‹ De La Mort Dans L'ÉrysipèleChapitre 6 sur 18 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'obscurité de la pathogénie de l’érysipèle, la facilité de son observation, sa fréquence ont contribué à faire de cette maladie une des mieux connues de notre époque.

Décrite déjà au temps d'Hippocrate, cette affection a servi tour à tour de champ d'études à la pathologie et à la clinique; mais ce sont seulement les théories microbiennes qui ont pu élucider sa pathogénie, et c’est Felkeisen en 1882, qui, le premier, demontra la spécificité du streptocoque dans ce processus morbide.

Dès lors Koch, Cornil et Babès, Widal, Denucé, Metchnikoff ont achevé par leurs recherches d'éclaircir un à un les différents points de son étude clinique et microscopique, si bien que l’érysipèle est aujour d’hui : « Une des maladies les mieux connues et dont l'étude peut être la plus fructueuse pour la compréhension des maladies infectieuses. » (Achalme).

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Cependant les auteurs classiques, anciens et modernes, probablement pour simplifier leurs descriptions cliniques, semblent avoir voulu ramener à un type à peu près uniforme les symptômes accompagnant la mort qui peut survenir au cours de cette affection.

P. Rayer, en 1831, écrivait dans le traité de médecine et de chirurgie pratiques : « Le plus souvent les malades succombent à la résorption du pus, à des affections graves de l'estomac, de l'intestin, du cerveau, annoncées par les symptômes suivants : langue couverte d'un enduit jaune verdâtre, brunâtre ou même noir, d'abord humide, puis sèche et aride; état fuligineux des gencives et des dents, haleine fétide, vomissements de matières bilieuses, diarrhées, déjections involontaires, noires et fétides; pouls dur et fréquent, réponses lentes et tardives, vertiges, rêvasseries, délire taciturne, soubresauts des tendons, mort. »

Plus tard, on trouve dans l'encyclopédie de Dechambre : « L'état typhoïde...… amène souvent la mort pendant la deuxième période de l'érysipèle. Lorsque cette complication va survenir on voit l’état général du malade s’affaiblir, la température s'élève à 40 et 48°, le pouls s'accélère, bat 100, 120 et plus; ces symptômes primordiaux n’ont guère de rémission et se maintiennent dans une proportion exagérée. Les troubles gastriques, avec les nausées, la

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