OPÉRATIONS PRATIQUÉES POUR L’ABLATION D’UN NÉOPLASME EXTERNE
Mort sans complications.
Opérations de gravité minime ou médiocre.
Cancer du sein. Ablation. Mort le troisième jour. Noyaux secondaires dans le foie, les ovaires et les corps vertébraux. (Marchand. Soc. chirurgie, juillet 1881 .) Le 20 janvier 1880, entrait à l’hôpital
Tenon, salle Richard Wallace n° 6, une femme de 36 ans, M... Françoise, née à Ferrare. Le début de son affection remontait à 13 mois. Elle avait eu 3 enfants qu’elle avait tous allaités. C’est trois mois après son dernier accouchement qu’elle s’aperçut de l’existence au sein gauche d'une tumeur qui grossit rapidement, et devint vite douloureuse. Dans les derniers mois de la maladie, les douleurs étaient devenues trèsvives, s’accompagnant d’irradiations dans diverses directions.
Nous constatons une tumeur siégeant à la partie supérieure et externe de la mamelle, du volume d’une petite orange ; elle est dure, irrégulière, mobile sur les parties profondes ; on la déplace sans difficulté pendant la contraction du grand pectoral. La peau légèrement vascularisée adhère àla tumeur dans un petit espace répondant au point le plus saillant. La peau de la demi-circonférence inférieure, dans une étendue de 4 à 5 centimètres, a l’aspect œdémateux particulier connu sous le nom de peau d'orange. Sur les limites de cetle altération de la peau existent quatre à cinq petites granulations du volume d’une lentille à un grain de millet, enchâssées dans l’épaisseur du derme et confondues manifestement avec lui; elles n’ont aucune relation anatomique avec la tumeur.
Dans l’aisselle existe une tumeur ganglionnaire, mobile profondément, qui certes, dans l’état actuel de la pratique, ne pouvait suffire pour constituer une contre-indication formelle à l’opération.
L’état général de la malade semble assez satisfaisant ; l’embonpoint est suffisamment conservé ; le teint est coloré ; il n’y a aucune apparence de cachexie même commençante.
Ma-gré cet aspect satisfaisant, la malade se plaint de douleurs siégeant dans des points mal définis, sur les parties latérales du thorax, vers l’épigastre, mais ne présentant point la régularité de la névralgie intercostale.
L’appétit est sensiblement diminué, sans que la malade accuse de phénomènes dyspeptiques bien précis. Les caractères objectifs de la tumeur, l’état général un peu indécis me font examiner avec grand soin son état organique. Les organes thoraciques, les organes abdominaux soigneusement explorés, ainsi que l’appareil génital, ne présentent rien d’anormal. Aussi, cédant aux instances delà malade,
je me décide, un peu à contre-cœur, je dois l’avouer, à intervenir.
7 février. Après anesthésie au chloroforme, la tumeur du sein est très largement enlevée, et les téguments suspects sacrifiés dans une grande étendue. La tumeur axillaire est disséquée, etson ablation totalement accomplie, sans qu’aucun accident opératoire, digne d’être signalé, soit survenu, sans qu’aucun vaisseau de quelque importance ait été ouvert. L’hémorrhagie n’est ni plus ni moins considérable que celle avec laquelle on doit avoir à compter lorsque l’on pratique une pareille opération, en s’entourant de tous les soins qui facilitent l’hémostase primitive.
Dans l’après-midi, la malade a quelques vomissements, mais se relève parfaitement de l’opération. Le soir, elle a dans l’aisselle saine 37° 8.
Le 8. Le lendemain matin, la malade se plaint de souffrances assez vives ; nous examinons le pansement (pansement de Lister), et le trouvons en bon état; aucune trace d’hémorrhagie. La température axillaire est de 37° 4.
Dans l’après-midi du même jour, après avoir présenté quelques signes dyspnéiques, la malade succombe brusquement sans que rien puisse en apparence expliquer cette terminaison si rapidement funeste.
A l’autopsie, l’examen des organes thoraciques ne présente rien de remarquable ; les poumons sont sains et ne contiennent aucun noyau de généralisation ; le cœur est un peu flasque, de volume moyen, les cavités sont vides de sang; quelques caillots seulement dans le ventricule et l’oreillette du côté droit. Le myocarde a une épaisseur et une coloration normales.
Le foie a conservé son volume habituel , il ne dépasse pas le rebord des fausses côtes, mais un tiers est parsemé de noyaux cancéreux de dimension variable, en nombre considérable.
En arrière de l’œsophage, dans sa partie abdominale, ontrouve un certain nombre de ganglions dégénérés et volumineux. Dans l’ovaire droit, on constate l’existence d’une masse blanchâtre, molle, bien circonscrite, ayant l’aspect du carcinome mou.
Les corps vertébraux lombaires sont sciés dans diverses directions. On trouve leur tissu farci de nodules blanchâtres extrême-
ment nombreux constitués par un tissu identique à celui qui formait les noyaux hépatiques.
La plaie ne présentait aucune complication, la tumeur axillaire avait été enlevée en totalité ; les gros vaisseaux de l’aisselle, les veines en particulier, étaient absolument sains, ne conteqant à l’intérieur aucun caillot, no présentant aucune altération des parois.
XI. — Cancer du sein extirpé il y a trois jours, moit. Cancer du foie (Ripault, Bulletin de la Société anatomique, 1833, p. 221).
XII. — Tumeur delà clavicule datant de six mois chez un entant de 11 ans, non adhérente à la peau; pas d’autre phénomène morbide. Extirpation, suites d’abord favorables; puis, le sixième jour, coma et mort. A l’autopsie, tumeur de la surface externe de la dure-mère. (Busch, Arch. fur Klin, chirur. XIII. 1871, p. 44)
XIII (Tr . résuméj Jeune homme de 22 ans entré dans le service de M. Ricord pour tumeur du testicule datant de onze mois ; petite taille, et assez maigre. Tumeur étendue dansl’hypochondre gauche. Ponctions. Diagnostic de kystes, disparition brusque de la tumeur abdominale.
On pratique la castration le 25 mars 1833. Trois jours se passent bien, puis la plaie devient blafarde, quelques accès de fièvre surviennent et, le 30, le malade s'éteint doucement.
La tumeur testiculaire était composée de kystes multiples et de tissu encéphaloïde. La tumeur abdominale ouverte dans l’intestin était formée de mailles assez larges, dont quelques-unes contenaient des hydatides dégénérées. (Marolles, Bullet. Soc. anat. 1833, p. 168.)
C’est cette observation que je regarde d’après la description comme étant probablement le fait de kystes alvéolaires hydatiques dans deux organes. Il est facile de voir que ce n’est pas la rupture de la tumeur abdominale qui a causé des complications.
XIY. — Tumeur du testicule chez un jeune homme de 18 ans. Etat général assez bon ; appétit. Teinte jaunâtre qui serait fort an- j cienne. Tumeur de la rate, diagnostiquée kyste séreux ou hydatique. Castration, augmentation immédiate de la tumeur abdominale. Au bout de 19 jours, frisson et mort subite. A l’autopsie, tumeurs en- ' céphaloïdes de la rate, du foie, et d’une chaîne ganglionnaire trèsétendue. (Le Dentu, Bull. Soc. anat., t. XXXVIII, p. 251, 1863.) !'a
XV. — Cancer du testicule chez un homme de 38 ans. Castration, t
Mort 15 jours après. Tumeur dans les ganglions lombaires. (Paget. . c Tumours. p. 208.) E
XV bis. — Cancer épithélial du testicule, Castration. Mort levingt-unième jour. Généralisation méconnue. (Th. Talavera. Tumeurs du testicule, p. 20, 1879.)
XVI. — Cancer du testicule chez un homme de 50 ans. Mort prompte. Tumeur ganglionnaire rétropéritonéale. (Moutard-Martin. Soc. anatom. 1845, t. XX p. 41.)
XVII . (Résumée). — Tumeur de l’omoplate chez un homme de 34 ans, d’une durée de 4 ans. Aggravation par une ponction, d’ailleurs sans résultat. Bon état général, pas de symptômes de tumeurs dans les viscères. Maigreur qui est habituelle. Ablation. A partir du sixième jour, nausées, frissons, auscultation négative, rien du côté de la plaie. Expectoration et toux. Jusqu’au dernier jour, auscultation négative, mort le quatorzième jour.
