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revêt dans certaines localités. En effet, ceux qui, dans ces contrées, sont atteints de la diathèse scrophuleuse sont des crétins petits, misérables, difformes, débiles, inintelïigens, sans force physique comme sans énergie morale ; leur peau , terreuse et ridée, leur donne l’aspect de vieillards précoces ; et, à les voir ainsi maigres et chétifs, avec des membres dont la peau est collée sur leurs os , on dirait de véritables squelettes ambulans.
Après avoir rapidement énuméré les divers symptômes des serophules , il nous reste à déduire de ces notions les conséquences propres â nous éclairer, afin de pouvoir ensuite préciser notre opinion sur la nature de cette effrayante affection.
Le médecin qui observe et explore le cadavre d’un scrophuleux est tout d’abord frappé de la disproportion évidente qui existe entre les solides et les liquides organiques, disproportion qui a lieu aux dépens de la partie rouge du sang, et au profit de la partie séreuse; de telle sorte que, dans la masse des liquides, la quantité de ceux qui sont blancs l’emporte de beaucoup sur celle de ceux qui sont colorés. Ce fait, que nous posons d’abord, est très-remarquable, bien qu’il ne donne pas l’explication des scrophules, et qu’il se rencontre dans quelques autres maladies. Mais, en continuant les investigations, on ne tarde pas à acquérir la certitude que ces liquides sont altérés dans leur composition intime. En effet, la chimie nous apprend que les sels qui dominent dans les fluides lymphatiques sont les phosphates et carbonates de chaux et le chlorure de sodium; ce sont eux aussi qui constituent la majeure partie de la matière des tubercules ; et M. Labillar dière, chimiste à l’école d’Alfort, a trouvé que le phosphate de chaux était dans une proportion sept fois plus forte dans le lait d une vac tuberculeuse que dans celui du même animal bien portant. Ce semblerait déjà indiquer que la cause de la diathèse scrophuleuse ag^ en déplaçant les sels calcaires; ce qui donnerait, jusqu’à un cer ^. g point, la raison du peu de solidité des os, qui, étant alors en P a ^ ^ privés d’un de leurs élémens, ne pourraient plus acquérir la dure la densité qui les caractérisent dans l’état sain. Ces deux circonstan
de l’augmentation de la quantité des liquides blancs et de leur alté- * ration de composition une fois admises, de quelle manière doit-on les expliquer? C’est là la question difficile à résoudre.
Une condition indispensable pour que la santé ne soit pas troublée, c’est qu’il y ait toujours une proportion gardée entre la nutrition et l’absorption ; en d’autres termes, c’est qu’il faut que le mouvement de composition soit en rapport avec le mouvement de décomposition organique. Ce rapport n’est pas le même à tous les âges : ainsi, dans 1 enfance, ii faut non-seulement que la nutrition répare les pertes, mais encore quelle fournisse des matériaux pour l'accroissement de in ividu; dans l'âge viril, ces deux fonctions s’exercent dans une proport.on à peu près directe; et dans la vieillesse, enfin, la nutrition perd sa vigneuret son énergie, et ii en résulte la détérioration et i'é-
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et l’atonie du mouvemeut d’assimilation. Nous verrons plus bas * quand il sera parlé du traitement, que celui qui réussit le mieux est aussi celui qui ranime les forces nutritives et l’irritabilité des organes. Nous arrivons maintenant à l’explication d’un autre ordre de phénomènes.
Les physiologistes s’accordent généralement à regarder les ganglions lymphatiques comme des organes de division et d’anastomose des vaisseaux de ce système, et de mixtion et d’élaboration des fluides destinés à former la lymphe. Or, quel peut être le résultat de ce tra vail des ganglions ? C’est, sans aucun doute, de séparer certains principes des liquides apportés par les vaisseau*. Mais s’il arrive que par inertie des tissus, ou par toute autre cause, ces principes, après avoir
' 8 pares du b< I uide <l ai le s contenait, sont arrêtés dans leur marche naturelle, que doit-il arriver? D’abord ils s’accumulent peu à peu dans le tissu cellulaire environnant, et se concrètent. De leur accuinulatmn ,1 résulte une compression plus ou moins forte, et, par
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de chacun desquels se trouvait logé un globule du métal. Est-il impossible que, dans ce cas, le mercure ait agi soit en comprimant les tissus environnans, soit en paralysant leurs moyens d’action, soit en concrétant autour de lui certains principes des fluides lymphatiques? Quelques auteurs, ayant remarqué que des individus atteints de syphilis étaient ensuite devenus scrophuleux, avaient pensé que, dans ce cas, la maladie vénérienne avait pu devenir cause efficiente des scrophuies ; mais il est bien plus probable, d’après les expériences de M. Craveilhier , que cette complication était plutôt l’effet du mercure administré au malade que de Vaffection syphilitique elle-même : cest d’ailleurs ce qu’avaient pensé déjà plusieurs illustres praticiens. Si on nous objecte que des organes et des tissus où l’on n’a jariiais rencontre de ganglions ni de vaisseaux lymphatiques ont cependant été trouvés farcis de tubercules, notre réponse est facile : nous ne prétendons pas qu’aucune autre affection que celle qui nous occupe ne puisse donner lieu à la formation de tubercules. Qui nous dit d’ailleurs que tout ce que l’on appelle tubercule en anatomie pathologique soit identique? Et puis de ce que personne n’a pu trouver de traces du système lymphatique dans les centres nerveux, il ne s’ensuit pas nécessairement
qu’il n’y en existe pas.
