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Il est à remarquer que la plupart du temps on ne trouve à l’autopsie aucune lésion cérébrale ou médullaire apparente, capable d'expliquer l'hyperthermie, ou l’hyporthermie relative, dont nous avons donné un exemple. Aussi sommes-nous tenté de croire que, chez ces malades, les centres thermiques sont rendus plus excitables que chez les individus non intoxiqués; et cette vulnérabilité plus grande favoriserait l'apparition du réflexe mortel.
Nous verrons tout à l’heure que ces constatations peuvent nous aider à comprendre quelques faits analogues observés dans d’autres cas.
À côté de l'alcoolisme nous pouvons placer le saturnisme et la morphinomanie dont nous avons pu recueillir une observation. Quant au diabète, il est remarquable que parmi toutes nos observations nous ne trouvions aucun décès. Cependant nous avons eu l’occasion d'en traiter quelques cas; l’un de nos malades a présenté même des symptômes si graves que nous fûmes obligés de pratiquer une saignée et des injections de sérum artificiel; cependant il se rétablit complètement. Dernièrement encore nous avons traité un diabétique atteint d’érysipèle de la face. La lésion a évolué très rapidement, la desquammation est apparue au bout de cinq jours et le malade est aujourd’hui guéri, sans que la quantité de sucre contenue dans les urines ait varié sensiblement. Il ne nous a donc pas semblé que l’érysipèle
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influât sensiblement sur l’évolution du diabète.
Il n’en est pas de même pour la tuberculose.
Souvent le tuberculeux meurt du fait même de son érysipèle; il meurt par un affaiblissement prooressif d'autant plus He que son état de phtisie est plus avancé.
Mais, de même que bien d'autres affections, l'érysipèle peut donner un coup de fouet à la tuberculose, et le malade est emporté avec des symptômes de gravelle. On trouve alors à l’autopsie des oranulations soit sur les méninges, soit sur le poumon, parfois même jusque sur le péritoine.
Cet anéantissement, cette mort lente esf aussi celle de toutes les cachexies; elle ne nous arrêtera pas davantage, mais nous allons étudier maintenant comment certaines affections antérieures peuvent donner à la mort un aspect spécial lorsqu'un érysipèle survient.
Tel malade, par exemple, est entré dans le service pour un érysipèle de la face d’allures absolument bénignes; la température atteint 38°; le pouls régulier bat environ 100 pulsations. L'état général est bon — il y a bien un peu d’albulmine dans les urines, rien Far euTe ne peut faire craindre une issue fatale.
Mais au bout de quelques jours d'évolution normale, alors que les symptômes locaux s’amendent, on voit le malade tomber petit à petit dans un état
presque typhoïde : il reste sur son lit, indifférent à tout ce qui se passe, ses traits se tirent, la langue devient sèche et rôtie, il marmotte des paroles incompréhensibles et a un délire doux et tranquille; rien ne peut l'en tirer, sauf à des intervalles de plus en plus rares où il retrouve, on ne sait pourquoi, un peu de lucidité. |
Cependant la température oscille autour de 38°, le pouls est plus rapide, l’albumine augmente.
Alors apparaît l'incontinence d'urine et de matières fécales, le ventre se ballonneetle malade entre dans la période agonique; la respiration s'embarrasse, les battements du cœur deviennent tumultueux et le malade meurt après une agonie tranquille, mais parfois prolongée.
C'est là le tableau classique de la mort dans la plupart des maladies infectieuses, et nous l'avons vu maintes fois arriver chez des érysipèlateux avec ce cortège de symptômes adynamiques. Mais dans ce cas nous avons presque toujours trouvé à l’autopsie des lésions qui étaient passées plus ou moins inaperçues pendant la vie, faute de signes pour en éclairer la recherche.
Ainsi nous avons observé chez un homme de 44 ans, plombier, d'une corpulence et d’une taille fort au-dessus de la moyenne, atteint d'un érysipèle de la cuisse gauche.