La tumeur était un enchondrome. A l’autopsie, une trentaine de tumeurs semblables de grosseurs très diverses dans les deux poumons. (Richet, Bull. Soc. chirurgie, première série, t. XI, p. S4. 1855.)
XVIII. — Sarcome des gaines tendineuses du poignet, amputation de l’avant-bras. Mort prompte, sarcome du péritoine. (Communiquée par mon excellent ami Charles Labbé.)
Un jeune homme de 17 ans entre au mois d’octobre 18-9 à Lariboisière, salle Saint-Louis, dans le service du M. Léon Labbé, pour des fongosités du poignet droit, semblant occuper les gaines
des extenseurs. Les mouvements de l’articulation sont normaux et non douloureux.
Pendant une quinzaine de jours, on lui fait une série d’iujections interstitielles avec la teinture d’iode. Sous l’influence de ce traitement, la tumeur semble s’affaisser; mais bientôt des phénomènes inflammatoires très-intenses se déclarent, et l’amputation de l’avant-bras est jugée nécessaire.
Le malade supporte bien l’opération et les premiers jours tout marche régulièrement, lorsqu’il est pris subitement de phénomènes très graves (douleurs abdominales, faciès typhique, et surtout gêne considérable de la respiration.)
Il succombe au bout d’une semaine, et, à l’autopsie, on ne trouve absolument rien dans les poumons, malgré la dyspnée intense qu’avaitprésentéele malade. Mais en revanche, la cavité abdominale est littéralement farcie de petits noyaux sarcomateux, dont les plus gros ne dépassent pas le volume d’une noisette, et qui sont disséminés sur le péritoine pariétal, le grand épiploon et tous les intestins.
Malgré l’absence d’examen microscopique, il y a tout lieu de croire que les fongosités synoviales étaient tout simplement du sarcome.
XIX. — Tumeur fibro-plastique du mollet. Amputation de. la jambe. Mort dix-sept jours après. Tumeurs secondaires nombreuses à la cuisse, dans les ganglions iliaques, et les deux poumons. (Chuquet. Bull. Soc. Anat., 1877, p. 105.) Observ. VIII du mém. de M. Verneuil. — Rose G. . ., 66 ans, belle constitution, entre à la Pitié, le 16 novembre 1876, pour une tumeur flbro-plastique volumineuse de la jambe droite apparue au mois de mars étayant pris, depuis quelques semaines, un accroissement considérable.
La malade semble jouir d’une excellente santé, sauf quelques indices d’une affection rhumatismale ancienne, entre autres une légère insuffisance mitrale. L’examen le plus attentif ne révèle aucune contre-indication.
On pratique, le 28 novembre, l’amputation de la jambe au quart supérieur. Pansement ouaté.
Le 29. Inappétence, douleurs dans le membre amputé, urinesrares, rosacées ; point île fièvre.
Le 30. Anorexie, soif, douleurs moins vives; urines toujoursrares
lor décembre. On enlève le bandage ouaté, qui est pénétré de j^' sang; on attribue ce phénomène à l’affection cardiaque. Aucun vaisseau n’exige de ligature. La petite hémorrhagie, provenant: : d’un tronçon de muscle, s’arrête d’elle-même.
Pansement phéniqué ordinaire. Les douleurs ont diminué. L’anorexie, la soif, l’oligurie persistent.
Le 2. Même état ; la plaie n’a pas mauvais aspect.
Le 4. Douleurs violentes dans les reins et l’échancrure sciatique du côté opposé.
Le 6. La fièvre s’allume pour la première fois.
La température monte à 39,2, sans frisson, sans rougeur, sans : trace d’inflammation du moignon. Pression très douloureuse le long du nerf sciatique et dans le bas de la fosse iliaque ; on pense à une généralisation du néoplasme.
Les phénomènes d’adynamie se prononcent de plus en plus ; langue sèche, ventre ballonné, respiration fréquente, forte fièvre. Deux jours avant la mort, douleur vive, avec tuméfaction du pied gauche. La plaie d’amputation n’est le siège d’aucune douleur; elle est seulement pâle et couverte d’un enduit grisâtre.
Mort le 15 décembre, dix-sept jours après l’opération.
Autopsie. — Tumeur enflammée et ramollie à la cuisse, le long du nerf sciatique. Deux ganglions iliaques inférieurs également infiltrés de tissu fibro-plastique et enflammés.
Dans les deux poumons, une multitude de petites tumeurs secondaires, variant du volume d’un pois à celui d’une noisette.
Foie petit, ratatiné ; oblitération du canal cystique. Dilatation des conduits biliaires.
Reins séniles ; quelques rugosités sur la valvule mitrale ; du pus dans l’articulation tibio-tarsienne.
Ni infarctus, ni abcès métastatiques dans les viscères.
Opérations graves.
Lymphosarcome du cou. Cautérisation interstitielle. Destruction incomplète. Amélioration. Récidive locale prompte. Tentative d’extirpation. Accidents généraux graves. Mort rapide. Tumeur volumineuse du foie (1). (Obs. III du mémoire de M. Verneuil). — C.'.., 20 ans, petit, faible, pâle, anémique; tumeur du côté gauche du cou, datant de huit années et ayant résisté à toutes sortes de traitement. M. Yerneuil diagnostique une adénopathie strumeuse et se décide à l’opérer par la cautérisation interstitielle. En conséquence, en octobre 1869, on incise les trois glandes les plus volumineuses, on en extrait par la pression une pulpe rougeâtre, et on cautérise énergiquement la cavité avec le fer rouge. Pansement alcoolisé, inflammation locale assez vive, pas de réaction générale ; amélioration prompte et très notable ; guérison presque complète.
Mais bientôt on constata une repullulation du mal. De nouvelles glandes, ou celles qu’avait épargnées la cautérisation s’hypertrophiant, on voulut tenter une opération plus radicale, c’est-à-dire l'extirpation des tumeurs; et M. Verneuily procéda le 5 décembre, sept semaines environ après la première tentative. On put énucléer deux ganglions enkystés, mais partout ailleurs l’extirpation complète fut impossible. On dut enlever des fragments de la masse morbide et cautériser avec le fer rouge. Pansement phéniqué et alcoolisé. Les trois premiers jours se passent bien, mais le 8, des phénomènes graves éclatent du côté de l’abdomen. Vomissements, constipation ; ballonnement et sensibilité très vive du ventre ; fièvre intense, soif vive, langue sèche, teinte ictérique, subdelirium continu. La suppuration du cou se tarit, le gonflement des bords de la plaie s’affaisse, une hémorrhagie se déclare, heureusement facile à arrêter. Purgatifs, sulfate de quinine.
Le 9. Le ballonnement du ventre ayant diminué, on constate une énorme tuméfaction du foie, lequel soulève les dernières côtes, remonte dans la poitrine au-dessus du mamelon et, en bas, atteint
(1) Bergeron. Thèse d’agrégat, en chir. Paris, 1872, p. 101.
l’ombilic; du reste, il est ferme au toucher, à surface lisse et indolente. Aucun symptôme du côté des autres viscères.
La mort survint dans la nuit suivante, un peu moins de cinq jours après la dernière opération. L’autopsie ne fut pas permise.
Entre l’opération et le début des accidents, M. Verneuil avait eu connaissance de la nature delà tumeur du cou ; l’examen microscopique y avait montré la structure du lymphosarcome.
Le gonflement du foie était certainement de date récente. Sans doute cet organe, avant la seconde opération, recelait un dépôt secondaire du tissu morbide, mais celui-ci s’est rapidement accru, car, auparavant, aucun symptôme n’avait paru de ce côté. L’appétit était conservé et les digestions bonnes. Pendant le cours de l’opération, et pour surveiller la chloroformisation, l’épigastre et les hypochondres avaient été largement découverts, de sorte qu’une tuméfaction tant soit peu notable du foie eût été certainement remarquée, le sujet n’ayant qu’un embonpoint fort modéré
XXI. — Lymphosarcome des amygdales et du voile du palais. Résection temporaire de la mâchoire inférieure. Récidive. Nouvelle opération. Mort au septième jour. Généralisation du mal. (H. Braun, in Beitrage zür opérations chirurg. de Czerny, 1878, p. 60.)
