 est probable que ces deux divinités étaient celles que Socrate nommait le plus souvent, puisque ses deux disciples s’accordent dans cette préférence.

Xénophon, sans rien innover dans le fond du culte, l’épure par le choix qu’il fait des divinités et par le mépris qu’il professe pour les devins : « Il faut, dit-il, apprendre à interpréter soi-méme les signes de la volonté des dieux, et se passer des devins qui sont souvent trompeurs (2). »

Il cherche aussi à éclairer la piété des hommes : a Un moyen elQcace, dit-il, de s’assurer la protection desdieux, c’est de ne pas attendre le malheur pour les invoquer, mais de les honorer surtout dans la prospérité (3). ■> Puis réglant comme Socrate les prières qu’il faut adresser aux dieux, a il n’est pas permis, ajoute-t-il, de demander aux dieux la victoire dans la course à cheval, si l’on n’a pas appris l’équitation, ni l’avantage sur les archers, quand on ne sait pas tirer l’arc, ni une navigation heureuse, si l’on ne sait pas naviguer, ni une abondante récolte, si l’on n’a pas semé, ni une glorieuse fin de la guerre, si l’on n’a pas pris les meilleurs moyens de combattre. Tous ces

(1) Les lois, trad. de M. Cousin, t. VII p. 295.

(2) Cyrop., I. 6.

(3) Idem, ü>id.

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vœux sont contraires à l’ordre établi par la divinité; ceux qui les forment doivent être refusés, comme ceux qui demandent un office contraire à la loi... Les dieux savent mieux que nous' ce qui nous convient, et souvent nous avons formé des vœux dont l’accomplissement a causé notre perte (1). » On reconnaît ici les paroles mêmes de Socrate (2). Xénophon emprunte aussi à son maître comme nous l’avons déjà vu, la croyance aux voix divines qui avertissent les hommes; mais au lieu de dire comme Socrate à ceux qui ne les entendaient pas, qu’ils ne savaient pas les écouter, il répond que si la divinité ne donne pas d’avertissements à tous, c’est qu’elle n’est pas forcée d’accorder à tous la même faveur (3). Socrate faisait tous les hommes égaux devant Dieu ; Xénophon, comme Bias, que nous avons cité, devançant la plus étroite interprétation de la doctrine de la grâce, établit jusque dans le ciel la partialité et la faveur. Dans un autre passage cependant, le philosophe regarde la piété comme la meilleure garantie des bonnes mœurs et le plus sûr moyen de s’attirer les bienfaits des Dieux (â). 11 accorde donc alors quelque efficacité au mérite de l’homme et revient à une plus saine intelligence des vérités religieuses.

Résumons en peu de mots la morale qui découle de la Cyropédie et du Hiéron. Si l’on excepte l’indulgence pour le suicide et une restriction capricieuse des bienfaits de la divinité, les préceptes de Xénophon peuvent être considérés comme un heureux développement de la morale de Socrate. Pour lui, comme pour son maître, la

(1) Cyrop., I, 6.

(2) Voyez notre Mémoire tw Socrate, p. 64.

(3) Cyrop., 1 , 6 .

(4) M. vni,l.

178 DE LA MORALE DAMS L’AMTIQUITÉ.

culture de l’esprit consiste surtout dans la théorie et la pratique de la vertu ; on peut et l’on doit enseigner la morale comme on enseigne toute autre science.

11 nous demande d’observer la tempérance, de nous rendre insensibles aux charmes de la table, de nous contenter de pain et de cresson, ce qui fournit la plus délicieuse nourriture lorsque l’appétit et la sobriété l’assaisonnent; de ne pas nous exposer aux séductions de la beauté, surtout lorsqu’on est chargé des intérêts publics. Un lit de feuillage sous la voûte des cieux vaut mieux, dit-il, pour un homme endurci à la fatigue que la couche la plus moelleuse dans le palais le plus somptueux. Il enseigne qu’au delà du nécessaire la richesse est un embarras et une source d’inquiétude; qu’il importe peu que notre dépouille mortelle soit ensevelie dans un cercueil d’or; qu’elle est destinée à se dissoudre et que l’âme seule est immortelle; que le calme de l’esprit doit paraître dans la tranquillité du corps ; qu’il ne faut pas se laisser aller aux éclats d’un rire excessif ou d’un geste immodéré. Xénophon pense comme Périandre, que le calme est une beauté.