(Observation). — Durant tout son séjour à l'hôpital, le malade n'eüût de fièvre qu'au début et la température tomba progressivement; cependant, il présenta une dyspnée précoce, intense et continuelle. — L'auscultation du cœur ne décelait rien. — Il n'y avait ni sucre, ni albumine dans les urines; — les poumons présentaient des signes d'emphysème, mais pas assez accusés cependant pour pouvoir expliquer cette dyspnée. Le malade mourut rapidement.
À l’autopsie, on trouva le cerveau et la moëlle absolument sains, — le foie était un peu jaune, — Ja rate grosse, — les reins congestionnés, — les poumons étaient assez emphysémateux; — mais le cœur présentait une dilatation marquée du ventricule droit, sans lésions aux valvules, — la coupe avait une teinte jaunâtre, permettant de penser à l'existence de dégénérescence graisseuse. De plus, il était complètement chargé de graisse, et il avait un peu de symphise cardiaque à la pointe.
(Observation.)—Un autre malade, M. B... vieille femme âgée de 70 ans, entrait dans le service le 7 mai 1808, pour un érysipèle de la face. — L'état général était bon — la malade avait 37° de température. — Jusqu'au 9, la température montait progressivement et atteignait 38, 6.
Dès ce moment, l'état général commence à devenir mauvais, — un peu de délire, — petite quantité d'albumine.
Le 11,le pouls devient plus rapide, 108 pulsations.— La température se maintient à 380. — Un examen attentif de tous les organes de la malade permet seulement de constater quelques râles de congestion aux deux bases. Le délire continue — la malade est même agitée, elle cause et gesticule presque constamment — carphologie.
Le 13 mai, le pouls est incomptable — température qiee
La malade ne boit plus et, le 15, à 6 heures du matin,
elle succombe tout doucement avec une température de 3041: À l'autopsie, on ne trouve rien de particulier dans les
organes, sauf un peu de congestion pulmonaire. Mais à l’ouverture du crâne, on constate à droite au niveau de la région du pli courbe, un foyer de ramollissement dont la couleur et les apparences macroscopiques étaient en faveur d’une origine récente.
Souvent aussi l’'érysipèle réveille des cyrrhoses latentes.
Nous avons vu encore d’autres malades emportés au milieu de symptômes rappelant l'urémie.
Le nommé P..., par exemple, âgé de 49 ans, garçon laitier, entre à l'hôpital, le 6 mai, pour un érysipèle de la face, dont il était probablement atteint depuis une huitaine de jours. Dès son entrée, le malade a présenté du délire. — La température d’abord à 3006 s’est abaissée régulièrement. — Le malade ne peut uriner sans sondage. — L’urine est chargée d'albumine.
Le 8, la rétent'on est remplacée par de l’incontinence; le malade fait sous lui; raideur de la colonne vertébrale, maloré que la nuque soit souple, — réflexes exagérés — hyperesthésie, membres contracturés. — Pas d'inégalité pupillaire.
Le 9, la respiration déjà un peu anhélante devient plus fréquente — 30 inspirations. — (Edème des jambes.
Le 11,le ventre se ballonne; les anses intestinales se dessinent sous la peau. — L'œdème s’accentue. — L'albumine a augmenté notablement — Escares au sacrum. — La température continue à baisser, 37°4. Pouls plus rapide, 104 pulsations — 38 inspirations — gros ràles humides en arrière, des deux côtés, avec quelques petits râles plus fins Taux: déux témps.
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Le 13, les battements du cœur deviennent tumultueux, pouls 116 — 38 inspirations — Température 37° 4. L’œdème augmente.
Le 14, à 7 heures du matin, la malade meurt; — température 36°8.
À l'autopsie, on ne trouve rien du côté du système nerveux.
Adhérences pleurales, surtout à droite avec le diaphragme. — Congestion bilatérale intense. — (ŒEdème.
Rien au cœur. — Foie d'apparence muscade.
Rate congestionnée — mais les reins sont gros, durs et
la substance corticale est complètement dégénérée.