XXII. — Femme de 48 ans. Tumeur volumineuse du cou, datant de quinze ans, développée rapidement depuis deux ans. Opération par M. Morgan. Perte de sang minime. Soif très ardente. Vomissements fréquents. La plaie a d’abord bon aspect. Mort au bout de huit jours, après diarrhée qu’on avait attribuée à un écart de régime. La tumeur du cou était kystique. Noyaux blancs dans le poumon droit et sur le péritoine. (Birkett. Guy’s Hosp. Rep., 1869, t. XIV, p. 477.)
XXIII. — Homme de 62 ans. Tumeur datant de quatre semaines dure, mobile, ganglionnaire. Engorgement des ganglions sus-claviculaires; pas de leucémie.
Opération avec résection ostéo-plastiquc de la mâchoire inférieure. Mort au bout de deux jours. Tumeurs ganglionnaires abdominales. (Winiwartor. Arcli. für klin. chir., t. XA III, p. 145, 1875).
XXIV. — Tumeur cancéreuse du cou chez une femme de 68 ans, très affaiblie. Blessure de la veine jugulaire interne, avec bruit semblable à l’entrée de l’air dans les veines. Ligature de la veine et de l’artère carotide. Le soir, excitation, pouls intermittent. Mort le lendemain.
Autopsie. Pas d’air dans les veines, ni dans le cœur. Tumeurs cancéreuses dans le foie, le mésentère, les glandes rétro-péritonéales, les follicules clos de l’intestin et les glandes de Peyer. (Heyfelder, Deutsche Klinike, p. 518, 1853.)
La mort rapportée a l’entrée de l’air dans les veines n’est pas vraisemblable par la marche des symptômes ni par le résultat de l’autopsie.
XXV. — Tumeur de la fesse gauche chez un homme de 25 ans. Etat général excellent. Diagnostic hésitant entre anévrysme et ostéosarcome pulsatile. Trois séances d’électro-puncture inutiles. Extirpation incomplète. Perte de sang abondante. Coma et mort le même jour.
A l 'autopsie. Ostéo-sarcome de l’os iliaque et nombreux noyaux pulmonaires sarcomateux, d’âge très différent. (Jaffé. Arch. fiir Klin, chir., t. XXII, p. 92.)
XXVI. — Sarcome à cellules rondes de la tête et du col du fémur, chez un homme de 36 ans. Résection de la hanche ; malade très affaibli après l’opération. Pendant deux jours, pouls très fréquent, sans fièvre. Mort le quatrième jour avec 39° et 144 pulsations. L’extirpation était incomplète. Noyaux cancéreux dans le foie et le rein. (Bryant. Guy’s Hos. Rep., t. XX, p. 3.64, 1875.)
XXVII. — Cancer de la cuisse. Tempérament un peu détérioré, 60 ans. Amputation. Dépression le deuxième jour, frissons ; mort le cinquième jour. Petites tumeurs à la surface du foie. (Dupuytren. Leçons orales, t. II, p. 294.)
XXVIII. — Tumeur cancéreuse de la cuisse, chez un homme de Cerné.
55 ans, robuste et sain en apparence, les organes internes examinas. Extirpation après ligature de l’artère fémorale.
Le lendemain, température à 40°. Pouls petit. Mort tranquille avec subdelirium au bout de cinquante-cinq heures. Tumeurs nombreuses dans les poumons. (Azzio Caselli. Sull’ allacciatura délia fémorale profonda. Bullct. dclle scienze medicho di Bologna, série 5, vol. XYI, p. 305, 1873.)
XXIX. — Sarcome médullaire volumineux de la partie inférieure de la cuisse. Amputation. Mort au dixième jour. Noyaux secondaires dans les poumons. (Fergusson. Traus. of the path. Society of London, 1854, t. V, p. 321.)
XXX. — Tumeur myéloïde de la tête du péroné. Amputation. Trois petites tumeurs dans le moignon au bout de quatre ans. Santé générale excellente. Ablation. Mort au bout de huit jours. Tumeurs dans les poumons. (Wolhs. Medical Times, 15 janvier 1859, p. 70.)
XXXI. — Carcinome de la cuisse. Homme de 28 ans. Amputation de la cuisse. Récidive au bout d’un an. Désarticulation avec perte de sang minime. Mort en quinze heures. Cancer d'une côte. (Bruch. Der diagnose des Bœsartingcn Genhvülde, 1847, in thèse Luning, Ueber der Bluting bei der Exarticulation der Ubersehenkels. Zurich, 1877, page 73, obs. 109.)
XXXII. — Sarcome de la cuisse chez un homme de 50 ans. Sujet maigre et anémique non cachectique. Désarticulation de la hanche, mort du shock en vingt heures. Noyaux secondaires dans les poumons, (Pcarce Fould, in Trans. of the pathol . Soc. of London, 1877, t. XXVIII, p. 223.)
XXXIII. — Tumeur cartilagineuse de la cuisse, à marche rapide. Etat général mauvais. 1-4 ans. Désarticulation de la hanche. Mort rapide. Nombreux dépôts secondaires dans les poumons. L auscultation avait été négative. (Reclus, Bull. Soc.- aoatom., t. XLA III, p. 108, 1873.)
XXXIV. —Cancer médullaire du corps thyroïde chez une femme de 36 ans. Ponction, puis incision. Tamponnement pour arrêter l’hémorrhagie. Mort le troisième jour ; pas d’autre détail. Cancer du poumon et du médiastin. (Rose, inarch. fürklin. chir., t. XXIII,
XXXV. — Goitre cancéreux. Extirpation très laborieuse. 87 ligatures.Dépression, puis le dernier jour 39°8.Mort au bout de quarante-huit heures. Noyaux cancéreux dans les poumons, en dégérescence graisseuse. (Rose, Arch. fiir klin. chir., t. XXIII, p. 35.)
XXXVI. — Goître cancéreux suffocant. Trachéotomie. Mort huit jours après sans cause apparente. Noyaux secondaires dans les poumons. (Poucet de Lyon, in Boursier, th. agrég. 1880, p. 174. De l’intervention chirurgicale dans les tumeurs du corps thyroïde.)
Mort avec complications.
Pleurésie.
XXXVII. — Tumeur du sein datant de quatorze ans. Progrès rapides depuis quelques mois. Ablation. Mort. Masse cancéreuse considérable dans le poumon correspondant. Pleurésie. (Obs. I du mémoire de M. Verneuil (inédit.) En 1854, M. Verneuil reçut à l'Hôtel-Dieu une femme de 40 et quelques années, qui portait au sein droit une tumeur du volume des deux poings, présentant tous les caractères cliniques de ces grosses tumeurs bénignes composées de kystes multiples et de tissu fibro-plastique. En effet, la peau était distendue plutôt qu’envahie, et la masse glissait très aisément sur le grand pectoral.
Cette tumeur existait depuis quatorze ans, elle était restée fort longtemps stationnaire et indolente, et n’avait pris un accroissement, à la vérité très rapide, que depuis un an environ, au moment où la menstruation présentait quelques irrégularités.
L’état général n’était pas excellent; la malade avait maigri et perdu ses forces, mais M. Verneuil attribua ces symptômes à des douleurs assez vives, à une inquiétude constante et à des priva-
tions continues ; il examina avec soin tous les viscères et en particulier les poumons à cause d’une petite toux sèche que de temps en temps la malade accusait.
Ne découvrant absolument rien de suspect et ne trouvant aucune contre-indication, M. Verneuil opéra.
La malade succomba quelques jours après avec les signes d’une pleurésie.
A l’autopsie, M. Verneuil trouva en effet la plèvre du côté opéré remplie modérément de liquide; mais au centre du poumon correspondant existait une tumeur volumineuse arrivant jusqu’à la surface pulmonaire par une portion très limitée de sa circonférence, laquelle tumeur avait exactement la même structure que certaines portions de la tumeur mammaire, c’est-à-dire, composée comme celle-ci de cancer très manifeste.
XXXVIII. — Squirrhe du sein et de l’aisselle chez une femme de 46 ans. Teint pâle. Examen négatif des organes internes. Opération. Grande faiblesse. Mort au bout de cinq jours. Lymphangite cancéreuse du poumon. Nombreuses petites tumeurs du foie. (Broca, Arch. génér. de médecine, 1850, obs. III.)
