‹ De la myopie monolatéraleChapitre 20 sur 20 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L'hypothèse de M. Stilling qui croyait à une difîérence entre les rayons de courbure des myopies faibles et ceux des myopies moyennes n'est pas vérifiée par nos chiffres. Contrairement à cet auteur nous trouvons un rayon plus fort dans les myopies de 3 à 6 D que dans celles inférieures à ce chiffre.

L'autre conclusion de Stilling^ que les myopies au-dessus de 6 et 7 D relèveraient de l'hydrophthalmie, ne nous paraît pas exacte. En effets nous avons constaté : 1° que les rayons de courbure de deux yeux d'une même personne étaient aussi souvent égaux dans les myopies au-dessus de 6 D qu'au dessous ; 2° que les rayons de courbure qui se trouvent plus longs du côté de l'œil myope d'une quantité égale ou supérieure à 0'"™,10 se sont rencontrés plus souvent dans les myopies inférieures à 6 D (9 0/0) que dans celles supérieures à ce chiffre (7,5 0/0). La seule fois qu un rayon de courbure ait été supérieur à celui de l'œil opposé de plus de 0'""\15, ce fut dans un cas de myopie de 3 à 6 D.

M. Nimier considère la myopie comme une maladie congénitale de l'œil. Il est à présumer que dans les Cas d'antimétropie myopique, si l'œil était originellement marqué

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du sceau de la myopie, on trouverait du côté du rayon de courbure de la cornée des différences témoignant de la fatalité qui aurait pesé sur cet organe. Or, les écarts présentés par le rayon de courbure des deux yeux des antimétropes myopes sont assez exceptionnels pour ne pas nous autoriser à voir dans ces écarts l'indice d'une malformation préexistant et jouant un rôle causal.

Dans la myopie monolatérale, la fréquence à droite de cette amétropie ne dépendrait pas du plus grand rapprochement de l'œil dans l'acte de l'écriture, ainsi que le suppose M. Sulzer. Cette cause, douteuse dans les myopies momentanément monolatérales, l'est encore plus dans les myopies qui restent toujours limitées à un seul œil. Rien ne' nous explique la prédilection pour l'œil droit de la myopie monolatérale.

Les traumatismes directs et indirects ne provoquent généralement que des myopies légères et moyennes.

Les taies nous semblent être une cause fréquente de la myopie. En effet le nombre des taies est de plus en plus grand à mesure que le degré de la myopie s'élève. Ce n'est pas la taie qui provoque la myopie, comme divers auteurs le croient, par le rapprochement qu'elle occasionne, c'est plutôt par l'irritation réflexe qu'engendre la kératite précédant la taie.

Il n'y a pas que les taies visibles qui doivent être accusées de produire la myopie, il y a les taies frustes dontilest, permis de soupçonner l'existence antérieure par les déviations astigmatiques. Nous ajouterons que même les maladies inflammatoires de la conjonctive et notamment l'ophtalmie des nouveau-nés peuvent conduire parfois à la myopie.

Toutes ces causes ne peuvent intervenir que chez les prédisposés et la prédisposition résiderait, non dans un état spécial de l'œil, mais dans une disposition constitutionnelle

souvent héréditaire.

L'astigmatisme cornéen, s'ilestcause de myopie monolatérale ne peut l'être que dans un nombre limité de cas ; mais il est hors de doute que des rapports intimes de parenté relient ces deux états : vraisembablement, ils seraient l'un et l'autre les effets d'une même cause.

Paris. — Imprimerie do la l'"acull6 de Médecine, Henri JOUVE, 15, rue Racine.

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