‹ De la myopie monolatéraleChapitre 13 sur 20 · Rayon de courbure (p · texte numérisé non relu

Rayon de courbure (p

De même que pour l'astigmatisme, l'instrument de Javal rend pour la recherche du rayon de courbure d'immenses services ; mais nous ferons remarquer, après Nordenson, que les résultats fournis par cet aphtalmomètre sont moins précis en ce qui concerne la mesure de la cornée que pour la mensuration de l'astigmatisme. Les chiffres relatifs à la courbure sont notablement trop faibles quand l'observateur ne sait pas mettre son accommodation au repos.

Au début de cette étude, nous nous sommes demandé si le rayon de courbure présentait des différences selon les diverses catégories de myopies, et, en outre, s'il était le même pour l'œil myope et pour son congénère. D'après les examens de Mauthner, Nordenson et Schiôtz, la moyenne des rayons de courbure serait généralement d'un chiffre moindre chez les myopes que chez les hypéropes et les emmétropes.

Ce qui nous a donné l'idée de la première recherche, c'est la lecture d'une phrase de M. Stilling (1) qui prétend, d'une

(1) Genèse de la myopie. Société ophtalmologique d'Heidelberg. 1886. Ann. ocul., t. 97, p. 86.

part, que dans les myopies faibles (de 1 à 1,50 D) le p serait plus grand, et plus petit dans les myopies moyennes (de 3 à 4 D), et, d'autre part, que les myopies au-delà de6 et 7 dioptries seraient des hydrophtalmies. Il est présumable que, si certains yeux myopes sont hydrophtalmiques, le segment antérieur comme le postérieur participe à la dilatation et que, partant, la cornée doit oârir un p moins courbe. Quand il s'agit d'un œil sans astigmatisme, il n'y a pas de difficulté pour savoir ce qu'on entend par rayon de courbure de la cornée. Celle-ci étant symétrique^ iljne peut y en avoir qu'un seul ; mais, lorsqu'il y a de l'astigmatisme, on trouve autant de rayons de courbure qu'il y a de méridiens. Ce n'est pas le rayon de la plus faible courbure qu'il faut envisager, comme malheureusement les auteurs l'ont fait jusqu'ici, mais bien l'intermédiaire entre le maximum et le minimum.

Pour avoir ce rayon intermédiaire, nous avons soustrait du rayon le plus grand le rayon le plus faible, et la moitié de la différence ajoutée à ce dernier donne le chiffre cherché. Ainsi, supposons qu'on ait rencontré verticalement un rayon de 7,50 milli. et" horizontalement un rayon de 8, la moitié de la différence de 0,50 ajoutée à 7,50 donne comme rayon intermédiaire 7,75.

Nous procéderons ici comme précédemment, c'est-à-dire que nous examinerons en particulier chaque catégorie de myopie et nous nous bornerons à donner dans les six tableaux qui vont suivre uniquement le rayon de courbure de l'œil myope.

10 Myopies inférieures à 1,50 D (24 p recherchés).

Nombre de cas /îen millim. Nombre do cas /jon millim.

Comme on le voit, tous les rayons de courbure de cette catégorie sont compris entre 7,20 et 8,10 et présentent par conséquent un écart de 0"^'",90. La moyenne du rayon de courbure de ces yeux myopes, obtenue en additionnant les 24 rayons trouvés, est de 7,64. Si l'on compare cette moyenne à celle fournie par les yeux non myopes de la catégorie, on constate qu^il n'existe pour ainsi dire pas de dijSérence, car nous arrivons pour ces derniers au chifîre de 7,61.

Bien que cette moyenne soit sensiblement égale, nous n'avons rencontré que 14 cas (58,3 0/0) où les rayons de courbure des deux yeux d'une même personne étaient égaux; dans 10 cas (41,7 0/0) ces mêmes rayons étaient inégaux.