XXXIX. Sarcome du talon chez un homme de 44 ans. Amputation de la jambe. Mort de pleurésie au septième jour. Nombreux dépôts secondaires dans les poumons et les plèvres. (Saint- Barthelemew’s Hosp. Rep., 1877, p. 114.)
Fièvre typhoïde (?).
XL. — Cancer du testicule chez un homme de 39 ans. Etat général peu affecté. Castration. Fièvre typhoïde au bout de huit jours et mort en quatre jours. Tissu cancéreux dans le cordon et autour de l’uretère. (Travers, Med. chir. transact., t. X^ II, p. 33o.)
Tétanos (?).
XLI. — Tumeur de l’aisselle gauche chez une femme de 00 ans Extirpation. Tout vabien d’abord. Huit jours après, attaque de te-
tanos, la malade reste dans le coma et tout à fait rigide. Moit le lendemain. Cinq tumeurs dans les hémisphères cérébraux. (Billroth. Clinique, p. 451.)
Septicémie (?).
XLII. — Tumeur dure du sein avec ganglions chez une femme de 65 ans, datant de six mois. Extirpation. Mort dix jours après de septicémie. Beaucoup de petits noyaux cancéreux dans le foie. (Billroth. Clinique., p. 261.)
Accidents de V anesthésie .
XLIII. — Cancer du sein chez une femme de 45 ans. Mort pendant l’éthérisation, presque de suite, avec la face turgide ; arrêt du pouls, pendant que quelques inspirations se produisaient encore.
Autopsie. Cœur couvert de graisse. Noyaux cancéreux dans les deux poumons.
XLIY. — En chondrome de la mâchoire chez une femme de 52 ans. Résection du maxillaire. Syncope subite par le chloroforme. A l’autopsie, noyaux nombreux de généralisation dans les poumons. (G. Marchant, in Duret, Des contre-indications à l’anesthésie chirurgicale. Th agrég., 1880.)
Hémorrhagies secondaires .
XLY, — Lymphadénome inguinal. Extirpation. Hémorrhagies secondaires. Mort le 7e jour. Dépôt secondaires dans le foie et les ganglions iliaques. (Bull, de la Soc. de chir. 14 avrii 1869, p. 164). Mém. de M. Verneuil. Obs. II. — Ch. 53 ans, cultivateur, entre à l’hôpital le 6 nov. 1866. Robuste, de haute taille, ayant toujours eu une bonne santé, il ne présente d’autre lésion qu’une tumeur inguinale née sans cause appréciable sixmois auparavant, étayant fait de rapides progrès.
Une ponction sur le sommet de la tumeur ne donna issue qu'a du sang; accroissement continuel de la masse ; l’incision s’agran-
dit et se transforme en une vaste ulcération. On diagnostique un sarcome ganglionnaire au lymphome nucléaire.
L’examen le plus scrupuleux n’ayant fait découvrir aucune alté- j ration viscérale ni aucune affection diathésique, M. Verneuil pra- ! tique l’extirpation le 12 septembre.
La tumeur, circonscrite par deux incisions semi-lunaires, adhérait largement par sa base au niveau du fascia cribriformis ; il fallut disséquer sur la gaine des vaisseaux, isoler l’artère dans l’étendue de 5 centimètres en conservant sa tunique externe et réséquer la veine fémorale entre deux ligatures distantes de 5 centimètres.
Perte de sang médiocre ; pansement avec un linge fin huilé, de la charpie fine, et une vessie de glace. Potion avec l’aconit et la digitale. Nuit assez tranquille, peu de sommeil, pas de fièvre, pas d’œdème du membre, vomissements que la glace arrête.
14 septembre. — Bonne nuit, fièvre légère, membre légèrement gonflé, les veines superficielles se dessinent sous la peau.
Le 15. — Le pansement est levé pour la lre fois ; la plaie a bon aspect et commence à se recouvrir de bourgeons charnus de bonne nature; l’artère bat toujours, mais moins énergiquement; elle est recouverte de bourgeons, sauf en un point large de quelques millimètres qui n’est pas encore détergé.
Le 16. — La fièvre tombe ; le membre moins gonflé, moins dur, n’est le siège d’aucune douleur; la circulation veineuse s'établit par les collatérales.
.Le lendemain cet état continue ; le malade dort, boit et mange ; la fièvre n’est pas revenue ; la plaie a le plus bel aspect ; elle est . partout recouverte de bonnes granulations ; l’artère figure un cyr lyndre bourgeonnant animé de pulsations assez faibles ; mais le point grisâtre existe toujours et il est à craindre que les tuniques ne soient sphacélécs dans l’étendue de quelques millimètres; cependant l’élimination de cette eschare ne semble pas imminente.
Le 18. — Au commencement du 7° jour, à une heure après midi, hémorrhagie abondante de 500 à 600 grammes qu’on arrête par la compression et la ligature de trois artérioles du couturier. La paroi de la fémorale n’a pas cédé ; néanmoins, M. Verneuil croit prudent de jeter deux ligatures, l’une au-dessus, l’autre au-dessous de la portion dénudée. Malgré l’emploi des cordiaux et de tous les
moyens propres à ranimer les forces, la mort survient clans la nuit suivante, moins de 7 jours après l’opération.
Autopsie. — Péritoine, plèvre, péricarde, arachnoïde, à l’état sain. Poumons emphysémateux ; liypostase à leur hase; cœur volumineux, mais exsangue ; cavités presque vicies. Aucun abcès métastatique. Foie de volume et de couleur ordinaires ; à sa surface convexe et dans le parenchyme, quatre tumeurs d’un blanc éclatant, d’un tissu ferme, fibroïde, tout à fait semblable histologiquement à la tumeur inguinale, laquelle est constituée par l’épithélium des ganglions lymphatiques.
Dans la plaie, aucune altération des tissus, sauf le sphacèle d’une petite portion de la tunique externe. M, Yerneuil ajoutait alors : « Ce fait est très intéressant au point de vue clés dénudations artérielles, des résections veineuses, et cle la généralisation des produits morbides. Mais je le cite seulement à cause du rapport des tumeurs avec les gaines vasculaires. »
XLYI. — Lymphosarcome ulcéré du cou. Extirpation. Dénudation cle la carotide primitive, puis rupture de ce vaisseau au 16° jour. Mort. Cancer secondaire d’un hémisphère cérébral. (Nepveu. Contribution à l’étude de la dénudation cle la carotide primitive. Association française, session de Nantes, 1875, p. 1131). Mém. de M. Verneuil. Obs. Y.
Campagnard robuste, 56 ans, santé excellente. Tumeur à la partie latérale droite du cou, apparue il y a 15 mois, et ayant tous les caractères d’une adénopathie. Ni syphilis, ni scrofule. Aucune cause appréciable. Progrès continuels ; ulcération cle la tumeur, hémorrhagies répétées.
Diagnostic : Lymphosarcome ayant respecté les nerfs et vaisseaux profonds, borné d'ailleurs aux seuls ganglions cervicaux droits. La rate et les autres organes abdominaux n’offrent aucune lésion ; point de leucocythémie ; l’auscultation n’indique aucun désordre dans les poumons, les digestions sont bonnes, l’intelligence et les fonctions locomotrices absolument normales.
Le malade est amaigri et accuse une diminution générale des forces, ce qui s’explique par les hémorrhagies antérieures, par la \ive inquiétude et parles douleurs violentes et incessantes ressenties depuis deux mois, à ce point d’abolir entièrement le sommeil,
Sur les instances du malade, l’énorme tumeur fut enlevée. L’opération pratiquée le 23 juin fut laborieuse, dura plus d'une heure, mais se termina sans accident. On dut réséquer et lier la jugulaire interne ; la carotide primitive fut dénudée dans une étendue de 4 centimètres. Pansement antiseptique ouvert.
Les choses se passèrent simplement pendant les premiers jours. Ni douleurs, ni accidents quelconques, sauf un peu de difficulté dans la déglutition. La détersion de la plaie marcha assez vite, car le cinquième jour une grande partie de sa surface recouverte de belles granulations fournissait un pus de bonne nature.
