‹ De la mort rapide par le traumatisme chez les sujets atteints de néoplasmes profondsChapitre 1 sur 9 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans un mémoire, lu au Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences, tenu à Paris en 1878, notre maître, M. le professeur Verneuil, réunissant dix faits de sa seule pratique, émit une idée jusqu’alors passée sous silence, au sujet de la mort des cancéreux opérés.

Dans les dix faits qu’il rapportait, il s’agissait d’opérations pratiquées pour l’ablation de tumeurs néoplasiques ; les dix sujets étaient morts rapidement avec des accidents spéciaux, et l’on avait trouvé à l’autopsie des néoplasmes Profonds préexistant évidemment à l’opération.

Dans cette note, dont nous ne trouvons qu’une analyse très succincte dans les bulletins du Congrès, M. Verneuil abordait donc un point touchant à ses travaux favoris sur

l'influence du traumatisme dans les états constitutionnels; et il mettait en relief l’extrême gravité de ces cas, ainsi que la marche particulière des accidents.

Quelque temps après , M. Yerneuil inspirait une thèse (1), où plusieurs faits remarquables de blessures accidentelles chez les mêmes sujets étaient cités, et qui se rattachaient merveilleusement aux faits de son mémoire.

Cependant, si le sujet n’avait pas été étudié, ce n’était pas que les faits fussent rares ; des recherches bibliographiques ont rassemblé, dans la littérature française et: étrangère, un grand nombre de faits analogues, maisqui ont, pour la plupart, un grand défaut; publiées presque toutes avec des idées fort différentes, ou à un tout autre point de vue, elles ne mentionnent souvent : pas des détails qui seraient essentiels, tels que l’examen plus ou moins précis du malade, et la manière exacte dont la mort est survenue. D’autres fois, ce sont même des statistiques sans autre détail.

Mais les faits bien observés jettent un grand jour sur ceux qui sont incomplets, et leur réunion fera voir qu’ils méritent vraiment une description d’ensemble. J’essaierai de montrer, par leur comparaison, quel est leur lien, leur cause commune, et ensuite combien ils intéressent la pratique chirurgicale.

Depuis les deux travaux que nous avons mentionnés, M. Yerneuil a eu lui même connaissance directe ou indirecte de quatre nouveaux exemples de même nature. L’un d’entre eux s’est montré cette année même dans son service, lorsque nous avions l’honneur d’être son interne : la

(1) Bourras. Du pronostic des fractures chez les cancéreux. Th. B®ris, 1879.

soudaineté et la rapidité foudroyante des accidents étaient de nature à faire une impression profonde sur l’esprit de tous ceux qui en ont été témoins; il nous a fait entreprendre l’étude plus directe de tous les faits épars dans la science.

Il est possible que nous en ayons omis un certain nombre , que nous n’ayons point trouvé quelques travaux émettant une appréciation conforme à nos conclusions; si nous n’eussions été pressé par le temps, nous aurions certainement fourni un plus grand nombre de documents; cependant, on verra que nos indications bibliographiques sont nombreuses. Soit que nous les citions seulement, soit que nous en fassions une courte analyse, leur exactitude peut être certifiée.

Nous donnerons les dix observations apportées par M, Yerneuil dans son mémoire, et dont la plupart d’ailleurs ont déjà été publiées, dans d’autres travaux et à un autre point de vue.

Parmi les autres, se trouve, en première ligne, celle que nous avons vue nous-même, puis deux faits cités par M. Marchand dans un tout récent mémoire à la Société de chirurgie.

La dédicace de ce travail à M. le professeur Verneuil, ne sera qu’un faible témoignage de notre reconnaissance pour ses savantes leçons, et les nombreuses marques de son amicale bienveillance.

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