Cette terminaison dans l’érysipèle est assez fréquente, mais on voit presque aussi souvent survenir une néphrite aigüe qui emporte le malade en quelques jours. |
Au cours de l’érysipèle, l’albuminerie passagère est de règle, aussi n’y a-t-il pas lieu de s’en alarmer; mais il est quelquefois plus grave de ‘a voir persister après la disparition des phénomènes locaux et c’est parfois une indication clinique d’une grande valeur.
On voit, en effet, quelquefois chez un malade bien constitué, un érysipèle d'intensité moyenne évoluer normalement, la desquammation arrive, la température tombe et tout semblerait présager un rétablissement complet et rapide s’il ne restait pas un peu d’albumine dans les urines. Malgré ja faim du malade, on se résigne à ne pas lui donner à manger,; cependant, l’albumine persiste et le malade
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accuse un vague malaise qui s’accentue tous les jours. Parfois souvent une légère rechute.
Là n'est pas le danger, mais si l’on examine attentivement le malade, on voit qu'il a la figure bouffe, les paupières gonflées. Bientôt les malléoles s'empâtent; alors il est à peu près perdu. En quelques jours les symptômes se précipitent, l’albuminerie augmente dans des proportions considérables. La dyspnée devient intense et les malades sont emportés au milieu d'accidents si violents et sisoudains qu'on pourrait presque dire qu'ils meurent d’éclampsie.
A J’autopsie, on trouve des lésions de néphrite aigüe qui s'est probablement greffée sur une lésion antérieure dont rien ne pouvait faire soupçonner l'existence.
Nous donnons ici deux observations qui ont paru très démonstratives.
Observation I. — Ch..., 54 ans, ciseleur, était en traitement pour une affection cardiaque (souffle du premier temps à la pointe). Il est pris d'érysipèle de la face à la suite d’un refroidissement et entre à l'hôpital le 8 janvier.
Le 9 janvier, température 38. Pouls 74. Albumine 7 grammes par litre. Respiration pénible.
Le 11, hoquet, délire, le malade gémit continuellement et ne peut plus boire. Rétention d'urine. Toujours à peu près autant d’'albumine, Température 37,4. Pouls 74. Râles humides surtout au niveau de la fosse sous-épineuse droite.
Dans la nuit du 12, anurie complète. Le malade se
cyanose. Saignée, sinapismes, inhalations d'origine. La respiration s'améliore et le malade se remonte un peu. La température qui était tombée à 36°,2, se relève à 38°
À 9 heures, le malade a quelques secousses de hoquet; il devient anxieux, se cyanose rapidement, tombe en syncope et meurt malgré toutes les tentatives faites pour le ranimer.
Autopsie. — Congestion pulmonaire.
Cœur, 750 grammes, contracté en systole. Valvule mitrale scléreuse, blanchâtre; atrésie de l’orifice.
Foie congestionné ainsi que Îa rate.
Les reins sont augmentés de volume, ils se laissent facilement décortiquer. La substance corticale pâle, à certains endroits, est très anémiée. Dans l'ensemble, la coupe a une teinte rosée légèrement congestive.
On dirait de gros reins blancs sur lesquels s'est greffée. une néphrite aiguë.
Un peu de liquide dans les méninges. Rien au cerveau ni à la moëlle.
Les ensemencements faits avec la pulpe des organes et le rein en particulier, ont donné des cultures pures de streptocoque.
Observation 11. — À. Q .…., 52 ans, homme de peine, pas d’antécédents pathologiques, entre à l'hopital le 24 décembre pour un érysipèle de la face. Bon état général, érysipèle d'apparences bénignes. Température 390,6. Léger nuage d'albumine. En 6 jours, la fièvre tombe complètement et arrive à 360,8. La desquammation commence. L'albumine persiste encore.
Dans la soirée du 31 janvier, la température remonte à 37°7, cependant le malade se trouve bien. 11 demande à se lever.
Jusqu'au 4 janvier, la température oscille autour de 3703
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et retombe au-dessous de 37. L'état général est bon et malgré qu'il reste encore de l'albumine on permet au malade de se lever dans la chambre.
Le 6, le malade a un léger malaise. Température 3708, toujours un peu d’albumine.