Deux choses cependant causaient quelque inquiétude : d’abord la fièvre qui, sans être très- forte, ni présenter de caractères graves, se maintient pourtant jusqu’au onzième jour, en atteignant le soir jusqu’à 39°, 5; puis la dénudation de la carotide, qui ne se recourrait que fort lentement de bourgeons charnus. Cependant, le 8 juillet, tout semblait aller pour le mieux, la fièvre était tout à fait tombée ; l’état général était satisfaisant ; l’on commençait à se rassurer sur le sort de l’artère. Malheureusement, le lendemain matin, survint une rupture de la carotide primitive et une hémorrhagie qu'on put arrêter, ce qui n’empêcha pas le malade de tomber dans le coma et de succomber vingt-quatre heures après.
L’autopsie montra les lésions cérébrales consécutives à la ligature de la carotide primitive, mais aussi l’existence, au sommet de l'hémisphère cérébral gauche, d’une tumeur du volume d’une amande, ayant la même structure que celle du cou, c’est-à-dire celle d’un lymphosarcome à cellules fusiformes multinucléaires. Les autres viscères n’avaient pas d’autres lésions qu’une anémie profonde.
XLVII. — Tumeur du sein gauche. Adénopathie axillaire. Extirpation. Mort le quatorzième jour. Hémorrhagie ultime. Dépôts secondaires nombreux dans les poumons et le foie. (Obs. IX du Mém. de M. Verneuil. Leclerc, Bull. soc. anat , 3 mai 187S.) — E. B..., 36 ans, polisseuse, grasse, assez fraîche; pas de maladies antérieures, sauf l’emphysème pulmonaire, amenant de temps à autre des accès d’asthme; devint enceinte pour la première fois il y a treize mois. Grossesse heureuse, accouchement facile. Au
deuxième mois de cette grossesse, apparition au sein gauche d une tumeur grosse comme une noisette, qui augmente rapidement, et, contrairement à ce qu’on espérait, ne diminue point après 1 accouchement, Depuis deux mois, engorgement des ganglions axillaires; peu de douleurs, mais gêne à cause du poids du sein. La tumeur, en effet, est du volume d’une tête d’enlant, arrondie, régulière, non bosselée, dure partout, sauf en un point où l’on soupçonne la formation d’un kyste, indolente à la pression, mobile sur le grand pectoral. La peau qui recouvre sa moitié supérieure est sillonnée de veines dilatées, mais non altérées; elle est au contraire d’un rouge violacé et adhérente sur la partie inférieure.
lies ganglions engorgés, assez volumineux, paraissent échelonnés le long des vaisseaux axillaires, et se sentent mieux sous le grand pectoral que dans le creux même de l’aisselle.
M. Verneuil crut avoir affaire à une tumeur mixte, fibro-plastique dans la plus grande partie de son étendue, et cancéreuse dans l’autre portion, comme il avait eu l’occasion d’en voir un cas très net deux ans auparavant. Considérant que l’accroissement rapide pouvait être mis sur le compte de la grossesse, que la malade, jeune, pleine de santé et de vigueur, était exempte de toute autre affection, M. Verneuil se décidait à l’opérer le 12 avril.
Il eut cependant au dernier moment un peu d’hésitation et un scrupule. Nous avions interrogé très soigneusement la malade, ausculté la poitrine, examiné les urines, palpé le bas-ventre à travers la chemise, mais nous n’avions pas découvert complètement l’abdomen. Lorsque la patiente fut sur le lit d’opération, l’épigastre fut largement exposé pour suivre la respiration pendant l’anesthésie.
A ce moment, on constata en ce point, à la vue et au toucher, une tumeur arrondie, lisse, mobile, assez dure, grosse comme un œuf de poule, qui paraissait perdue dans la couche de tissu adipeux épaisse à ce niveau ; on crut à un lipome ou peut-être à une hernie graisseuse, et après un instant d’incertitude on opéra tout de même.
L’opération faite sous le jet d’eau additionnée de thymol fut assez laborieuse à cause des nombreux ganglions axillaires, et d’une hémorrhagie qui nécessita une double ligature delà veine axillaire,
et l’application de trois pinces hémostatiques qui furent laissées en ' place.
Pansement antiseptique ouvert.
Dans la soirée, la malade va bien ; ni phénomènes gastriques, ni ? ballonnement du ventre; main gauche engourdie, un peu refroidie, i pouls plus faible qu’à droite ; mobilité et sensibilité conservées. \ T. 37,2.
Le 13. Insomnie, engourdissement du bras qui reprend sa chaleur; point de douleur dans la plaie ; T. 39» le matin et le soir. On essaie à la visite du matin d’enlever les trois pinces hémostatiques; deux d’entre elles sont détachées sans accident; à peine, au contraire, la troisième est-elle desserrée et retirée, qu’on voit apparaître dans la plaie un flot de sang ai’tériel. Comme on savait exac- ; tement que l’on avait la veille appliqué cette pince sur une branche de petit calibre, sortant directement de l’artère axillaire, on plaça -, un doigt sur le point d’où devait sortir le sang, ce qui fit cesser l’écoulement ; sur ce doigt on glissa une nouvelle pince hémostatique, et on put du premier coup étreindre le vaisseau, car l’hémorrhagie cessa aussitôt. On fut surpris de voir que le séjour de la pince pendant vingt-quatre heures n’avait pas suffi à procurer une hémostase durable.
Le 14. Même état.
Le 15. Diminution de la fièvre ; les jours suivants, les choses se 'j passent assez bien ; les douleurs sont nulles ; la circulation et 1 innervation du bras sont normales. La plaie se déterge lentement et j reste un peu sèche et un peu livide , sans présenter toutefois la moindre inflammation à son pourtour. La pince hémostatique est . retirée après être restée trois jours ; aucune hémorrhagie nouvelle ne se manifeste.
La soif est modérée ; l’appétit renaît, le sommeil est tranquille 1 et le moral rassuré. On administre des lavements et un laxatif. Le J ventre est tout à fait indolent. La tumeur abdominale ne présente \ aucune modification; seule la température reste un peu élevée : le J 18, elle est encore à 38" le matin, et à près de 39°. le soir.
Ce jour-là, la malade accuse de l’oppression et une toux sèche. J Elle croit avoir eu froid; on pratique l’ auscultation dans le soupçon d’une pleurésie ; la respiration s’entend dans les doux poumons, et l’on perçoit seulement des râles sibilants et ronflants et
quelques râles muqueux à. la base droite. On croit à de lu congestion pulmonaire surajoutée à l’emphysème ordinaire. (Potion de Todd, quelques sinapismes simplement sur la poitrine.) Tout se calme bientôt.
Le 21. Nouvel accès d’oppression ; mêmes symptômes du côté du poumon; point d’expectoration, douleur au genou droit; rien aux autres articulations ni aux viscères abdominaux; fièvre assez marquée, sans frisson; 38° le matin, 39° le soir. La plaie n’est point enflammée, mais elle est sèche, terne, comme tannée, et on la croirait toute récente. La couche granuleuse ne se forme pas. Du reste, nulle douleur et point d’odeur, à cause des pansements réitérés.
Le 22. Apparition des règles à leur époque accoutumée. Le soir, deux frissons légers ; sueur, face vultueuse. T. 39,4.
Le 24. La douleur du genou a disparu ; tuméfaction dure et douloureuse à la partie inférieure de l’avant-bras ; langue sèche. T. 38,4 le matin et 40,2 le soir. Troisième attaque de suffocation qu’on croit causée par des embolies pulmonaires venues de la veine axillaire. La pyohémie est rendue probable par l’élévation de la température, les frissons, les douleurs du genou et de l’avantbras.
Le 25. Le visage, qui jusqu’alors avait conservé bon aspect, est devenu terreux et profondément altéré ; langue sèche, pouls rapide, dyspnée continuelle ; l’auscultation donne toujoursles mêmes résultats. Le soir, vers 3 heures, quatrième accès de suffocation. Hémorrhagie artérielle foudroyante venant du fond de la plaie ; perte de connaissance ; mort en quelques instants.
Autopsie. — Cadavre bien conservé, sans trace de putréfaction ; la tumeur de l’abdomen du volume du poing, libre, arrondie, siège dans le lobe gauche du foie ; elle est ramollie et diffiuente à son centre ; peut-être a-t-elle un peu grossi depuis l’opération ; à sa surface libre et recouverte du péritoine, on ne remarque aucune trace d’inflammation ancienne ou récente, elle est constituée par de l’encéphaloïde type.
