‹ De la nature du capital et du revenuChapitre 15 sur 42 · O CD · texte numérisé non relu

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Dans une comptabilité complète, nous ne devons pas omettre les articles négatifs de propriété, c'est-à-dife le passif. Il faut appliquer ici les mêm?s principes que pour les articles positifs, ou actifs. Les articles qui sont négatifs sont tels parce qu'ils donnent un revenu négatif, c'est-àdire une dépense {oiitgo). Si l'homme de loi dont nous avons examiné le compte est en dette, les payements relatifs à sa dette (que ce soit de « l'intérêt » ou du « principal ») qu'il effectue durant la période considérée constituent une dépense. D'un autre côté, si une dette est contractée durant la période que nous avons en vue, ses produits, pour cette période, s'ajoutent au revenu brut.

C'est ainsi qu'un compte revenu et dépense peut toujours être établi d'une manière complète en inscrivant les valeurs des services et des desservices occasionnés par les articles de capital qui viennent en considération. Lorsqu'il s'agit d'un individu, ces articles de capital ne sont autre chose que l'actif et le passif. Dans le compte, il ne saurait y avoir, à proprement parler, place pour aucun autre article que pour les services et les desservices qui viennent d'être mentionnés. Nous avons déjà mis le lecteur en garde contre l'erreur qui consiste à déduire du revenu toute déplétion de capital ; il faudrait aussi le mettre en garde contre l'erreur opposée, c'est-à-dire contre l'erreur qui consiste à ajouter au revenu toute épargne de capital. C'est là une erreur si commune et si pleine de subtilité que nous ajournerons sa discussion au chapitre xiv, puisque c'est là qu'on pourra lui prêter toute l'attention qu'elle mérite. Pour le moment, nous nous contenterons d'une explication préliminaire. Un déposant de caisse d'épargne semble quelquefois retirer un revenu de son dépôt, lorsque l'intérêt « s'accumule ». C'est là une erreur. Il retire du revenu, et il n'en retire qu'alors, lorsqu'il retire de la monnaie de la

Caisse d'épargne ; il supporte une dépense, et il n'en supporte qu'alors, lorsqu'il place de l'argent à cette même Caisse. S'il laisse purement et simplement les intérêts s'accumuler, il n'en retire aucun revenu et ne supporte aucune dépense. Le revenu ne s'en trouve nullement affecté. Ce qui se produit, c'est une augmentation de capital. Il ne saurait à la fois avoir son gâteau et le manger. Si, par hypothèse, nous supposons que celui qui laisse son épargne s'accumuler reçoit virtuellement l'intérêt, nous devons, pour être logique, supposer aussi qu'il le dépose de nouveau. Si le comptable remet l'intérêt à travers le guichet, le compte du déposant lui donne de ce chef un « revenu » ; mais si le déposant le redonne, ce revenu doit, en toute logique, être compté comme « dépense » et le résultat net produit sur le revenu est tout simplement une radiation {canceîlation). Nous voyons clairement par là que l'accumulation ne constitue pas un revenu.

La méthode de calcul employée dans le compte ci-dessus de l'homme de loi n'est, bien entendu, ni .la seule méthode ni la plus usuelle. Cependant, c'est la méthode qui montre quelles portions du revenu total doivent être attribuées à chaque source individuelle. En pratique, on néglige les petites sources de revenu. Le revenu et la dépense de la « caisse » d'une personne se balancent presque, à la longue, et il en est de même en ce qui concerne les baux, les louages de service et les provisions de ménage. Le mobilier d'une personne donne probablement un revenu net plus important qu'on ne le croit généralement, mais ce revenu net est habituellement un élément peu considérable dans le total. Ce n'est que lorsque l'homme de loi vit dans sa propre maison qu'une sérieuse modification doit être introduite dans cette comptabilité. Dans ce cas, en effet, le logement

LE REVENU

ne se trouve pas compensé par le payement d'une rente et il entre dans le compte comme un revenu pur.

En pratique donc, le revenu de l'homme de loi s'obtient en ne prenant au tableau ci-dessus que les deux articles principaux, savoir : le revenu retiré des placements et le revenu retiré de son travail professionnel. Chacun de ces revenus est de 1.5C0 $, de sorte que si l'on s'en tient à cette comptabilité approximative, le revenu net est de 3.000 $. Une autre méthode plus employée pour établir approximativement le revenu, c'est d'inscrire simplement les recettes et les débours en monnaie^ c'est-à-dire d'inscrire les articles du compte précédent sous la désignation « caisse ». Le compte du livre de caisse présentera alors l'aspect suivant :

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