‹ De La Mort Subite Dans Le Cœur GrasChapitre 16 sur 30 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le fait que les gens obèses peuvent mourir subitement est connu depuis fort longtemps ; et les anciens auteurs attribuaient déjà un rôle important à l'accumulation de la graisse autour et à l'intérieur du cœur, comme cause immédiate de la mort dans ces. Cas

Hippocrate, dans ses aphorismes, déclare que « les personnes qui ont nalurellement beaucoup d’embonpoint sont plus exposées à une mort subite que les personnes maigres ».

Gelse parle de la difficulté à respirer qu'éprouvent les obèses, et de la mort subite qui les menace souvent ; mais il est juste de dire qu’il n’attache aucun rôle spécial au cœur dans cet accident.

Kerckring rapporte : que dans le cadavre d’un enfant de 2 ans, extrèmement gras, le cœur paraissait manquer complètement, tant élait grande la quantité de graisse dont il était enveloppé. Cet enfant était mort d’un accès de suffocation, et cette fin, ditil, s'explique facilement.

Elimuller s'exprime ainsi: « Je dois faire remarquer que la polysarcie, quelque fréquente qu’elle soit, surtout parmi les enfants,est cependant négligée. Les parents eux-mêmes se réjouissent de voir leurs enfants gros et frais, mais leur joie n’est pas

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de longue durée, parce qu'ils sont enlevés par une mort subite, dont on attribue ordinairement la cause aux vers. Mais si l’on ouvre le cadavre de ces enfants, loin de trouver des vers, on ne rencontre qu'une grande abondance de graisse dans le péricarde, le médiastin ou ailleurs, qui en diminuant le volume des poumons et du cœur, empêche le libre exercice de ces organes et amène une mort rapide. »

Portal dit avoir ouvert ou fait ouvrir le cœur de quelques personnes mortes d’apoplexie, dont on a attribué la cause à un excès de graisse avec d'autant plus de vraisemblance qu’on n’en connaissait point d’aulre, et que la graisse dans ces sujets était en quantité énorme à l’extérieur comme à l’intérieur.

Lancisi range le cœur gras parmi les causes de la mort subile. Il cite le cas d’un homme âgé mort en quelques jours d’une attaque d’apoplexie, et dont le cœur était si couvert de graisse, qu’on n’apercevait aulre chose qu'une masse graisseuse.

Maccary dit également que la mort subite est une des terminaisons les plus fréquentes de la polysarcie.

Wadd raconte même « qu’il arrive souvent que l’accumulation de la graisse autour du cœur et dans certaines parties externes devient si grande, qu’elle peut occasionner une mort subite, sans qu’on ait pu remarquer une apparence notable d’embonpoint.

De Sénac, dans le chapitre où il s'occupe de la graisse, qui s’accumule en trop grande quantité autour du cœur, dil: « que les inconvénients qui résultent de ce volume de graisse se montrent d'eux-mêmes. On voit d’abord qu'il est difficile, que le cœur chargé d’un tel fardeau, se transporte de droite à gauche et de gauche à droite; que ses parois étant pressées ne peuvent s’écarter de leur centre; que ses dilatations sont par

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conséquent presque impossibles ; que ses contractions deviennent fréquentes, petites et irrégulières ; et il donne l’observation suivante : Une femme était sujette à des élouffements, le pouls était fréquent, petit et irrégulier ; un jour que ces accidents paraissaient calmés, elle mourut subitement ; l’on crut que la cause de la mort était une hydropisie de poitrine, mais l'ouverture du cadavre démentit cette idée; la graisse qui était amoncelée sur le cœur y étouffa le principe de la vie.

Par contre Corvisart, rappelant plusieurs des exemples cités précédemment, dit n’en avoir observé lui-même aucun fait personnel, et parlant de la surcharge graisseuse du cœur il dit: «Je n’ose me prononcer que cet état fût pathologique, c’est-àdire porté au point de déranger constamment, et à un point qui fût maladie, la fonction de l'organe » ; mais cependant il ajoute plus loin : «Je ne doute aucunement, que quand l'accumulation est portée au point où on la voit dans les observations que je viens de rapporter, elle ne doive être considérée comme la cause de la mort, et quelquefois même de la mort subite.

Laënnec ne semble pas admettre la possibilité de la mort subite dans cette affection. « Je crois, dit-il, qu'il faudrait que l’adipose cardiaque fût extrême pour produire quelque accident grave », el ailleurs « il semblerait assez naturel de penser qu’une semblable disposition dût occasionner fréquemment la rupture du cœur, cependant je n’ai jamais vu l'accident dontil s’agit arriver par cette cause ». |

C’est à la même opinion que se range Aran. « La théorie paraissait indiquer, que le remplacement du tissu museulaire par du tissu adipeux, et l’amincissement des parois qui en est la conséquence, devaient favoriser la rupture du cœur; l’expérience n'a pas confirmé celle idée théorique, et bien qu’on ail

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