Le foie, stéatosé dans toute son étendue, ne renferme pas d’autres tumeurs; les autres viscères abdominaux sont également sains.
Cœur normal , un peu do sérosité dans les plèvres ; les poumons sont volumineux et ne s affaissent point après leur extraction de la poitrine ; leur surface est irrégulière, bosselée, parsemée de
noyaux durs, saillants, blanchâtres, de volume variable, depuis celui d’un pois jusqu’àcelui d’une grosse noix. L’intérieur de l'organe est également farci d’une quantité innombrable de noyaux cancéreux plus ou moins volumineux et plus ou mions durs. On peut dire que dans les deux poumons, il y a moins de 'parenchyme que de ' < cancer. On ne trouve, malgré l’examen le plus minutieux , aucune ’ r trace d’infarctus.
Emphysème sur le bord antérieur des deux côtés, congestion t assez forte du côté droit.
Rien au genou ; un peu de sérosité louche dans le tissu cellulaire, à la partie inférieure de l’avant-bras.
L’hémorrhagie provenait de l’artère axillaire qui était complètement divisée en travers avec écartement des deux bouts. Il est probable que cette section a été effectuée par une des pinces hémostatiques involontairement appliquée sur l’artère. Les deux • bouts de la veine axillaire étaient fermés par un caillot. [ .
L’examen microscopique de la tumeur, des ganglions et des dépôts secondaires a montré partout les caractères du cancer encéphaloïde.
XLVIII. — Cancer de la clavicule. Ablation. Hématémèse fou-' dro}rante. Cancer de l’estomac. (Mém. de Marchand, Soc. cliir., juin 1881.) — Homme âgé de 62 ans. Il porte au niveau de la partie moyenne de la clavicule gauche une tumeur du volume, d’un gros œuf de poule. Son début ne remontant pas à plus de dix mois, le développement avait été assez rapide. Il y avait eu au début des douleurs excessives qui plus tard étaient devenues plus tolérables.
Il s’agit évidemment de l’os lui-même. La clavicule est entourée de tous côtés par le tissu nouveau. Aux deux extrémités de la tumeur, elle se continue directement avec lui, brusquement et sans présenter d’augmentation de volume; elle est comme coupée court en ce point. Fait qui présente une haute importance diagnostique, la continuité de l'os est interrompue, comme permettent de le constater les déplacements étendus qu’on peut faire subir à ses deux extrémités.
La consistance de cette tumeur est celle d’un tissu ferme, solide, élastique, ne présentant aucun point ramolli, tout à fait différente
de celle qu’aurait offerte une tumeur osseuse ou partiellement ossifiée.
La peau est saine, nullement distendue, libre profondément; elle est parcourue par un réseau veineux très développé.
La tumeur se déplace assez facilement en totalité, on en peut induire que ses connexions profondes sont lâches et qu’elle pourra être isolée sans de grandes difficultés de ce côté. Il n’existe du reste aucun phénomène de compression vasculaire ou nerveuse, nonobstant le voisinage immédiat des organes si importants de la | région.
Des douleurs lancinantes reviennent spontanément, tandis que les pressions sont facilement tolérées. Les fonctions du membre : supérieur sont entravées comme dans la fracture de la clavicule ; le membre supérieur repose presque inerte contre la poitrine; l’abduction et l’élévation du bras sont absolument impossibles.
L’âge du malade, le volume relativement restreint de la tumeur, son accroissement régulier et continu, la destruction de l’os, l’état général même sensiblement affecté portent à croire dès l’abord qu’il s’agit d’un néoplasme malin, d’un carcinome de l’os, et d’un carcinomeprimitif, car nous ne découvrons nulle part d’autre foyer pathologique.
Les fonctions de l’appareil gastro-intestinal sont à peu près régulières, l’appétit diminué, mais les digestions faciles et les selles normales ; il y a seulement une diarrhée sans importance, chaque fois que le malade s’écarte de son régime habituel.
Opération. Incision cruciale dont les branches sont parallèles aux deux grands diamètres de la tumeur. Les quatre lambeaux, ainsi tracés, sont successivement relevés à la face supérieure de la tumeur mise à nu.
Il fallut procéder par une dissection véritable et non par simple décollement, car les tissus sous-cutanés se confondaient profondément avec elle. La clavicule fut isolée dans une étendue de 2 centimètres de chaque côté, et sciée à ce niveau sur la sonde de Blandin. La séparation vers la profondeur fut laborieuse, une vingtaine de ligatures furent appliquées. L’artère scapulaire supérieure, anormalement développée et qui avait atteint le volume de la radiale, adhérait au néoplasme par un tissu assez serré; elle dut être sectionnée entre deux ligatures.
Toute la région claviculaire se trouve ainsi mise à découvert® mais les organes qui la traversent n’ont nulle part été dépouillés de 1 leur gaine celluleuse.
On place le membre dans une écharpe de Mayor, le bras est J affermi contre le tronc par un bandage de corps. La plaie est pansée à plat suivant les méthodes recommandées par M. Verne uil (tarlatane, charpie imbibée d’eau phéniquée.)
(Suit la description macroscopique et microscopique de la I tumeur qui était un carcinome dur.)
Les suites de l’opération sont d’abord très simples, la marche de la plaie fort régulière. Les phénomènes du bourgeonnement et de la cicatrisation se succèdent sans la moindre complication. Au bout de trente-deux jours, l’organisation de la cicatrice était presque entièrement terminée, et le malade qui depuis quinze jours après l’opération se levait toute la journée, se disposait à regagner son pays. Les pansements n’offrant rien de spécial avaient été confiés à un infirmier.
L’avant-veille du jour qui avait été fixé pour le départ, M. Marchand fut brusquement appelé à 10 heures du soir pour un grave accident qui venait de se manifester.
Depuis deux ou trois jours, le malade avait perdu l’appétit; ei sans cause apparente, il s’était senti indisposé depuis le matin, il avait néanmoins dîné légèrement à son heure habituelle. Deux heures environ après ce repas, il fut pris d’un vomissement de ; sang d’une abondance extrême. M. Marchand trouva à son arrivée une cuvette de la contenance de deux litres environ remplie de ; sang, et deliquides noirâtres provenant de l’estomac. Le malade expirant, succomba en sa présence. L’autopsie ne put être pratiquée.
XLIX. — Tumeur encéphaloïde du tibia chez un homme de -2 ans. Etat général assez mauvais. Amputation de la cuisse. Mort au sixèmo jour d’hémorrhagie foudroyante par la fémorale. Noyaux cancéreux dans les ganglions inguinaux et pelviens et dans le foie. (Lawrence, Méd. cliir. Transactions, 1832. t. XVII, p. 39.)
L. — Cancer encéphaloïde de la cuisse chez un homme de 23 ans. Malade émacié, mais non cachectique. — Désarticulation de lai
hanche; la plaie donne presque tout le temps un écoulement fétide ; température à 40°. Mort au quatorzième jour. Noyaux cancéreux dans les poumons. (Fayre, med. Times et Gazette, 1866, t. Il, p. 3.)
Péritonite.
Ll. — Sarcome cystique de l’ovaire gauche pris pour un fibrome utérin. Injection d’ergotine. Rupture d’une poche. Mort prompte. Tumeurs secondaires (Ziembicki). Tumeurs solides de l’ovaire. (Thèse de Paris, 1875, p. 77.) Jeune fille de 16 ans, grande, brune, forte, santé splendide, état général excellent ; arrivée depuis peu de la campagné où elle se livrait aux travaux des champs. Réglée depuis un an et en très grande abondance. Le ventre a grossi depuis trois mois surtout, de façon à devenir apparent. Tumeur abdominale du volume d’une tête d’enfant, exactement située sur la ligne médiane, adhérente à l’utérus, mobile, indolente, de consistance très différente, ici dure et là molle. Point d’ascite. La tumeur soulève la paroi qui s’applique très exactement sur sa face antérieure.
Après un examen très attentif, on diagnostique un myôme utérin à marche rapide, que l'on se propose de traiter par les injections sous-cutanées d’ergotine.
Les rapports intimes de la tumeur avec la paroi abdominale antérieure permettent de porter directement le liquide dans son parenchyme. M. Verneuil fait donc lui-même une première injection de 10 gouttes à distance égale de l’ombilic et du pubis.
