De la myopie monolatérale
La myopie monolatérale n'a pas fait jusqu'à ce jour l'objet de travaux spéciaux. Les auteurs, qui ont traité de la myopie, ont englobé indistinctement dans une même description les cas de myopie monolatérale et ceux de myopie bilatérale. Ils ont attribué aux uns et aux autres les mêmes causes etles ont considérés comme lerésultatd'uneévolution morbide identique.
Nous avons pensé qu'il serait intéressant de faire une étude à part de la myopie monoculaire, persuadé qu'elle nous conduira à des considérations destinées à ouvrir un champ d'études que d'autres, plus compétents que nous, pourront approfondir.
Notre but, en abordant ce sujet, est d'exposer les faits que M. le Docteur Georges Martin a mis k notre disposition et de tirer les conclusions qui nous paraîtront résulter du rapprochement et du groupement de ces faits.
Nous passerons successivement en revue, après avoir donné quelques notions générales^ les résultats fournis par nos observations en ce qui concerne la fréquencedela myopie monolatérale, celle des degrés myopiques, l'âge, le sexe, l'œil le plus souvent atteint, puis nous aborderons l'étude de
l'astigmatisme cornéen, de la différence dans ledegté dioptrique qu'il présente dans les deux yeux, de sadirection, du degré d'angle qu'il forme avec celui du congénère ; enfin nous consacrerons plusieurs paragraphes auxquels correspondront les titres suivants: astigmatisme subjectif, surcorrection et augmentation, rayon de courbure, croissants, acuité, strabisme, taies ; nous terminerons par quelques considérations étiologiques et théoriques sans parler du traitement sur lequel nous n'avons rien de particulier à dire que ce qui se trouve décrit dans tous les traités classiques à l'article anisométropie.
Avant d'entreprendre ce travail, nous tenons à exprimer toute notre gratitude à M. le docteur Georges Martin, qui a bien voulu nous faire bénéficier de ses laborieuses recherches et nous aider largement de ses conseils éclairés. Si cette modeste étude a quelque mérite nous sommes heureux de lui en rapporter tout l'honneur.
Nous ne voulons pas oublier non plus nos maîtres de la faculté de Bordeaux pour l'intérêt qu'ils nous ont témoigné pendant le cours de nos études médicales.
Que M. le professeur Panas reçoive ici le témoignage de notre plus vive reconnaissance pour l'honneur qu'il nous fait en acceptant la présidence de notre thèse.