‹ De la Mort Subite dans la PneumonieChapitre 5 sur 12 · NAT · texte numérisé non relu

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Depuis 1853, Charcot nous à fait mieux connaître ces morts Subites dans la pneumonie. Dans ses leçons sur les maladies des vieillards et {es maladies chroniques, il nous à montré comment, par suite d’une sorte d’indépendance de chaque organe, par suite du peu de retentissement d’une affection localisée sur l’ensemble de l’économie, une affection très grave, peut, chez le vieillard, sé manifester par des symptômes pour ainsi dire insignifiants et être cause de mort subite.

Vernet écrit une thèse sur Les morts subites, en 1873 ; il relève Les observations de Hourmann et Dechambre ainsi que celles d’'Aran.

Enfin, à notre époque, M. le professeur Brouardel dans son ouvrage si remarquable La mort et la mort subite, Paris, 1895), remet en lumière, par des observations personnelles de morts subites suivies d’autopsies médico-légales, la question de la mort subite dans la preumonie.

Le travail que nous entreprenons sera un résumé de ce qui à été écrit sur ce sujet jusqu'à ce jour dans notre pays. Les hasards de la clinique nous ont permis d'y ajouter une observation personnelle. Voici le plan que nous nous proposons de suivre : Dans un premier chapitre, nous montrerons comment on meurt habituellement dans la pneumonie. Puis, après une étude très rapide de la mort subite en général, nous décrirons les marches différentes que suit la pneumonie pour aboutir à cette terminaison, finissant par l’étiologie et l'étude des lésions anatomiques. Partant de ces prémices, nous essaierons de donner une explication physiologique de la mort dans cette circonstance. Entin, analysant les symptômes qui peuvent faire craindre une terminaison brusquement fatale dans la pneumonie, nous essaierons

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de décrire le traitement prophylactique qu’il convient de diriger contre cette redoutable éventualité.

De la mort dans la pneumonie.

La mort absolument subite d’un malade atteint de pneumonie dont nous avions pu suivre l’évolution, nous surprit par sa brusquerie, par son inattendu. C'était la première fois qu’il nous était donné d'assister à semblable terminaison de l'affection pulmonaire, aussi, avons-nous recherché si cette mort dans la pneumonie était fréquente, si elle était signalée par les auteurs. De nos recherches, nous avons conclu que la mort subite dans la pneumonie est peu fréquente. Presque toujours, la mort peut être prévue par le médecin, par l'entourage.

Voyons dans ce chapitre quelles sont les modalités habituelles de la mort.dans la pneumonie. La mort peut subvenir : 1° à la période initiale de la maladie ; 2° à la période d’hépatisation. Quelquefois encore, elle survient dans d’autres circonstances. Ce n'est point parce que l’hématose se fait mal, comme dans le cas de congestion accompagnant l’engouement de la première période, ce n’est pas non plus parce que le cœur est trop faible ou l'obstacle trop grand, comme dans l’hépatisation rouge, que la mort survient; cette dernière est due plutôt à une véritable infection généralisée de l’organisme, à une sorte de pneumococcie totale. La mort peut être due également à une complication, c’est d’ailleurs encore une manifestation de l'infection, mais au lieu que cette infection se généralise, qu'elle donne naissance à ce que nous avons appelé plus haut la pneumococcie généralisée, elle se colonise sur un autre:

AR Re organe développant une autre maladie. Dans ce cas, la pneumonie n'est qu’une cause indirecte de mort.

Reprenons en détail chacune de ces modalités de mort dans la pneumonie. Etudions d’abord la mort survenant à la période initiale de la maladie, lorsqu'une congestion pulmonaire généralisée accompagne l’engouement pneumonique. C’est alors; et alors seulement, que le malade meurt par le poumon, car il n’est point besoin de faire intervenir à cette période, l’asthénie cardiaque,. la myocardite, l'infection généralisée, les complications locales et extra-pulmonñaire. Le malade meurt parce que le phénomène de l’hématose ne se produit pas, il a beau respirer largement, faire des inspirations profondes, introduire de l’air dans sa poitrine, il ne peut lutter contre l’asphyxie qui l’envahit, il ne peut réussir à oxyder le sang stagnant dans les capillaires du poumon. Bientôt, il présente les symptômes de l’asphyxie et le faciès caractéristique, et, si un traitement approprié (saignée, ventouses, révulsion énergique), ne vient à son secours, le malade succombe très rapidement par asphyxie aiguë.

