HISTORIQUE
En 1844, Moutard Martin, alors interne de Prus, dans un article sur la pneumonie des vieillards, paru dans la Revue médicale, écrivait ce qui suit : « Un fait qui mérite quelque attention et qui, je crois, n’a jamais été sionalé dans la pneumonie des adultes, c’est la mort subite des malades qui tombent comme frappés d’apoplexie. Ce sont des cas où la pneumonie à marché d’une façon tout à lait latente, elle à parcouru ses différentes périodes sans empêcher les malades'de vaquer à leurs affaires, sans les empêcher de se nourrir, puis, tout d’un coup, la mort est survenue; à l’autopsie, on trouve une hépatisation grise plus ou moins étendue des poumons. Je n'ai pas observé de cas semblables, mais M. Prus m'a dit en avoir vu plusieurs cas à Bicétre en autres, un vieillard que l’on ne croyait pas malade et qui tomba mort dans la cour. A l’autopsie, on trouva une hépatisation grise des deux poumons, il restait à peine le quart d’un poumon qui put res-
pirer ».
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En 4844, la mort subite par pneumonie était peu connue, mais, contrairement à ce qu'écrivait Moutard Martin, quelques observations étaieut déjà parues. sur ce suiet. Ces observations concernaient presque toujours des vieillards ou des aliénés, mais certaines cependant concernaient des adultes.
Les premières observations de mort subite dans la pneumonie ont été rapportées dans un travail important de Hourmann et Dechambre, alors internes à la Salpétrière : Recherches cliniques pour servir à l'histoire des maladies des vieillards (1835). Toujours, il s'agit de personnes âgées ou bien d’aliénés. La malade de l’observation de Hourmann et Dechambre était âgée de 85 ans. Une autre malade citée dans une observation de Fabret rapportée par les mêmes auteurs était une aliénée.
En 1838, Ollivier d'Angers reprenait le même sujet dans des Considérations médico-légales sur la mort subite. Comme celles d'Hourmann et Dechambre, presque toutes ses observations de mort subite dans la pneumonie, concernaient des vieillards. Cependant, 1l cite une observation personnelle, remarquable en ce qu’elle relate la mort subite d’une jeune fille âgée de 22 ans, succombant à une pleuro-pneumonie double et récente.
En {845, la thèse de Crétin : Des maladies qui peuvent occasionner la mort subite, ne faisait que rappeler les observations de Hourmann et Dechambre, de Falret, d'Ollivier d'Angers.
En 1853, Aran dans sa thèse d’agrégation : Des morts subites, apportait de nouvelles données sur la question qui nous intéresse: Après avoir signalé les observations de Hourmann et Dechambre, celles d'Ollivier d'Angers, il citait deux observations originales, l'une relative à un enfant de 4 ans, l’autre à un adulte de 40 ans.