Toutes les différences signalées par l'instrument de M. Javal nous donnent les résultats suivants : 8 fois, d'une façon générale, le rayon de courbure était plus petit du côté myope et 2 fois plus grand du côté de ce même œil. Voici dans quelles limites :

^ plus petit plus grand

5 fois de 0,05 1 fois de 0,10

Lorsque la différence entre les rayons de courbure intermédiaire de chaque œil ne dépasse pas 0,05 (ce qui correspond environ à 1/4 de dioptrie d'astigmatisme) nous avons considéré les rayons des deux yeux comme égaux ; car, malgré la précision de l'instrument de Javal et Schiotz, on ne peut affirmer un différence inférieure au chiffre indiqué. Il est bien difficile, même avec une différence de 0,05, de ne pas considérer les rayons comme égaux, si l'on veut bien tenir compte du nombre d'yeux examinés atteints de loucherie, de taies ou d'amblyopie. Dans de telles conditions, un examen précis offre la plus grande difficulté, et, plus d'une fois, M. G.Martin, voulant déterminer d'une façon aussi exacte que possible le p d'un œil amblyope, arrivait fréquemment à trouver des chiffres différant de 0,05 à 0,10 et ce n'est que par des moyennes qu'il a pu établir le chiffre probable représentant le p intermédiaire.

Dès lors, si nous considérons comme ayant le même p, les 6 cas du tableau précédent, où l'écart n'est que de 0,05, ce n'est plus 58 0/0 de cas égaux que nous aurons, mais bien 79 0/0 et 21 0/0 seulement pour les cas présentant de l'inégalité entre le c de chaque œil.

Comme il importe de rechercher les particularités qui accompagnent les écarts trouvés, particularités qui peuvent constituer les raisons mêmes de ces écarts, nous croyons convenable de nous occuper seulement des cas où la différence atteint un chiffre tel qu'il ne puisse être considéré

comme le résultat d'un examen défectueux. Pour ce motif, nous ne relaterons que les observations dans lesquelles l'écart des 2 p atteint 0,15.

Le seul cas qui doive nous arrêter dans la première catégorie, est relatif à une jeune fille présentant à droite un astigmatisme de 0°±:0,75, àgauchedel,50°±:2,25. La myopie était à droite de 0,75 D, de 7,45 et l'acuité de 1/1. 11 n'y avait pas de staphylôme. C'était, comme l'atropine l'a démontré, un cas de myopie spasmodique.L'œil venait d'être le siège, quelques semaines avant l'examen, d'une kératite phlycténulaire qui a pu modifier le rayon de courbure et provoquer le spasme myopique.

2° Myopie de 1,50 à 3 D. (35 p recherchés).

Nombre de cas p en millim. Nombre de cas p en millim.

Tous les rayons de courbure de cette catégorie sont compris comme l'indique le tableau entre 7,30 et 8,90, soit un écart de 1,50. La moyenne de ces 35 rayons est de 7,65. Un semblable tableau, dressé pour l'œil non myope, mais

non reproduit, nous a donné une moyenne de 7,70. Ces chiffres sont assez significatifs; ils le deviennent davantage, si l'on se rappelle qu'il convient de ne pas tenir compte d'une difîérence de 0,05. Il en résulte que les yeux myopes et les non myopes de cette catégorie présentent une égalité de p. En analysant les cas séparément nous n'avons rencontré que 18 cas (51,4 0/0) de rayon identique et 17 cas (49 0/0) de rayons inégaux. Si nous passons en revue ces derniers, nous trouvons 13 cas où le rayon de courbure de l'œil myope est plus petit et 4 cas où il est plus grand du côté de ce même organe.

Si nous ne tenons pas compte des cas où la différence est seulement de 0,05, pour les raisons que nous avons données, nous aurons en réalité 26 cas égaux (74 0/0) et 9 cas inégaux (26 0/0).

Parmi ces 9 cas^ 3 nous paraissent mériter une mention spéciale.

Dans le premier, il s agit d'une malade ayant à droite une astigmatisme de 0°±il ; à gauche, de 0°±:0,50. La myopie était à gauche de 1,75 D, p de 7,46, l'acuité de 2/3. Il n'y avait pas de staphylôme. Cet organe était le siège d'une contraction surcorrectrice.

Le deuxième se rapporte à une dame âgée de 47 ans dont l'œil droit présentait un astigmatisme de 55°itzl, et l'œil

p plus petit

p plus grand

6 fois de 0,05 5 — 0,10 2 — 0,15

2 fois de 0,05 1 — 0,10 1 — 0,15

gauche de 45°zbl,25. La myopie était à droite de 2,5 D, le P de 7,65, pas de staphylôme. Cette malade a eu, dans sa jeunesse, de 8 à 14 ans, une kératite double qui n'a sans doute pas peu contribué à rendre inégaux les rayons de courbure des deux yeux.

