‹ De La Mort Subite Dans Le Cœur GrasChapitre 7 sur 30 · ÉTUDE MACROSCOPIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE MACROSCOPIQUE

Dans le chapitre qu’il consacre à la dégénérescence graisseuse du cœur dans son immortel traité de l’auscullation médiate, Laënnec a donné une description magistrale de cette première forme d’altération graisseuse du cœur. Il avait bien vu les points où la graisse s’accumule à la surface du cœur, lorsqu’elle prend une extension telle qu’elle devient pathologique ; il avait remarqué aussi sa pénétration possible à l'intérieur de la paroi myocardique, et l'énorme développement qu’elle acquiert dans cértains cas dans le médiastin au-devant du cœur. Bien qu'en effet, l'obésité puisse rester localisée au cœur, et que l’adipose cardiaque se rencontre parfois chez des malades profondément amaigris, comme les phlisiques par exemple ;le plus souvent, au contraire, le cœur gras s'accompagne de polysarcie généralisée. On trouve ordinairement dans ces cas, un dépôt de graisse sous-cutané et péri-viscéral extrêmement abondant. Dans le tissu sous-cutané de la paroi abdominale notamment, le tissu adipeux prend souvent un dévelop-

pement excessif ; le mésentère, les épiploons, le pourtour des

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reins sont surchargés de tissu cellulo-adipeux. Dans le médiastin antérieur, au-devant du péricarde, cette graisse, en grande abondance, pousse devant elle la plèvre, et recouverte de celte membrane, vient faire saillie dans sa cavité sous forme d’appendices ou de franges irrégulières qui ont « une ressemblance grossière, mais assez exacte, avec la crête d’un coq » (Laënnec).

Par suite du développement excessif de la graisse autour des organes abdominaux, qui amène le refoulement du diaphragme et de l'accumulation du tissu adipeux, dans la partie inférieure du médiastin ; le cœur est lui aussi refoulé en haut; sa pointe tournée en dehors et à gauche vers l’aisselle, et on le trouve couché horizontalement sur un véritable coussinel adipeux.

Le cœur surchargé de graisse est toujours augmenté de volume et de poids ; il peut même acquérir parfois un poids énorme. M. Barié (1) donne les chiffres de 610 grammes et de 548 grammes, qu'il a rencontré deux fois ; nous avons eu nousmême l’occasion d'observer un fait, où le cœur pesait 515 gr. ; il est juste de dire que chez cet individu, il ne s'agissait pas d’adipose cardiaque simple, mais de surcharge graisseuse accompagnant une myocardite chronique hypertrophique. C'est dans ces cas de lésions complexes que l’on peut trouver des cœurs d’un poids très élevé, mais la véritable adipose cardiaque, sans lésions autres du côté de la paroi musculaire que celles déterminées par le dépôt de graisse interslitielle, ne donne pas lieu à un cœur très pesant; car tout vrai cœur gras est un cœur dilaté et atrophié, à parois molles et flasques.

L’accumulation de la graisse à la surface du cœur, peut être

(1) Barié, Polysarcie du cœur. Semaine médicale, 1894,

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