Le 11, Q..., qui depuis quelques jours se sentait moins bien, est pris d’un petit frisson; la température remonte à
Le 12, elle continue à monter et atteint 3926. Il y a une légère poussée d'érysipèle. L'examen des urines montre que l’albumine a beaucoup augmenté.
En deux jours la fièvre tombe à nouveau, les symptômes locaux s'amendeut. Cependant le malade change. Il devient triste. L'albumine persiste en quantité notable.
Jusqu'à la fin de janvier, il n'ya pas grands changements dans l’état du mlade; cependant, il s'affaiblit un peu, les paupières gonflent, il se plaint de douleurs de reins, l'analyse de ses urines montre qu'elles contiennent environ 3 grammes d’'albumine par litre.
À partir du 1° février, l’albumine augmente; le malade ne peut plus quitter le lit. Il a de temps en temps de petites poussées de fièvre qui durent un ou deux jours, mais sans atteindre 38°. Il tousse un peu et se plaint d’essoufflements sans causes.
Le 12, on trouve 5 grammes d’albumine dans Îles urines, le malade à de l'æœdème des jambes, sa face est bouffie, il respire mal, a des moments d'absence et des hallucinations. La dyspnée s’accentue.
Le 13, même état, plutôt un peu plus grave, râles humides à grosses et à petites bulles en arrière dans toute l'étendue du thorax.
Le 15, il ya 7 grammes d'albumine par litre. Le malade
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se cyanose, le pouls devient dur, dichrote et un peu irrégulier. L'état général a baissé sensiblement. Le malade ne sait plus ce qu'il dit. L'œdème se généralise. Diarrhée.
Les jours suivants, la quantité d’albumine augmente au point qu'on est obligé de faire réagir le liquide d'Esbach sur l'urine coupée d'un égal volume d'eau.
On trouve une quantité d’albumine dépassant 10 grammes. Le malade est tombé dans le coma, la saignée, les injections de serum, rien n’y fait plus et le malade meurt le 21, après une agonie de deux jours.
Autopsie, œdème considérable, poumons œdematiés, congestionnés. Un peu de liquide dans les reins. Adhérences péricardiques, péricarde épaissi, exsudat fibrineux, cœur jaune.
Foie muscade très friable, rate congestionnée, molle.
Reins absolument décolorés, mous ; sur la coupe on ne peut presque plus distinguer les deux substances, qui, en certains endroits, sont totalement confondues.
Rien au cerveau ni à la moëlle.
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Sur ces feuilles nous n'avons pas reproduit les températures suivant pe initiale d'érysipèle.
À côté de cette fausse éclampsie, nous voulons encore signaler de fausses méningites qui quelquefois surviennent au cours de l'érysipèleet le rendent rapidement mortel. |
Tel malade, par exemple, a fait la première poussée de température qui accompagne le début de la lésion locale; en quelques jours les symptômes locaux s'amendent, mais la température se maintient. Alors éclatent des phénomènes nerveux quine laissent aucun doute sur l'issue fatale. La nuque se raidit, le malade ne peut plus avaler, il pousse des cris inconscients, sa respiration prend le type de Cheyne-Stokes ; le pouls est petit mais encore assez rapide.
Au premier abord, tous les Symptômes feraient croire à une lésion des méninges.
Cependant il n’en est rien, à côté des lésions banales des autres organes, on trouve les méninges absolument saines, à peine y à-til une dilatation plus ou moins marquée des vaisseaux, mais il y a une quantité de liquide céphalo-rachidien parfois très abondante ; nous avons pu en recueillir jusqu'à 70 et 80 grammes. Ce liquide distend les ventricules cérébraux, cependant la substance nerveuse paraît intacte.
Le canal médullaire est lui aussi distendu par le liquide, et des ponctions faites après la mort et même une fois durant la vie, nous ont permis d'ex-
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traire une dixaine de centimètres cubes de liquide.
Il est à remarquer que ce liquide est le plus souvent absolument limpide, à peine quelquefois présente-t-1l un léger trouble, on n’y trouve d’ailleurs pas de cellules; mais en revanche, il contient du streptocoque pur qui s’est cultivé là comme dans du bouillon.