Dans le troisième cas, relatif à la différence en plus de 0,15 du côté myope, il s'agit d'une malade âgée de 32 ans ayant à droite 40°±:1,75 d'astigmatisme età gauchel40°zb2. La myopie était à gauche de 1,50, le p de cet œil était de 7,34, l'acuité de 1/10, pas de staphylôme. A l'âge de 6 ans, elle a fait une chute sur la tempe gauche, et, à l'âge de 10 ans, elle a eu une pleurésie localisée du même côté. Le traumatisme sur la tempe a exercé probablement une influence sur l'œil du côté correspondant et a pu faire naître un spasme, cause de myopie.

30 Myopies de 3 à 6 D (41 recherchés)

Nombre de cas p en millim. Nombre de cas p en millim.

Dans ce tableau, le rayon de courbure le plus faible et le rayon le plus fort diffèrent de 1,75.

La moyenne des rayons de courbure de ce tableau est sensiblement la même pour l'œil myope que celle donnée parles yeux non myopes (7,70).

Dans 21 cas (51,2 0/0), le rayon était le même, et, dans 20 cas (49 0/0), il offrait une différence appréciable à l'instrument.

Sur ces 20 cas, 13 fois le rayon de l'œil myope était plus court et 7 fois plus long comme l'indique le tableau qui suit :

En faisant passer les cas où l'écart n'est que de 0,05 du côté des rayons égaux, nous avons 30 cas où le p est le même (73 0/0) et 11 cas (27 0/0) où le p difîère.

Voici les observations des cas où nous avons noté les plus fortes différences.

pplus courts de 0,15. — Chez un enfant de 13 ans, il a

été constaté un astigmatisme à droite de 15°±:0,50 et à

gauche de 15°dzl. La myopie était à gauche et s^élevait à

3,5 D;\gp pour l'œil droit était de 7,66 et pour l'œil gauche

de 7,52, l'acuité de ce dernier organe était de 2/3; pas de staphylôme, ni de taie.

fi plus petit

p plus grand

7 fois de 0,05 1 — 0,10 3 — 0,15 1 — 0,40

2 fois de 0,05

La deuxième observation est relative à une enfant de 12 ans présentant un astigmatisme à droite de 0°±:0,25; à gauche, de 0°±2,25. La myopie localisée sur l'œil gauche était de 4,50 D. Le p était 7,98 à droite et 7,82 à gauche, l'acuité pour ce dernier côté était de 2/5. Pasdestaphylôme. Vers l'âge de 3 ans, la jeune fille a reçu un coup sur l'œil gauche et c'est à ce traumatisme que nous croyons devoir attribuer la myopie sur cette œil.

La troisième se rapporte à une jeune dame de 24 ans ayant à droite un astigmatisme de 20°itl,50 et à gauche de 0°±:2,25. La myopie était à droite de 5,5, le p de 7,68, celui de gauche de 7,82, l'acuité sur l'œil droit de 1 1/2. Croissant

oblique sur l'œil droit.

p plus court de 0,40. - Chez un sujet âgé de 21 ans, il a été observé à droite un astigmatisme de 115^ \ 4, à gauche de 0''±:0,25. La myopie était, à droite, de 5 D, le de 7,18, celui de gauche de 7,58. L'acuité, à droite , était de 2/5. L'infériorité de l'œil droit paraît être due à une ophtalmie contractée pendant l'enfance et qui aurait été, dans ce cas, la cause génératrice du spasme ciliaire conduisant à la myopie

axile. , .

, plus court de 0,55. - Cette différence s'est rencontrée

chez une jeune fille de 20 ans, présentant k droite un astigmatisme de 15» ± 2,25, à gauche de 90» :t 2,25. La myopie étaità droite, de 4 D, l'acuité sur ce même œil de 1/2, le ,de7 37,celuidegauchede7,92.Croissantpapillairemterne.

Sur ce même organe, oeil droit, il existait des vestiges d'une kératite ancienne qui a pu déterminer l'irrégularité des

rayons de courbure.

.plus long de 0.15. - Chez un homme âgé de 51 ans,

on a trouvé à droite un astigmatisme de 0^ 0,25, àgauche de 90° ± 0,25. La myopie siégeant à gauche était de 3,50 D, l'acuité sur ce même œil était de 2/3, Le p de l'œil droit était de 7,48, celui de gauche de 7,63. Croissant papillaire à la partie interne.

pplus longdeOJ5.-Sn]eideâgébO ans, astigmatisme à droite de 0° ± 0,25, à gauche de œ ±. 0,50. Myopie à droite de 3,50 D,pà\i même côté 8,70, celui du côté opposé 7,95, l'acuité de l'œil droit était de 1/1. Sur ce même œil, on a constaté la présence d'un croissant papillaire à la partie interne du nerf. Sur le sourcil droit on apercevait une cicatrice très apparente, trace d'un traumatisme survenu à l'âge de 4 ans.