Il n en résulte aucun effet fâcheux. Une seconde injection de 15 gouttes est faite huit jours après avec toutes les précautions nécessaires par un des internes les plus distingués de M. Verneuil, devenu peu d’années après chirurgien des hôpitaux.
Iles accidents soudains et terribles éclatent quelques instants après. Dès le soir même une péritonite généralisée est évidente, on la combat vainement parles moyens les plus énergiques. M. Verneuil la constate lui-meme le lendemain matin ; la mort survient dans le courant de la journée.
À 1 autopsie, au lieu d un myome utérin, on trouve une tumeur de 1 ovaire, solide en majeure partie et creusée de cavités rem-
plies d’une bouillie colorée par le sang et constituée par du tissu flbro-plas tique embryonnaire. La paroi externe d’une de ces poches très mince et peu résistante, s’est rompue dans une étendue de 7 centimètres et a laissé son contenu tomber dans le péritoine avec une quantité considérable de sang non coagulé.
La tumeur adhère en plusieurs points de sa circonférence avec l’utérus, la vessie, le mésentère et l’intestin; plusieurs noyaux sarcomateux variant du volume d’un pois à celui d’une noisette existent derrière la vessie et dans les glandes mésentériques; en deux points où l’intestin grêle adhère, sa paroi est envahie dans toute l’épaisseur parle tissu morbide qui fait déjà saillie dans la cavité I même de l’iléon.
L’utérus est sain.
LU. — Ascite, chez un homme de 38 ans. Paracentèse et péritonite mortelle. Cancer de l’épiploon, des ganglions mésentériques, ] du péritoine pariétal et du foie. (Barlow, Guy’s Hosp. Rep. 1869.»l! t. XIV, 3° série p. 333.)
LUI. — Sarcocèle chez un jeune homme de 25 ans. Ponction. ] Accidents nerveux. Symptômes de péritonite suraiguë. Mort le ] même jour. Déchirure d’une tumeur ganglionnaire rétrohépatique, ouverture dans le péritoine. (Robert, Confér. de clin, chirurgJ p. 444, 1860.)
Lymphangite et Erysipèle.
LIV. — Cancer du pied et de l’aine chez une femme de 5S ans,.i assez bien portante. Un peu de marasme (?). Opération sur les deux foyers. Lymphangite. Deux pansements de Lister par jour. Mort le neuvième, avec collapsus et délire. (Dittel, de Wien, in Ersalirungen liber die Wundbehandlung nach Lister, avril 1877. p. 123, obs. 105.)
LY. — Tumeur du sein chez une femme de 55 ans et glandesl axillaires. Extirpation. Mort le neuvième jour. Erysipèle et pleu-1 résic. Noyaux dans les deux plèvres et très nombreux dans le foie.I (Billroth, Clin. Chirurg. p. 216).
LVI. — Cancer du rein opéré par Blandin : pas de signes d’infection. Mort d’érysipèle au bout de peu de jours. Noyaux dans le foie. (Broca, Traité des tumeurs, p. 287. t. I.)
LVIT. — Cancer du testicule. Castration. Pansement de Lister. Mort le 9ejour. Tumeur cancéreuse des ganglions lombaires. (Longuet, Maladies du foie et traumatismes; tb. Inaug. 1877. p. 46; (Mém. de M. Yerneuil. Obs. VII). Piat, 43 ans, architecte, de taille moyenne, robuste et très bien portant en apparence, entre le 22 février 1876 à la Pitié, salle Saint-Louis, n° 18, pour une affection du testicule droit. Il a toujours joui d’une bonne santé ; aucun accident syphilitique ni strumeux.
A 17 ans, oreillons à la suite desquels serait survenue une atrophie très notable du testicule gauche, qui actuellement n’est pas plus volumineux qu’un gros haricot ; le testicule droit paraît en revanche un peu plus volumineux qu’à l’état normal.
Piat, militaire pendant trois ans, n’eut qu’un écoulement passager ; marié à 28 ans, il perdit bientôt son premier enfant, le 2° est très bien portant.
A 38 ans, il remarque le long du bord postérieur du testicule droit une petite excroissance de chair, qui augmenta peu à peu et envahit d’une façon insensible le testicule lui-même.
En juillet 1874, la tumeur ainsi formée avait le volume d’un œuf de poule ; elle avait grossi sans provoquer la moindre douleur. Depuis 18 mois cependant, il est survenu quelques élancements, la marche est devenue pénible et la pression douloureuse.
Le 11 décembre dernier, un médecin fit une ponction et retira un verre et demi de liquide jaune, limpide, semblable à de l’urine, mais il l’esta une grosseur après la ponction.
Etat actuel . — Du côté gauche, atrophie considérable du testicule ; à droite, tumeur qui dépasse le volume des deux poings ; elle est régulièrement ovoïde, à grand axe vertical ; sa grosse extrémité est eu bas; sa petite arrive jusqu’à l’entrée du canal inguinal. Les enveloppes scrotales sont très mobiles à sa surface : nulle part on ne trouve d’adhérences des téguments aux parties profondes. La tumeur présente en avant et latéralement une fluctuation manifeste ; il y a du liquide dans la tunique vaginale et lorsqu’on vient.
Cerné. 6
à la déprimer, on arrive sur une masse dure, dense, résistante et bosselée. En arrière et en bas, on touche immédiatement la tumeur sans interposition de liquide, et on sent une série de nodosités sur une longueur de de 8 à 10 centimètres.
Le 21 février, M. Verneuil fait une ponction ; la tumeur qui avait auparavant 32 centimètres dans sa plus grande circonférence, n'en mesure plus que 24; la quantité de liquide évacuée est d'environ .500 grammes : c’est de la sérosité citrine semblable à celle d’une hydrocèle ordinaire.
On prescrit le traitement antisyphilitique mixte, à savoir : une pilule de protoiodure le matin, et un gramme d’iodure potassium le soir.
Le 18 mars, M. Yerneuilfait encore une ponction, après laquelle la partie solide a 27 centimètres de circonférence ; la tumeur s’accroît donc bien.
L’état général du malade est toujours bon; il n’a aucune difficulté à uriner; le toucher rectal n’indique aucun engorgement profond; les ganglions iliaques semblent parfaitement sains.
En résumé on a affaire aune tumeur testiculaire compliquée d’un épanchement vaginal assez considérable ; cela permet d’éliminer immédiatement certaines affections, telles que l’hématocèle et la vaginalite chronique. La tumeur ne peut être un testicule syphilitique ; Piat nie formellement toute infection et n'en porte du reste aucune trace. D’ailleurs le testicule syphilitique dépasse très rarement le volume d’un citron ; enfin il ne résiste guère au traitement spécifique qui a été vainement employé ici. L’affection est donc de mauvaise nature, sans qu’aucun signe spécial puisse en déterminer avec certitude l’espèce anatomique. On incline toutefois vers le cancer ordinaire.
Devant l’insuccès de la thérapeutique et les progrès de la tumeur, on se décide à faire la castration que, du reste, rien ne paraît contro-indiquer, l’état général du patient paraissant aussi bon que possible.
L’opération est faite le 22 mars sans difficulté spéciale. Ou place un gros tube à drainage dans le fond de la plaie dont on réunit les bords par des points de suture métallique ; le tout est recouvert par l£S pièces du pansement de Lister. Dans la journée, vers trois ou
quatre heures, vomissements, léger frisson, quelques petits picotements dans la plaie.
23 mars. Agitation et insomnie pendant la nuit, vomissements le matin. Le pansement de Lister est enlevé; la plaie est légèrement tuméfiée. Un nouveau pansement est replacé.
24 mars. Insomnie, agitation; le scrotum est rouge et gonflé; il sort par les drains un pus mal lié, à demi séreux. On enlève quelques sutures métalliques, et l’on place sur les bourses un vaste cataplasme. On fait à plusieurs reprises des injections phéniquées dans le tube à drainage.
25 mars. Vomissements, pas de douleurs spontanées ni frissons, un peu de gonflement douloureux à la pression dans l’aine droite et à l’hypogastre; deux traînées rougeâtres le long et au-dessus de l’arcade crurale. Inappétence, teinte subictérique des conjonctives ; ablation du reste des points de suture.
26 mars. Insomnie absolue, douleurs cuisantes dans la plaie, parole brève, discours incohérents ; une rougeur nettement érysipélateuse envahit le scrotum, qui est tuméfié.
