‹ De la nature et du traitement de la diathèse scrophuleuseChapitre 1 sur 3 · DE LA · texte numérisé non relu

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DIATHÈSE SCROPHULEUSE.

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que les individus ou les organes sur lesquels elle se porte soient peu irritables, il arrive que les symptômes par lesquels se trahit la maladie qui survient se ressentent eux-mêmes de cette indolence et de cette inactivité, et se distinguent par le peu d’acuité de leur marche • non pas que l’altération soit elle-même moins grave et moins profonde, mais elle n’a fait que des progrès lents et mesurés. Dans ces cas, il devient extrêmement difficile d’apprécier quel organe a été primitivement affecté, et très-souvent on prend pour un effet premier ce qui n’est qu’un résultat déjà peut-être éloigné de l’affection primitive.

C’est sans doute pour cette raison que tant d’obscurité et d’incertitude régnent encore sur la nature et le siège de l’affection scrophuleuse. En effet, il y a peu de sujets , dans le domaine de la pathologie, sur lesquels on ait tant disserté sans pouvoir s’entendre. Tandis que d’un côté Sœmmering, Cabanis > Bichatj, et MM. les professeurs Rickerand et A liberté n’ont vu dans cette maladie qu’une faiblesse radicale des vaisseaux et des ganglions lymphatiques, qu’une exagération de ce même système , de l’autre, Gritanner et M. Broussais font attribuée à l’irritabilité du même système ; M. Baudelocque* à une altération du sang causée par la respiration d’un air vicié ; et M. Lepelletier a pensé qu’on devait la rapporter à une altération de nutrition, d’où résulte un défaut d’élaboration vitale, un vice d’animalisation, un véritable étiolement de tous les tissus organiques. Au milieu de tant d’opinions divergentes , et appuyées de noms illustres , nous pouvons difficilement nous former une conviction , nous jeunes gens dont le peu de savoir et d’expérience nous reculent si loin de ces grands maîtres, et qui, pour cette raison, redoutons de nous mettre en opposition avec les idées qu’ils appuient de leur puissante adhésion. E s " sayons pourtant de nous éclairer, en observant la marche de la maladie et les divers phénomènes auxquels elle donne lieu.

Et d’abord, si nous jetons les regards sur les individus prédisposes à l’affection qui nous occupe, nous apercevons de suite un groupe de caractères tranchés et constaus , auquel on ne peut méconnaître 1 état

pour ainsi dire prodromique de la diathèse scrophuleuse. Un cou court soutient ordinairement une tête volumineuse; des yeux bleus sont ombragés par un petit nombre de cils; le nez est gros et épaté ; une bouche largement fendue se trouve formée par des lèvres dont la supérieure surtout est remarquable par son épaisseur et sa bouffissure ; les gencives saignent à la moindre cause, et les dents se ca rient avec une extrême facilité ; les pommettes sont colorées et le visage a les traits remis , indécis, sans saillies musculaires, et simuiaut a fraîcheur et 1 embonpoint ; la peau se distingue par sou poli et blancheur; les cheveux sont plats, de couleur blonde et d’une grande finesse; les articulations sont grosses, et surtout celles de doigts, auxquels cette circonstance donne une forme np..

dans un état flagrant de débilité • les n f ° nct,ons enfin sont

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des sujets. Dans l’enfance, c’est le mésentère qui a le triste privilège de cette primauté. Les glandes qui parsèment cet organe s’engorgent, se tuméfient; le ventre durcit et se ballonne ; les fonctions digestives se troublent, et l’amaigrissement ne cessant pas de faire des progrès, la mort met fin à cette série de souffrances. A un âge un peu plus avancé , ce sont les ganglions du cou qui deviennent le siège de l’affection; il s’y forme des tumeurs dures, irrégulières et indolentes, qui, après s’être accrues peu à peu, finissent par s’ulcérer ; une matière séreuse s’en écoule alors, entraînant avec elle des flocons semblables à de l’albumine ou à de petits morceaux de fromage; puis , après un temps plus ou moins long , l’ulcération se ferme, et une cicatrice indélébile en marque la place.

Gomme on le voit, le système lymphatique est le premier affecté; mais les progrès de la maladie continuant toujours, les membranes muqueuses sont à leur tour bientôt envahies ; celles des organes des sens, en particulier, sont les lieux de prédilection où se portent les scrophules. La conjonctive palpébrale s’œdématie et devient la proie d’une inflammation chronique presque incurable, ou qui du moins ne cède à des traitemens prolongés que pour reparaître bientôt avec plus ou moins d’intensité à la moindre cause. Des gerçures douiou reuses et une légère tuméfaction apparaissent en même temps au-dessous de l’aile du nez, et au point de réunion de la muqueuse nasale avec la peau. Comme il existe une très-grande analogie entre le système muqueux et le système cutané , la maladie ne tarde pas à se porter sur celui-ci, où il se déclare des rougeurs, des éruptions pustuleuses, et de petites ulcérations à bords irréguliers d’où s’écoule une sann

repoussante. utres

Les os à leur tour , dont la vitalité est moindre que celle es . ^ tissus, puisqu’un de leurs élémens appartient au règne i nor S g ^j en t se laissent attaquer par l’affection. Il est même possible qu ^ ^ ^

les premiers organes affectés ; mais, en raison même de leur qU vitalité , la maladie, chez eux , donne lieu à peu de phén°m du moins à des phénomènes qui ne deviennent pas de suite se ^ ^ Les parties spongieuses ,• surtout, présentent les traces des ravag

la diathèse scrophuleuse ; et bientôt se dévoilent les déviations rachitiques et les gonflemens articulaires auxquels on a donné le nom de tumeurs blanches et de luxations spontanées. Ces derniers accidens sont beaucoup plus communs dans l’enfance ; rares dans la jeunesse, on ne les rencontre presque jamais à un âge avancé.

Si les effets désastreux de ]a diathèse scrophuleuse ne sont pas arrêtés , les viscères eux-mêmes en deviennent enfin la proie et la vie est attaquée dans ses plus indispensables fonctions. L’utérus de la jeune fille pubère devient le siège d'une affection chronique caracténsée par 1 écoulement leucorrhoïque ; les nombreuses et puissantes sjmpath.es que cet organe commande aux autres se raniment alors plus énergiques ; des tiraillemens insupportables se déclarent dans estomac dont ,1s troublent les fonctions ; et le moment où ce viscère aurait besoin d une plus grande activité pour réparer les nertes

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