4" Myopies de 6 à9 D (16 ^ recherchés)

Nombre de cas p en millim. Nombre de cas p en millim.

L'écart entre le rayon le plus petit et le rayon ,1e plus grand est, dans ce tableau, de 1,20.

La moyenne des rayons de courbure, est pour l'œil myope et le non myope de 7,65. Nous avons noté 7 cas (44 0/0) où ils offraient une légère différence et 9 cas (56, 0/0) où ces rayons étaient égaux.

p plus petit

p plus grand

2 fois de 0,05

1 fois de 0,05 1 — 0,15

Si l'on ne tient pas compte descasoùrécartn'estque0,05, nous avons douze cas égaux (75 0/0) et seulement 4 cas inégaux (250/0).

Le rayon plus long de 0,15 a été trouvé chez un malade âgé de 19 ans n'ayant pas d'astigmatisme à droite et présentant à gauche un astigmatisme de 135° =t 0,50. La myopie était, à droite, de 6 D, le /s pour cet œil était de 7,35, celui de gauche de 7,20. Vers l'âge de 12 ans, le jeune homme fut atteint de congestion pulmonaire qui aurait porté spécialement sur le côté droit. C'est à partir de ce moment qu'il aurait commencé à voir moins bien de son œil droit. Nous devons ajouter que l'hérédité n'était sans doute pas étrangère à sa myopie, car son père et sa mère étaient myopes et son frère avait, lui aussi, une myopie monoculaire.

5° Myopie de 9 à l2 D. (9 p recherchés).

Nombre de cas

p en millim.

Nombre de cas

p enmillim.

Pour cette division myopique, le rayon le plus petit de 7,30, le grand de 8,40, soit une différence de 1,10.

' La moyenne est encore la même pour l'œil myope et l'œil non myope, soit 7,70. Nous trouvons 7 cas où l'inégalité est de 0,05. Il y a donc 2 cas égaux {22,2 0/0), mais la difîérence qui sépare les cas inégaux des cas égaux est trop minime pour que nous ne les considérions pas tous comme tels , la proportion deviendrait donc 100 p. 100.

6° Myopies supérieures à 12 D (15 /o recherchés).

Nombre de cas p en millim. Nombre de cas p en millim.

Le plus petit rayon est de 7,15 et le plus grand de 8,05, la différence est donc de 0,90.

La moyenne des rayons de courbure est ici de 7,65 pour l'œil myope et de 7,70 pour le non myope.

Dans 11 cas (74 0/0), le p est inégal. Il nous reste 4 cas seulement (26 0/0) où les rayons sont semblables. En ne tenant pas compte des 5 cas avec écart de 0,05 qu'indique le tableau suivant :

p plus petit p plus grand

4 fois de 0,05 1 fois de 0,05

on trouve en réalité 9 cas égaux (60 0/0) et 6 cas inégaux (40 0/0).

La seule observation où le rayon de courbure moyen des deux yeux présente une différence de 0,15 se rapporte à un jeune homme présentant, à droite, un astigmatisme de 20°±:4 et à gauche de 0°±:0,75. La myopie était à droite de 20, le rayon de courbure du même côté de 7,45, celui de gauche de 7,30. L'acuité de l'œil droit était de 1/10. Il existait sur ce dernier œil une taie, un croissant papillaire vertical et une loucherie interne.

Si nous réunissons les conclusions partielles qui accompagnent les 6 tableaux précédents nous voyons :

1° Que les rayons de courbure des deux yeux d'une même personne se sont montrés égaux dans 48,5 0/0;

•2' Que les cas égaux sont plus fréquents dans les myopies au dessous de 6 D (53 0/0) qu'au dessus (37 0/0);

3° Que, si nous faisons figurer au nombre des cas égaux les écarts de 0, 05, leur proportion devient égale à 75 0/0, avec une légère prédominance des cas égaux dans les myopies au-dessus de 6D: 78,30/0 pour ces dernières et 75,4 0/0 pour les myopies au-dessous ;

