‹ De La Mort Subite Dans Le Cœur GrasChapitre 6 sur 30 · ASIE · texte numérisé non relu

ASIE

forte proportion que sur des points bien déterminés de la surface du cœur : 1° les sillons inter-auriculo-ventriculaires ; 2° les sillons inter-ventriculaires; 8° le bord droit du cœur avec une petite portion des régions adjacentes de la face antérieure et de la face postérieure du ventricule droit » (Letulle) (1).

Sur le ventricule gauche, le tissu graisseux se rencontre uniquement le long des ramifications vasculaires qui se détachent des sillons ; il en est de même pour les oreillettes. Par contre la graisse recouvre une grande partie de la surface du ventricule droit, et s’accumule principalement au niveau de la base, du bord droit et de la pointe de ce ventricule. D’où il résulte « que le cœur droit d’un adulte ne laisse apercevoir à l’état normal qu’une petite partie de son myocarde : en avant sur une étendue de 3 à 4 centimètres carrés, vers la région moyenne de la face antérieure ; en arrière au niveau de la partie moyenne de laface postérieure, sur une étendue un peu plus grande ».

« Normalement à l'ouverture des cavités cardiaques, on constate deux choses : l'absence de graisse au-dessous de l’endocarde, la pénétration de pelotons adipeux dans l'épaisseur du myocarde ventriculaire droit ; toutefois cette infiltration du muscle par la graisse est discrète ; elle permet, par exemple, une mensuration très exacte de l’épaisseur du muscle ventriculaire, abstraction faite (comme nous l'avons dit au commencement) de l'épaisseur de la couche, bien distincte, de la graisse sous-épicardique. »

« Cette couche graisseuse pour donner un chiffre à peu près constant, mesure sur un cœur sain, vers le milieu du bord droit du ventricule droit, une épaisseur au moins égale à celle des

(1) Leruzce, Anatomie pathologique. Cœur, Vaisseaux, Poumons, 1891,p.66,

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couches musculaires : 5 millimètres. Lorsqu'elle atteint 1 centimètre, on peut affirmer l'obésité du cœur » (Letulle).

Tissu conjonctif du cœur. — Le myocarde est compris entre deux séreuses, l’épicarde et l’endocarde ; de ces deux vastessurfaces conjonctivo-élastiques partent les tractus fibreux, qui en se divisant et s’anastomosant, forment la charpente du myocarde. Depuis les travaux de Robin (1), Pelvet (2), Letulle (3) et surtout de Ranvier (4), la disposition du tissu interstitiel du cœur est parfaitement connue. On y distingue: les grandes travées conjonctives, grands espaces interstitiels, formés de tissu conjonctif assez dense, contenant les vaisseaux artériels de calibre, accompagnés de nerfs et d'une ou plusieurs veinules et pénétrant plus ou moins profondément dans la paroi sans atteindre cependant l’endocarde ; les moyens espaces, espaces péri-fasciculaires, contenant un tissu moins dense, accompagnant les artérioles et présentant souvent la coupe d’un ou plusieurs capillaires sanguins ; les. petits espaces, espaces inter-fasciculaires, représentés par les minces réseaux de tissu conjonclif interposés au plus grand nombre des faisceaux primitifs groupés ou non en faisceaux secondaires.

Les fibres myocardiques, dépourvues de sarcolemme, sont en effet contenues dans ces mailles délicates de tissu cellulaire, laissant entre elles des fentes connues sous le nom de fentes de Henle, recouvertes d’un endothélium spécial d’après Eberth, ne possédant pas au contraire cet endothélium d’après Renaut, et ne pouvant, par conséquent, être considérées comme de vé-

(1) Rois, Dict. des sciences médicales, tissu musculaire.

(2) Peuver, Anévrysmes du cœur, thèse de Paris.

(3) LeruLce, Hypertrophies cardiaques secondaires, thèse de Paris, 1819, (4) Ranvier, Leçons d'anatomie générale sur le système musculaire, De-

lahaye, 1880.

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ritables vaisseaux lymphatiques, mais n’en étant: pas moins cependant les premières voies où circule la lymphe. Tout l’espace laissé libre dans le cœur, entre les faisceaux musculaires et les vaisseaux sanguins, est lymphatique ; et suivant l'expression de Ranvier « le cœur des mammifères n’est qu’une vaste éponge lymphatique ». Sous la séreuse péricardique au contraire, rampent les véritables vaisseaux lymphaliques.

$ 2. — Adipose cardiaque.

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