‹ De la mucocèle du sinus frontal à évolution orbitaireChapitre 15 sur 21 · D CHE · texte numérisé non relu

D CHE

Au toucher, on ne perçoit pas de différence entre le bord supérieur de l'orbite gauche et celui de l'orbite droit.

La tuméfaction est distendue et fluctuante. En la comprinant dans les différents points de sa surface on ne provoque pas d'écoulement de liquide, ni par le nez, ni par le canal lacrymal.

Deux jours après l’entrée de la malade, on fait une incision comme pour ouvrir le sac lacrymal. On voit alors sortir une quantité notable de liquide, à peu près une cuillerée. Le liquide est blanchâtre, muqueux, visqueux, inodore.

On introduit une sonde dans la direction du canal nasal, il est trouvé ouvert. En poussant la sonde vers la paroi supérieure de l’orbite on sent une dilatation sacciforme.

On fait un lavage au sublimé faible, de la poche et du canal nasal, on bourre le sac de coton imbibé de sublimé et on fait un pansement compressif monoculaire.

Le lendemain, même traitement et en faisant une irrigation avec la seringue de Hanel, nous voyons sortir une quantité plus considérable du même liquide blanchâtre, muqueux, inodore, plus dense. on

Le lendemain et les juurs suivants, la sécrétion blanchâtre se répéta de telle sorte que la masse de liquide évacué paraissait nettement ne pouvoir pas être contenue dans la poche. On fit alors un sondage dans toutes les directions, en haut et à droite, c’est-à-dire en dedans ; on rencontra un orifice qui mettait la poche en communication avec le sinus frontal.

On fit alors passer par ce trou un drain de caoutchouc désinfecté qui fut laissé en communication avec l'extérieur par son autre extrémité. Par ce tube, on fit des lavages abondants, puis un pansement. Pendant les irrigations, la malade sentait le passage du liquide dans le sinus frontal.

Le tube reste deux mois, renouvelé de temps en temps, tous les matins lavages. La sécrétion qui, les premiers jours, était abondante, peu dense, floconneuse devient plus jaunâtre et plus liquide, comme mélangée de pus, la quantité était

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variable, un jour beaucoup, le lendemain peu. Enfin, elle devint blanche, dense, transparente, peu abondante. On enlève le tube et on laisse faire la cicatrice (1er mars 1887).

La malade reste jusqu’au 21 mars, et pendant ce temps la plaie se ferme,on ne peut introduire que le bec d’une seringue à irrigations. Pendant les lavages, il sortait par le nez du mucus transparent et l'eau du lavage. La malade, qui avait quitté l'hôpital le 21 mars, revint de temps en temps à l'hôpital, il restait un petit orifice par lequel s’écoulait un peu de matière jaunâtre, puis une simple larme.

Tant qu'a duré la maladie, les sensations de pesanteur et d’engourdissement ont persisté ; mais elles ont disparu après la fermeture de la plaie. <

Mars 1890. On revoit la malade. Dans la région du sac lacrymal, au-dessous du tendon direct de l’orbiculaire, dépression de deux millimètres et fistule capillaire, passant au-dessus du tendon. En appuyant, on fait sortir une gouttelette de liquide muqueux.

Les arcades sourcilières sont exactement semblables à droite et à gauche. Le cours des larmes est normal. La narine gauche fournit un peu plus de mucus que la droite. La malade va bien et se livre sans fatigue aux travaux de son métier.

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