‹ De la myringodectomie ou perforation artificielle du tympanChapitre 1 sur 5 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

La perforation artificielle du tympan a été tour-à-tour considérée comme une opération donnant des résultats surprenants et rejetée comme inefficace dans les affections mêmes où elle est indiquée. Dans l’un et l’autre cas, il y a eu exagération.

Les praticiens, qui l’ont vantée outre mesure, n’ont tenu compte que des succès et oublié les tentatives infructueuses rapportées par les auteurs. Ceux qui ont essayé de la discréditer se sont appuyés sur l’opinion de Duverney (1), de Lérat (2), prétendant : que toute perforation est suivie de surdité et sur celle de Haller (3) , affirmant que toute déchirure du tympan diminue, puis abolit l’audition. Rien de plus faux cependant que cette opinion, encore trop répandue, puisque l’ouïe peut être conservée, à un degré relatif, malgré la destruction du tympan et des osselets, à l’exception de l’étrier (Astley Cooper, Dr Bonnafont).

Le travail que je publie aujourd’hui, basé sur 72 observations prises en partie à ma clinique par les médecins et les étudiants qui suivaient mes consultations, a pour but de rechercher la véritable valeur scientifique de la paracentèse du tympan et de prouver^que les mécomptes inen-

(t) Traité de l'organe de l'ouïe et de ses maladies. Paris, 1684.

(2) Traité des sens.

(3) Astley Cooper. Œuvres chirurg. trad. par Châssaignac et Richelot.

tionnés par bon nombre d’auteurs ont eu le plus souvent pour cause l’ignorance d’indications et de contre-indications que je me suis efforcé de préciser.

J’ai divisé ce travail en quatre chapitres : Le premier est consacré à un historique que j’ai essayé de rendre aussi complet que possible. Le second comprend les indications et contre-indications de l’opération. Quant au troisième, il est réservé à l’anatomie médico-chirurgicale du tympan, aux procédés opératoires ; en un mot, à tout ce qui concerne l’opération proprement dite.

Ce dernier chapitre est suivi des conclusions qui découlent naturellement des travaux de mes devanciers et des résultats que j’ai obtenus moi-même.

Quelques développemments m’ont paru nécessaires pour bien établir les progrès réalisés, ceux qui restent à accomplir j et faire de cette étude un guide que le praticien puisse consulter dans le cas où son opinion est douteuse.

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