Sur le courage, il prescrit de ne pas se laisser abattre ni par les soutfrances du corps ni par les douleurs de l’àme ; de poursuivre la route où le devoir nous engage, malgré la pierre qui nous frappe à la tête; de supporter les injustes accusations et de regarder tranquillement les approches de la mort qui nous enlève à ceux que nous aimons.

Sur la justice il exige que nous respections non-seulement la propriété et la femme d’autrui, mais encore l’amour-propre du prochain, son honneur, sa délicatesse et sa pudeur; que nous témoignions à nos parents la plus tendre reconnaissance et la déférence la plus complète;

que l’époux brave la mort pour défendre sa femme, et que l’épouse se conserve pure au péril même de sa vie; que les chefs des États ne fassent point de guerre, de conquête, n’exterminent pas leurs ennemis vaincus, ne pillent pas les villes, ne réduisent pas les peuples en esclavage, ne les énervent pas par une éducation efféminée; qu’ils traitent leurs alliés comme leurs propres sujets; qu’ils favorisent la circulation des richesses et la division du travail; qu'ils établissent une éducation publique dont le principal objet soit la morale; qu’ils soumettent k des épreuves, le passage des citoyens d’une classe à l’autre e la nomination aux fonctions publiques; qu’ils instituent, dans l’administration civile, une hiérarchie semblable à celle de l’armée, et que l’avancement ait lieu de grade en grade, sans acception de naissance ou de richesse, selon l'honnêteté et le talent, qu’enOn le monarque donne l’exemple de l’activité et de la vertu, enrichisse ses sujets plutôt que lui-même, et encourage par de justes récompenses les progrès de l’agriculture, de l’industrie, des arts, et surtout de l’honnêteté.

En ce qui touche la bienfaisance, Xénophon met la philanthropie (c’est le mot qu’il emploie) au-dessus de la gloire militaire, parce que la seconde se distingue en faisant du mal, et la première en faisant dubien ; il veut qu’on se relâche de ses droits, qu’on laisse faire auxautres la part du butin, qu’on tende la main à son ennemi vaincu, et qu’on le relève jusqu’à soi en feignant d’avoir besoin de ses conseils, qu’on emploie ses richesses au bien-être d’autrui, que loin de les cacher, on les montre, pour encourager les demandes de ceux qui souffrent; qu’on ne fasse pas le bien en vue de la récompense; qu’on ait soif d’obliger, qu’on ait de la reconnaissance envers celui qui nous demande un service, qu’on soit indulgent

pour les fautes d’autrui, parce que le pardon est plus salutaire au coupable que le cliàtiment.

Quant à la piété, Xénoplion comme Socrate respecte les formes de la religion de son pays, mais il choisit parmi elles; il s’adresse à Jupiter, à Minerve, à Vesta, non à Vénus, à Mars ou à Mercure; il se délivre de l’intermédiaire des devins, il étudie lui-méme les avertisse- ^ inents de la divinité, pour se tenir dans une plus étroite communication avec elle ; il n’attend pas l’adversité pour se souvenir des dieux; c’est surtout dans la prospérité qu’il les honore; il ne leur adresse pas de prière qui contrarie l’ordre des lois universelles ; il ne désigne pas les biens qu’il demande, et laisse aux dieux le choix de leurs aveurs. Persuadé que la piété et la vertu sont les meileurs moyens de s’attirer leur bienveillance, il ne s’enorgueillit pourtant pas de son mérite; et s’il n’a jamais j enflé ses pensées au delà de ce qui convient à un mortel | il remercie les dieux de lui avoir inspiré cette modération. |

Tels sont les enseignements que nous donne Xénophon I guidé par Socrate. On ne les trouvera pas indignes d’étre • remarqués à cété des leçons du maître. ,

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