Observation. — T...,54 ans, cocher de fiacre, entré le 27 janvier pour un érysipèle de la jambe droite. Température 3922. Etat général assez bon, le malade semble seulement un peu agité.
Le lendemain, la température monte à 3908. Le malade est devenu méchant, il se plaint tout le temps et récrimine continuellement contre tout le monde; il finit par délirer complètement. Bientôt il est pris d'une dyspnée assez intense ; un peu d’albumine dans les urines.
Le 30, la température baisse et atteint 380, mais le malade est pris d'accidents nerveux. Mystagmus. La dyspnée augmente, le pouls reste bon.
Le 31, la température est à 3609 — le malade a de la raideur de la nuque, ilest pris de contractions spasmodiques dans tous les m2mbres, mais elles sont surtout accusées du côté gauche et dans les membres inférieurs. Les accidents nerveux dominent la scène et le malade meurt le rer février. La température qui était de 3606 au moment de la mort s'élève à 39° r après le déces.
Autopsie. — Rien dans l'abdomen.
Le rein gauche est kystique.
Poumon emphysémateux. — Cœur normal.
Méninges : Les veines sont sensiblement dilatées,
l'arachnoïde est distendue par du liquide en quantité consi-
dérable et qui refoule par endroits les circonvolutions cérébrales. Du côté droit, à l'extrémité supérieure de la zone motrice, au niveau du sillon prépariétal, le liquide s’est collecté en assez grande quantité et a formé une cavité où l'on peut introduire les phalangettes des deux pouces. Il n'y a pas de pertes de substances. La matière cérébrale est simplement enfoncée. Les méninges ont par endroits un aspect un peu opalescent. Ventricules dilatés.
Les ensemencements faits avec le liquide donnent du sheptocoque pur.
Observation. — La veuve N..., âgée de 50 ans, aurait été prise le 15 mars d'un érysipèle qui atteignit d'abord la face, puis se serait étendu à la poitrine. Au cours de cet érysipèle elle fit une complication pulmonaire dont on ne put exactement déterminer la nature. Tous ces renseignements sont très vagues et on ne peut Se faire une idée exacte du début de la maladie.
Elle entre dans le service le 20 avril 1806. Elle présente ‘un érysipèle en désquammation, occupant la face et la poitrine ; le sein droit est douloureux. Température 30, pouls 128. Albumine dans les urines, état général plutôt assez mauvais. Râles sous-crépitants dans toute la poitrine en arrière. Au sommet gauche râles ronflants et sibilants. Crachats visqueux mais non rouillés.
Le 22 avril. — Pouls 100. Température 39°. Moins d'albumine. La dyspnée est plus vive. Crachats sanguinolents.
Le 24 avril. — Température 38° 3. Pouls r08. D yspnée moins forte. L'érysipèle désquamme.
Le 25 avril. — Nouvelle poussée d'érysipèle-à la face. Température 3806. Pouls 120. La dyspnée augmente, délire, puis résolution complète. Pas d'albumine.
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Le 26 avril. — Pouls 116. Température 380 8. 48 inspirations à la minute. Toute la face est maintenant envahie par un gonflement considérable.
Le 27 avril. — La malade reprend un peu de lucidité. Hyperésthésie cutanée. Pouls 128. Température 388. 48 inspirations. L’érysipèle commence à desquammer à la figure ; les signes stetoscopiques sont moins accusés.
Le 29 avril. — Menaces de syncopes. Dyspnée extrême. 64 inspirations. Température 38° 8. La malade meurt dans la matinée.
Autopsie. — La ponction préalable de la mœlle à la région lombaire a donné quelques gouttes de liquide cephalo-rachidien.
A l'ouverture du crâne on en recueille environ 80 grammes. Les ventricules sont très dilatés.
Méninges congestionnées. — Matière cérébrale intacte.
Poumons congestionnés..— Le lobe inférieur du poumon droit présente de l'hépatisation rouge très nette. Le poumon gauche est un peu congestionné.