4° Que, cette élimination faite, les écarts de 0,10 entre les rayons des deux yeux sont de 15,6 0/0; ceux de 0,15 de 7 0/0, et ceux supérieurs à 0,15 (allant de 0,40 à 0,75)

de 2,1 0/0 des cas ;

5° Que le rayon de courbure s'est montré plus court dans 16,7 0/0, des cas du côté de l'œil myope d'une quantité variant entre 0,15 et 0,55;

6° Que le rayon de courbure s'est montré plus long dans

8,1 0/0 des cas, toujours du coté de l'œil myope, d une quantité allant de 0,10 à 0,75;

7° Que les 3 rayons de courbure d'un écart supérieur à 0,15 se sont tous rencontrés dans les myopies de 3 à 6 D (2 fois contribuant à diminuer le p de l'œil myope de 0,40 et de 0,55, une fois l'augmentant de 0,75);

8° Que les rayons plus courts de 0,10 et au-dessus, du côté de l'œil myope, ont une proportion à peu près égale dans les myopies au-dessous de 6 D (16 0/0) que dans celle au-dessus (17,50/0);

9° Que les p plus longs de 0,10 et au-dessus, du côté de rœil myope, sont un peu plus fréquents dans les myopies au-dessous de 6 D (9 0/0) que dans celles au-dessus (7,50/0);

10° Que les phénomènes ayant accompagné le plus souvent les écarts à partir de 0,15 sont les suivants: 1 fois, surcorrection; 2 fois, un défaut de symétrie dans la direction de l'astigmatisme; 2 fois, traumatisme du sourcil ou de la tempe; 1 fois, traumatisme direct sur l'œil; 5 fois, des lésions cornéennes. Dans deux observations, il n'est pas fait mention de phénomène concomitant, ce qui ne veut pas dire qu'il n'en existait pas.

En jetant les yeux sur l'ensemble des rayons de courbure des yeux myopes dans les 6 catégories, nous voyons que le rayon de courbure le plus faible diffère du plus fort d'une quantité variable suivant les catégories. Relativement minime dans la première, la différence suit une progression régulièrement croissante jusqu'à la quatrième catégorie pour redescendre dans les 3 dernières et redevenir finalement ce

qu'elle était tout d'abord. On trouve, en effet, la succession des chiffres suivants :

Catégories

Ecart dans les p

Catégories

Ecart dans les p

La moyenne du rayon de courbure varie pour les diverses catégories de 7,64 à 7,70, donnant une moyenne générale de 7,68 comme on peut s'en rendre compte par l'examen du tableau ci-dessous :

Catégories

p moyen

Catégories

^moyen

ire

On voit que la supposition de M. Stilling, qui croyait à une différence entre les rayons de courbure des myopies faibles et ceux des myopies moyennes, ne se trouve pas vérifié par nos chiffres ; même s'il est permis de tenir compte d'une différence de 0,05 nous trouvons, à l'encontre de cet auteur, un rayon plus fort dans les myopies de 3 à 6 D que dans celles inférieures à ce chiffre.

L'autre idée, avancée par le même observateur, n'est pas confirmée par nos observations, ou tout au moins s'il y avait hydrophtalmie, elle ne porterait pas sur le segment antérieur de l'œil, chose difficile à supposer. On ne comprend pas, en effet, qu'une distension hydrophtalmique soit limitée à la portion scléroticale de l'œil. La moyenne du rayon de

courbure de tous les cas supérieurs à 6 D ne se trouve nullement plus forte que celle des cas inférieurs. Pour ces dernières nous trouvons successivement les chiffres ci- après: 7,64, 7,65, 7,70 et pour les 3 dernières catégories : 7,65 , 7,70, 7,65. C'est donc une similitude complète qui éloigne de l'opinion précitée.

La moyenne du rayon de la totalité des yeux non myopes varie entre 7,64 et 7,70. La moyenne de tous ces rayons réunis est la même que celle de l'ensemble des yeux myopes, car nous avons 7,67 et tout à l'heure nous trouvions 7,68. C'est là un résultat bien digne d'attention tellement il est en opposition avec les chiffres de MM. Mauthner, Nordenson et Schiôtz. Ces observateurs avaient en effet trouvé que le rayon était plus petit dans le groupe des myopes que dans ceux des hypermétropes et des emmétropes. Voici résumé dans le tableau suivant le résultat de leurs observations :

Mauthner

Nordenson

Scliiotz

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