Si la partie physiologique de la diathèse scrophuleuse est encor environnée de mystères et d’obscurité, en revanche la partie thérapeutique de cette affection est mieux connue, et se trouve éclair c par le flambeau d’une longue expérience. Aussi les pathologistes q ilt nous avons vus divisés sur la première question se rencontrent tous ici sur le même terrain. En général ils admettent tous deux es P e ' de traitement : l’un qui consiste dans l’emploi de moyens emp ru “^ à l’hygiène, et l’autre dout la matière médicale fait les frais. ^ surtout sur l’emploi des moyens hygiéniques que tout le mon^ ^ trouve d’accord, bien que d’ailleurs chacun explique selon ses^ ^ leur manière d’agir sur l’économie. Je ne parlerai pas ici ^ ^ moyens stupides, enfans de l’ignorance et de la superstition ,
fois employés contre les scrophules, et dont on trouve
encore quelq ue ’
traces dans nos campagnes. Conseiller aujourd’hui à un malade de porter un collier de lézards verts, de peaux r de vipères ou de racine de verveine, de boire dans un crâne humain, d’appliquer sur les tumeurs du cou la main d’un cadavre, ou d’avaler une couleuvre, ce serait se donner un brevet d’idiotisme qui pourrait servir de carte d’entrée à Charenton. Le privilège royal lui-même, donné si solennellement à Clovis et à ses successeurs, n’exerce plus depuis long-temps aucun prestige.
Tant que la diathèse scrophuleuse ne s’est manifestée que par ce groupe de caractères généraux qui constituent l'état prodromique de la maladie, le traitement hygiénique seul doit être mis en usage car seul il a le pouvoir de combattre efficacement les causes qui détérioreal la constitution ; mais quand l’affection se trahit par ces altéra- "ons locales qui ne permettent plus de méconnaître sa marche progressive, ,1 faut alors appeler à son secours les moyens pharmaceutiques. Toutefois, le médecin qui aura recours à ces derniers doit se
dÎscern* r “ Ser ° nt ^ qU ’ aUtant «P»'* seront associés avec discernement aux premiers. La raison en est simple : le traitement
yg.én.que est dirigé contre la cause générale qui produit les symptô-
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v ée ^et ses^pparte* P °“ r '* SCr ° phuleux une habitation sèche et élecés ^ nord et de Tir h ‘T'T* é g aleme “‘ à l’abri des vents glaune bienfaisante et conti, uT i° an ‘’ de "° n * être ex P os<5s à c °utenti ons d’esprit , ' e ' ! “ deTni éviter les '««gués
’uandés, et il faud’I’ln f ZT** gymnastic l ues lui seront recomfaire de longues « f • ' faC,llter tous ,es plaisirs de son âge; il devra UUe grande fatigue • P roillen ades, sans jamais les pousser à
Tui exerceront utilement ÏT aUSS ‘ ^ ' iVrer à de3 '■'avau* manuels utilement la locomotion. En un mot, jamais de repos
et d’inaction, mais beaucoup de mouvemens au grand air et pendant l’ardeur du soleil. Une extrême propreté sera indispensable, et ses vêtemens devront être chauds, légers et souvent; renouvelés ; les bains froids seront en général utiles, mais ceux de mer devront surtout être mis en usage; tous les praticiens en ont reconnu les bons effets, qui proviennent de l’excitation déterminée par les principes salins contenus dans l’eau de la mer. Les frictions de plantes aromatiques, et en général les excitans de la transpiration cutanée, seront également recommandés.