Rien au cœur, au foie, à la rate.
Reins congestionnés. — Substance corticale anémiée, capsule fibreuse adhérente.
Nous ne pouvons donner le résultat des ensemencements comme très exacts ; on a trouvé cependant du streptocoque et du pneumocoque, mais l'observation ne spécifie pas davantage.
Observution. — B..., journalier, âgé de 49 ans, a déjà eu deux érysipèles il y a longtemps. Avant-hier il a été pris de frissons et hier s'est déclaré un érysipèle de la face. Il entre à l'hôpital le 4 novembre. Température 390.
Pouls 88. Un peu d'albumine. Vomissements bilieux. Délire intermittent.
Le 13,1le délire s'accentue, on est obligé d’attacher le malade. Température 39° 5. Pouls 112. :
Le 14, l'agitation du malade devient excessive. La température qui, à 9 heures du matin était à 38°, se met à monter depuis ce moment et atteint 42° 2. À 6 heures le malade est mis dans un bain froid qui abaisse la température à 40° 4. Au sortir du bain le malade est pris de soubresauts convulsifs quiagitent tout son corps. Bientôt ilse tétanise en quelque sorte et après s'être entièrement raidi en orthotonos meurt à 8 heures du soir. Après le décès la température monte à 42° 5. |
Autopsie. — Quelques adhérences pleurales. Un peu de liquide dans les plèvres. Poumons très congestionnés. Quelques tubercules entassés au sommet.
Un peu de liquide dans le péricarde.
Cœur chargé de graisse; mou et flasque, ventricule droit très afffaibli. Rien aux valvules. Aorte athéromateuse.
Reïins peu altérés, un peu scléreux. Le rein droit présente des petits kystes.
Les méninges sont congestionnées. Réseau veineux dilaté. Arachnoïde opalescente. )
Liquide cephalo-rachidien abondant.
La coupe du cerveau présente un petit piqueté rouge dans les noyaux gris centraux,
Les méninges rachidiennes présententle même aspect ; un peu de liquide.
Les ensemencements ont donné du streptocoque et quelques impuretés.
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Il est à noter que ces malades ont présenté une température assez élevée. Dans le dernier cas, lhyperthermie a même été considérable. Comme nous le faisions remarquer à propos de l'hyperthermie chez les alcooliques, il est très vraisemblable que cette élévation de température est due à une action directe des toxines sur les centres thermiques ; jamais, en effet, nous n'avons pu trouver de lésions capables d'expliquer le fait d'une façon différente. Mais, dans le premier cas, l’affaiblissement des cellules nerveuses augmentait l'influence des toxines, tandis que dans le second, les cellules nerveuses peuvent au contraire avoir conservé leur intégrité ; mais la puissance du poison élaboré par le microbe est telle que les centres nerveux sont quand même atteints. |
C’est qu'en effet, le streptocoque, dans des cas d'érysipèle assez rares, il est vrai, peut avoir une virulence excessive; les malades sont alors emportés par une véritable septicemie. C’est le cas pour l’érysipèle g'angréneux et phleomoneux.
Cette complication était très fréquente à la suite d'interventions chirurgicales à l’époque ou l’antisepsie n’était pas encore rigoureusement pratiquée.
Les malades suppuraient et les instruments ou les mains des chirurgiens inoculaient d'un malade à l'autre un streptocoque que chaque passage rendait plus virulent. Aussi, voyait-on souvent des épidémies terribles d'érysipèle ravager des salles et des hôpitaux entiers. |
Aujourd’hui, la microbiologie nous a montré comment peut s’exalter la virulence d’un microbe ; l'expérimentation nous permet même d'y arriver assez facilement.
On peut par exemple prendre un streptocoque de la bouche, tombé à l'état de saprophyte, et relever sa virulence par des passages chez les animaux au point de rendre son inoculation infailliblement mortélé:
Ce fait, d’ailleurs assez rare, nous explique la gravité de certaines épidémies analogues à celle que M. le professeur Chantemesse a observé avec M. Widal.
Nous n'avons pas d'observations semblables.