27 mars. Bourses moins tendues ; face légèrement subictérique ; eau de sedlitz.
28 mars. Plaques gangréneuses à la face inférieure des bourses; 4 grammes d’alcoolature d’aconit. Le soir les traits s’altèrent; nouveaux vomissements.
29 mars. Face blême, amaigrie, traits altérés, oppression très marquée ; l’érysîpèle s’étend au thorax et à la cuisse droite ; le pouls devient petit, fréquent. Mort dans la nuit.
A l’autopsie, on ne trouve rien dans les poumons nj dans les reins ; mais près du hile du rein gauche, on observe une tumeur ganglionnaire grosse comme une orange; le foie, gras, présentait à côté de quelques foyers ramollis, une petite masse angiomateuse.
L’examen microscopique du testicule et des ganglions prévertébraux, fait avec le plus grand soin, démontre que la tumeur était un véritable cancer.
LVIII. — Tumeur médullaire du cou chez un homme de 23 ans. Ablation incomplète. Erysipèle et mort prompte. Noyaux cancéreux dans le thymus, le poumon et le rein. (Travers, chir. trans. t. 17, p. 381.)
Phlébite et pyohémie.
LIX. — Sarcocèle chez un homme de 40 ans. Signes de généralisation. Castration. Sphacèle de la plaie. Mort rapide. Thrombose des veines iliaques. Tumeur ganglionnaire abdominale. (Israël, arch. fur clin. chir. 20e vol., p. 46. 1876.)
LX. — Lymphadénome cervical. Extirpation incomplète. Hémorrhagies et thrombose. Mort prompte. Tumeurs secondaires dans le corps thyroïde et le foie. (Mém. de M. Yerneuil, obs. 1Y).
A. S., 30 ans, bonne santé pendant son enfance; point de traces' de scrofule. Il y a trois ans, petite glande dure et mobile au sommet du triangle sus-claviculaire gauche. Elle reste stationnaire pendant un an, puis s’accroît par suite du froid et des privations. Une autre apparaît à côté, toutes deux grossissent, sans douleur du reste.
Entrée à l’hôpital, le 18 novembre 1871. Tumeur grosse comme le poing, au-dessous de l’angle de la mâchoire, étendue du bord du larynx au bord antérieur du trapèze et de l’oreille jusqu'à deux travers de doigts de la clavicule; lobulée, ayant la consistance de l’hypertrophie glandulaire ; un peu mobile sur les parties profondes, recouverte de peau saine ; quelques ulcérations sur l’amygdale et la voûte palatine.
Ni bourdonnements d’oreiile, ni céphalagie, ni douleurs; respiration libre; auscultation négative; un peu de toux la nuit depuis quelques jours. Bonne santé, appétit et digestion naturels. L’aspect général est celui d'une personne délicate, mais non scrofuleuse. La mine est bonne, quoique le teint soit pâle.
On essaie en vain plusieurs agents médicamenteux, internes et externes, et l’on se décide à opérer le 10 janvier. Malgré tous les efforts faits pour énucléer la tumeur, on est obligé de laisser l'opération incomplète, à cause des adhérences de la masse ganglionnaire aux parties profondes
Plusieurs vaisseaux sont ouverts. La jugulaire interne est rompue en travers, les deux bouts sont liés. On pratique encore de nombreuses ligatures, après quoi on panse avec l’alcool et la charpie ,
(1) Bourdon. Bull. Soc. anat,, janvier 1872, et thèse de Bergeron,
Dans la journée, hémorrhagie. On lie quelques vaisseaux, et on touche plusieurs points de la plaie anfractueuse avec le perclilorurc de fer.
Déglutition et toux très pénibles. La nuit suivante, nouvelle hémorrhagie. Le lendemain, application de glace pour prévenir l'issue du sang. Déglutition très' difficile . Fièvre intense. Le 13, on enlève du fond de la plaie la charpie et des caillots. On constate la formation de clapiers.
Le 14, ictère léger qui augmente la nuit suivante. La malade se lève, se promène en criant, se débat au point qu’il faut 1 attacher. Elle succombe à cinq heures du matin.
On trouve à l’autopsie les restes de la tumeur, enveloppant les vaisseaux carotidiens et surtout la veine jugulaire interne et ses deux bouts liés. Dans le supérieur se trouve un caillot qui remonte jusque dans le sinus latéral.
Le corps thyroïde est altéré dans sa moitié gauche. Le foie renferme deux petits noyaux secondaires.
L’examen microscopique montre qu’il s’agit d’un lymphadénôme, ayant débuté dans les ganglions et envahi secondairement le corps thyroïde et le foie.
LXI. — Tumeur flbro-plastique de la cuisse. Ablation. Récidive locale. Nouvelle extirpation. Nouvelle récidive. Désarticulation de la hanche. Mort 28 jours après. Pyohémie. Altération colloïde de plusieurs ganglions de l’abdomen. Verneuil, obs. X, Mémoire sur la désarticulation delà hanche. Bul. de l’Acad. méd. 1877, p.1176.)
Louise S..., 32 ans, taille moyenne, forte structure, aucune maladie constitutionnelle. En 1865, tumeur apparue sans cause appréciable àla partie postérieure de la cuisse, très mobile, indolente, ressemblant à un lipome. En novembre 1867, elle a le volume d’une tête d’enfant, parfaitement circonscrite, moins mobile, offrant une fausse fluctuation, recouverte de la peau non adhérente, sillonnée de quelques veines.
Opération le 31 janvier 1868. Enucléation et section de deux points adhérant au nerf sciatique et au muscle biceps. Une seconde tumeur se prolonge jusque sous les muscles fessiers. Cicatrisation en deux mois. Récidive assez prompte. Nouvelle opération à la fin de Tannée. Il fallut réséquer 10 à 12 centimètres du nerf sciatique. Suites bénignes. Cicatrisation toutefois un peu plus lente. La ma-
lade rentre chez elle et s’exerce à marcher avec des béquilles, jambe étant naturellement paralysée. Nouvelle récidive, à nuire rapide, avec douleurs vives. La tumeur, du volume d’une tête d’e faut, occupait le tiers moyen delà cuisse, et se prolongeaiten har recouverte par la peau distendue et la cicatrice boursouflée, El est molle comme une collectionliquide. M. Verneuil hésitait bea coup à faire une nouvelle opération. ' L’état général 'était pli aussi bon, il y avait de l’amaigrissement. L’anorexie, l’inquiétud les douleurs, les narcotiques employés pour donner du calme, to contribuait à expliquer la perte de l’appétit et la diminution dforces ; cependant l’examen organique, fait très attentivement, ] révélait aucune contre-indication formelle. On pratiqua donc la d sorticulation de la hanche le 20 avril 1869. La perte de sang f minime, aucune réunion ne fut tentée. A son réveil, la malade e prise de vomissements incessants qui se prolongent pendant jours.
Le 27, Amélioration générale. La fièvre tombe, l’appétit renaî
Le 5 mai, diarrhée, fièvre, thrombose delà veine iliaque ; lapy( hémie se déclare; phlegmatia albadolens de l’autre membre: lam lade s’affaiblit- de plus en plus; elle ne peut rien prendre sai vomir. A diverses reprises la respiration s’embarrasse, l'amaigri, sement fait des progrès rapides. La mort survient le 1S mai. jours après l'opération.
A l’autopsie on trouve des lésions considérables dans les vai: seaux ; les abcès métastatiques de la pyohémie; lefoiestéatosé ain que le rein ; les viscères ne renferment point de dépôts colloïde secondaires, mais plusieurs ganglions lymphatiques de l’abdonu sont envahis.
L’examen microcospique de toutes les tumeurs avait mont) qu’elles sont formées par les divers éléments du tisni conjonctif.
LX1I. Tumeur du sein droit ulcérée, du volume d’un thaler. ch< une femme de 48 ans. Ganglions axillaires. Extirpation. Mort 1 septième jour de pyohémie. Noyaux cancéreux dans le foi» (Billroth. Clin, chir., p. 26.).
LXI1I. Tumeur du sein, du volume d’une grosse pomme chez un femme de 88 ans. Ablation. Mort le quinzième jour de pyohémie Noyau dur, gros coin e un haricot, dans le foie. (Id.)