Une minutieuse attention devra surtout être apportée à l’alimentation du malade; il est de la dernière importance qu’il ne se nourrisse que de substances qui, sous un petit volume, contiendront une grande quantité de sucs nutritifs. En effet, la nutrition, rendue déjà insuffisante par la maladie, le deviendra plus encore par des exercices dont l’effet sera de doubler les pertes de l’économie ; et conséquemment tous les efforts de cette partie du traitement devront être dirigés contre cette atonie, cette insuffisance de la nutrition. Sans contredit , il est indispensable pour cela que les alimens soient très-nutritifs et en même temps stiinulans. Pour accoutumer l’estomac à ce régime, il faudra commencer par des alimens peu excitans, pouraller ensuite progressivement jusqu’aux plus toniques et aux plus chargés de sucs. Les potages gras, les viandes bouillies et surtout rôties, et toutes les espèces de gibier seront les mets les plus convenables ; le l alt et les préparations culinaires dont il est la base seront en général proscrits ; il en sera de même de la plupart des légumes , et surtout des farineux et des féculens. On a remarqué que les animaux carm vores ne sont pas sujets à l’affection scrophuleuse, et que le contraire a lieu pour les herbivores. Cependant on pourra permettre, P 01 * 1 ’ varier l’alimentation , quelques plantes crucifères , telles <î ue ^ cresson, les radis, etc.; et d’autres encore, telles que le cerfeuil) chicorée, le céleri, qui ont des propriétés excitantes assez énergi^ ueS Les repas devront être un peu éloignés, afin que les forces nutri ^ aient plus d’activité ; pour boissons on devra recommander des v!
toujours de bonne qualité, et entre les repas les décoctions de plantes amères, toniques et excitantes ; tels sont en général les moyens hygiéniques les plus efficaces.
Pendant long-temps on a employé contre les scrophules un bol composé de limaille d’acier et de cendres d’éponges calcinées; cette préparation comptait de nombreux succès, sans qu’on sût quel en était le principe actif; mais en i8i3 M. Courtois , à Montpellier, ayant découvert l’iode dans les varechs de la Méditerranée, on s’imagina que les succès attribués aux cendres d’éponges calcinées dans les scrophules et les engorgemens des glandes pourraient bien être dus à l’action de ce corps simple. Des recherches furent faites; et, après de
nombreux essais, on ne douta plus qu’en effet l’iode ne fût le principe actif des varechs et des éponges. C’est alors que M. LugoL eut l’idée de l’employer contre la diathèse scrophuleuse ; et, après de nombreux et incontestables succès, il dut adopter ce médicament comme base de son traitement dans cette maladie. Cependant il faut dire que plusieurs praticiens, et Dupuytren entre autres, n’en ont pas obtenu des résultats satisfaisans ; de telle sorte qu’aujourd’hui la question de la spécificité de l’iode contre les scrophules n’est pas encore entièrement vidée; voici toutefois la manière de l’administrer. L’iode s’em¬
ploie à l’intérieur sous forme d’eau minérale, et à l’extérieur sous
forme de pommade et de solution. Il faut beaucoup d’eau pour le
dissoudre; et, comme la solution passe facilement à l’état d’acide
îodhydnque, il faut un dissolvant pour obtenir un médicament sur
lequel on puisse compter. L’iodure de potassium, qui dissout deux
ois son poids d’iode, est aussi avantageux que possible. Cette solu-
ion contient communément un grain d’iode pour 20 gouttes; elle se
onne a la dose de 00 à 60 gouttes par jour, à trois ou quatre fois,
ans un verre de véhicule. L’action thérapeutique de l’iode est d’ac-
camp " digestion et d’augmenter l’appétit. Par les effets de ce médi-
Phatim’ P n 8 P . Cndant qUelc * ue temps, la quantité des liquides lym-
Œr/rr ue sensib, ~; ce q«i ^ait croire qu’il arrête 1 act ^ité de l’absorption.
L’iode n’est pas le seul médicament employé contre les scrophulespendant long-temps le chlorhydrate de baryte a été beaucoup préconisé. Hufeland le recommande avec insistance; mais la renommée de l’iode avait fait abandonner pendant ces derniers temps ce médicament : M. Baudelocque l’a de nouveau employé avec succès. M. Chrestierij de Montpellier, vante beaucoup le chlorhydrate d’or , à la dose d’un quinzième de grain, avec parties égales de chlorure de sodium, incorporés dans une poudre composée d’amidon , de charbon et de laque des peintres. M. Bieti emploie la solution de chlorhydrate de chaux , deux gros par livre d’eau distillée. Les eaux minérales de Barges et de Bagnères, à l’intérieur, et à l’extérieur en bains, sont aussi très-avantageuses et ne doivent pas être négligées.
Telles sont les réflexions que j’avais à soumettre sur la diathèse scrophuleuse. Je sens tout ce qu’elles ont d’incomplet ; et, en finissant, je suis pressé de demander l’indulgence de mes juges. Je n’a * pas été maître de choisir mon sujet; l’histoire des progrès de la chimie avait spécialement attiré mon attention, et les écrits de Kurl Sprengel j, de Bergmann , de Borrîcfiius de Leng let-Dufresnoy , etc., ont été depuis long-temps les objets de mes méditations: des raisons toutes personnelles m’ont forcé de prendre pour ma thèse un autre sujet.
La reconnaissance m impose aussi le devoir de saisir l’occasion qui m’est offerte pour rendre un hommage public à la mémoire du docteur Billard dont les soins affectueux et les conseils éclairés ont aplani bien des difficultés qui auraient entravé le cours de mes études.