La mort peut survenir à la seconde période de l’affection pulmonaire, à la période d’hépatisation rouge. Dans ce cas, comme le dit Jurgensen, (Jurgensen de Vienne, cité par Barth. (Dictionnaire de Dechambre), c'est le cœur qui porte le poids de toute la maladie, c'est lui qui est exposé à succomber si ses forces ne sont pas proportionnées à sa tache. A cette seconde période, la mort peut être causée’ par l'obstacle que le cœur doit surmonter, obstacle trop grand, comme dans le cas de pneumonie très étendue ou massive, ou bien peut être due à l'insuffisance &’un cœur pathologique, atteint d’athérome de myocardite, de déchéance quel-

conque. Qu'un malade ait été atteint d'une affection cardiaque, qu'il aitdes habitudes anciennes d’alcoolisme, et le voilh menacé de mort par insuffisance cardiaque. Dans tous les cas, quelle que soit l'explication que l'on puisse donner sur l’origine de l'insuffisance cardiaque, les effets sont toujours les mêmes. Le cours du sang mal lancé par un cœur. droit affaibli se ralentit dans le poumon déjà engorgé. Le cœur gauche reçoit une quantité de sang moindre qu’à l’état normal, ce sang est de plus altéré par suite du défaut ou de l'insuffisance de l’hématose. Le fonctionnement des centres nerveux cérébraux et bulbaires se trouve donc compromis. A la stase sanguine pulmonaire, répond une dilatation, une stase dans le ventricule droit. Les veines caves ne peuvent se vider de leur contenu, d’où réplétion des veines périphériques et des capillaires des organes. C’est dans le 1°’ septénaire, vers le 4° ou 5° jour, que se montrent les redoutables symptômes de l’affaiblissement cardiaque. Le pouls devient mou, dépressible, inégal et il n'est pas rare de le voir atteindre 140 et même 160 pulsations par minute. En même temps, lacyanose apparaît, le malade devient livide, les extrémités se refroidissent. Petit à petit, il tombe dans la somnolence, la respiration devient irrégulière et s'accompagne d’un râle trachéal, puis il s'éteint lentement. Il succombe à une asphyxie lente, différant de l’asphyxie aiguë de la mort à la première période, c’est-à-dire à la période d'engouement.

Nous avons vu la mort survenir par le poumon, par le cœur. Dans le premier cas, l’hématose ne peut se produire; dans le second, le cœur faiblissant devant sa tâche ne peut surmonter l'obstacle qu'il a devant lui. Il est une autre façon de mourir dans la pneumonie qui n'est pas due précisément à l'obstacle pulmonaire en

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lui-même, ni à l’asthénie cardiaque; la mort survient par suite de l’affaiblissement, de l'abattement de l'économie tout entière, par le fait d’une adynamie génÉralisée du.système nerveux comme dans les maladies infectieuses. Il y à une pneumonie adynamique comme il y à une fièvre typhoïde adynamique. Dans tous les cas, c'est l’inféction ou une toxi infection qu'il faut incriminer, infection qui à transformé une maladie locale peut-être bénigne en une maladie générale presque toujours maligne. On est en présence de Ia pneumococcie, de la fièvre pneumonique des anciens auteurs, le pheumocoque agissant par lui-même ou ses toxines, comme le staphylocoque dans certaines suppurations. Cette façon adynamique de mourir, se rencontre surtout chez les vieillards, les alcooliques, les surmenés, chez les gens atteints antérieurement à la pneumonie d'une grave affection chronique.

Enfin, on peut voir des malades qui ont échappé à l'asphyxie du début, à l’asthénie cardiaque, à l'adynamie qui semblent en voie de convalescence, dont la défervescence s’est effectuée et qui succombent par suite d'une complication. Après une apyrexie de plusieurs jours, la fièvre reparaît tout à coup, des phénomènes cérébraux graves : céphalée, raideur de la nuque, convulsions, se manifestent tout à coup et la mort arrive en quelques jours par suite d’une méningite. Cette modalité de mort se rencontre quelquefois chez les sujets prédisposés par les antécédents. personnels et héréditaires. Dans tous les cas, là, encore comme dans la terminaison précédente, c'est bien l'infection qui esten cause, mais au lieu de produire une adynamie oénéralisée, elle se localise sur un organe, la lésion de

cet organe étant cause de la mort, la pneumonie n’en étant que la cause indirecte.

Dans le chapitre précédent, nous avons vu comment on meurt habituellement dans la pneumonie. Tantôt la mort est due à un défaut d’hématose, tantôt à l'asthénie cardiaque, à une adynamie générale du système nerveux, à une complication locale. Dans quelques-uns de ces cas, la mort peut être assez rapide, due par exemple à une asphyxie aiguë, mais, quelque prompte qu’elle soit, toujours elle se distingue nettement de la mort subite.

Avant d'aborder la mort subite dans la pneumonie, voyons ce qu'est la mort subite et en quoi elle se différencie de la mort habituelle.

Comme le dit M. le professeur Brouardel, on meurt toujours subitement en ce sens que la cessation de la vie est instantanée, si on juge, comme le font les parents ou les amis, que le moment de la mort est flxé par le dernier soupir ou le dernier battement de cœur. Maïs au point de vue médical, la mort subite est tout autre. La mort subite est une mort qui n’est pas précédce ou qui n’est précédée que pendant un laps de temps excessivement courts de phénomènes morbides inquiétants. Il nous semble que la division de la mort subite et la mort habituelle, doit être basée sur ce fait que l’agonie manque de façon presque absolue dans la première, tandis qu'elle marque, qu’elle signale habituellement dans la seconde, les derniers moments de l'existence. M. le professeur Brouardel, se plaçant au

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