OBSERVATION XII
Mort par rupture d’un anévrisme de l'artère basilaire. (SPILLMANN : Bull. Soc. Anat. de Paris, 1886.)
C.., garçon meunier, âgé de 27 ans, a contracté A syphilis en Algérie il y a six mois. Il n’a suivi aucun
traitement interne et revient en Lorraine dans un état lamentable: c’est un grand garçon blond, lymphatique
mais bien bâti et qui jouit habituellement d’une excel-
lente santé. Ses parents sont vivants et bien POLE
Pas d’antécédents alcooliques.
Ce malade est anémié, pâle, affaibli: face et le corps sont couverts de syphilides à larges papules. Alopécie très prononcée, par, îlots. Syphilides Due géni-
tales et anales.
Traitement par les frictions mercurielles : le node prend ensuite de l’iodure de potassium. Les accidents
pâlissent, les forces se relèvent, C... habite un village
Fee)
isolé et suit bientôt les conseils des rebouteurs du pays: il cesse tout traitement. ae :
Le 15 juillet, la céphalée, qu’il avait depuis le début du mois ainsi que de la somnolence, devient plus intense;
le malade est pris de vomissements et se plaint d’étour-
dissements et de vertiges, Son père le trouve dans sa
| chambre, étendu sur son lit sans connaissance, la face
congestionnée, la respiration stertoreuse.
On appelle alors le médecin, mais il ne reprend pas
connaissance et succombe pendant la nuit. ;
La mort a eu lieu onze mois après l’apparition du chancre SpA, ne
AUTOPSIE. — À l'ouverture du crâne on constate un épanchement sanguin sous-arachnoïdien abondant. L’artère basilaire présente une dilatation anévrismale avec orifice de pénétration irrégulière, de 1 millimètre de diamètre environ, sur sa partie latérale. Les [DATA des artères de la base sont épaissies.