‹ De la mort subite dans ses rapports avec les glandes à sécrétion interne: Étude médico-légaleChapitre 16 sur 41 · II. — Substance corticale · texte numérisé non relu

II. — Substance corticale

1° Elle a un rôle marqué sur le développement des organes sexuels ;

2° Elle contient de la choline, substance excitante du parasympathique ;

3° Elle est un centre de production des lipoides (lécithine et chciestérine surtout) ;

4° Elle a un certain pouvoir de neutralisation des poisons provenant du travail musculaire. Du reste, elle s’hypertrophie ai cours de certaines auto-intoxications ou états tels que la

grossesse.

Rappelon enfin ces deux notions fondamentales : 1° Les glandes surrénales sont indispensables à la vie; 2° Il faut au minimum le onzième du poids total des glandes pour assurer la vie. (Loi de Langlois.)

PATHOLOGIE

Comme les autres glandes à sécrétion interne, les capsules surrénales peuvent présenter, sous des influences diverses, de l’hypo ou de l’hyperfonctionnement.

L'hyperépinéphrie se traduira histologiquement par une hyperplasie des cellules corticales, qui prennent un aspect hypercrinique de spongiocytes ; il y augmentation du pigment de la couche réticulée, et une hyperplasie nodulaire des cellules de la couche glomérulaire.

Cet hyperfonctionnement, au point de vue clinique, donne de l’hypertension artérielle, de la céphalée, des troubles auriculaires, (vertiges, bourdonnements), des troubles oculaires (amaurose, glaucome), une aphasie transitoire, et peut même parfois occasionner la mort subite. C’est Josné surtout qui a étudié ce syndrome surréno-vasculaire caractérisé par de l'hypertension artérielle, de l’artério-sclérose, de l’hypertrophie cardiaque, de la glycosurie passagère, et de l’œdème aigu du poumon.

Dans l’hypoépinéphrie, les cellules corticales diminuent de volume, l'aspect spongiocytaire disparaît; le protoplasma est homogène, le noyau devient petit et opaque. Les symptômes principaux sont l’asthénie par perte de la fonction myotonique, et l’hypotension artérielle, par perte de la fonction angiotonique; il y a aussi des troubles digestifs: anorexie, vomissements, diarrhée, faisant penser à des attaques cholériformes ou à une intoxication grave.

L’apparition et les formes symptômatiques de l'insuffisance surrénales sont conditionnées par le degré de la destruction glandulaire, et l’évolution plus ou moins rapide des processus dégénératifs.

Dans la forme lente chronique, avec mélanodermie (mala-

die d’Addison), ou sans mélanodermie, l’évolution peut se faire en six mois ou un an, ou bien revêtir brusquement la forme aiguë, sous l'influence d’une cause occasionnelle quelconque et se terminer par la mort subite. Nous reviendrons -sur ces faits.

Dans la forme aiguë d'emblée, la mort subite ou rapide s’observe souvent, déclanchée par une destruction brutale du parenchyme capsulaire, intact auparavant ou déjà altéré chroniquement, sans signes préalables, elle est précédée de symptômes qui rappellent parfois ceux d’une véritable intoxication : douleurs abdominales intenses, sueurs froides, hypothermie, vomissements, collapsus, coma (forme cholérique). Il y a des formes pseudo-appendiculaires, ou encore des manifestations encéphalopathiques avec convulsions (chez le nourrisson surtout). Sergent a aussi décrit une forme méningitique, Arnaud le syndrome surrénal apoplectiforme, rappelant l’ictus apoplectique. Laignel Lavastine a étudié la forme confusionnelle, prenant les allures de la confusion mentale.

On a encore décrit une forme cardiorvasculaire, où l’hypotension domine, avec tachycardie, arythmie, refroidissement et cyanose des extrémités, vertiges; la mort survient alors par arrêt brusque du cœur, ou par syncope.

Enfin il y a des formes suraiguëés, particulièrement intéressantes pour le médecin légiste. |

Un sujet jusque là bien portant en apparence, présente brusquement du coma-et succombe. C’est la forme foudroyante

de Sézary.

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