‹ De la nature humaineChapitre 26 sur 58 · DI8U DANS LA CONSCIBNCB M · texte numérisé non relu

DI8U DANS LA CONSCIBNCB M

victimes et des Ijouneaux. Le nombre renverse ce qui lui résiste, mais sa colère renconiraat l'oJjstacle, croit avec la résistance qu'on lui oppose et se répand au delà de la jusfciee. Cependant, jusqu'à ce jour nul gouvernement ne s^est avisé

de prévenir une révolution eu la d'/vancant; tous ont attendu qu'il lilt trop tard et août vu clair qu'aux lueui's de l'inccu-

die qui les a dévores.

L'amour de la liberté et du droit pour la dignité qu'ils

procurent à l'iiounne, est supérieure à presque tons les hommes. Excepté dans les grauds cœurs, c'est par les pentes de l'égoïsme que la justice descend vers nous. L'homme juste n'aurait pas besoin de lois protectrices du droit ; avec l'attirail lorniidaLie de pénalités qu'ils traînent après eux coninio un hruit de veri-ous et de chaînes» nos codes proclament la persistance de riuiquité humaine au cceur de la société : i]s montrent, sous les traits adoucis de la civilisation, le visage hideux de la barbarie, sous le ra^ uu divin la Léte humaine et ses passions grimaçantes.

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L'histoire a sa pente; les égoîsmes cherchent leur loi. Rcpoussés d'un côté et ne trouvant pas d'issue, ils tentent d'autres idioniins, et tantôt soutiurains, tanlùL à ciel ouvert, ravinant, creusant, s'épancbant, minces blets cachés sous le sol, et puis torrents dévastateurs, cataractes, nappes immenses, déluges débordants, ils tournent les obstacles, les assiègent, les minent lentement, les ciousont en tomliant goiitlu à goutte; s'infiltrent, s'insinuent, s'épaudent, se précipitent, roulent, débordent et font leur lit à travers mille détours :

110 Dit LA XATURB HUHAIHK

c'est loujouis l égoïsme qui combat l'égoïsme; c'est la gueiro pour re;iiiileiU3e. Le droii jamais et nulle part a'a trouvé libr0 carrière ; il s'en tire comme il peut, e( de chaque situation, hostile ou favorable, cherche à se dégager sans réussir

à se délacliLT de rnilinnité Iminaine.

L'ëuergie d'ua peupiu est dans la cohésiou qu'il doit au but poursuivi en commun' Athènes est grande tant qu'elle rôve la grandeur d'Athènes; ainsi de Rome : les vastes desseins font les fortes races, les peuples prédominants, les personnalités supérieures. Sans une ambitioa puissante, point de puissance. Mais un piège est caché, une cause de ruine dans l'ambition hostile à la justice, la chute de grands peuples Ta prouvé. Pour être plus grands, plus forts et plus dural)les qu'eux, travaillons à l'éditicatioa du droit dans nos âmes : évitons ce qui précipite les nations dans la mort; ne nourrissons pas le ver de Tipiquité. Étudions les chutes de l'homme et des sociétés hnmaines, elles nous enseignent notre fln ; lisons la vthité dans tant de maux que nous a valus notre aveuglement : l'histoire qui est le livre de nos expiations nous dit la loi du progrès. Tout semble injuste lorsqu'on considère les événements par fragment et qu'on les sépare; loiU s'explique et s'éclaii'e lorsqu'on les unit dans la suite des etl'ets et des causes. Un peuple qui n'est pas libre, parce qu'il est injuste, est puni justement; ses fautes l'envelop[)ent des nuages de l'arbitraire, il marche aux abtmes : il y tombe, c'est la justice qui l'y précipite.

Veuton des exemples? Une ambition qui n'était pas humaine, une ambition contre le droit, a perdu Rome, elle a perdu Napoléon ; elle perd la piqpauté. L'esprit de demi* nation augmente avec ses victoires : c'est sa perle. L'ambition romaine, eu son origine, ne fut que l'appétit d'un peuple vivacei une ^èvre de croissance* il iaut de hautes qualités

DIEU DANS LA COHSCIENCB Itt

pour faire naître des entreprises pareilles à celles qui pouslèrent Rome à la couquétedu monde ; mais Rome fut oppressive et son moi m mit au-dessus de rhumanité ; elle succomba sous les décrets de rhumanité future.

Toute guerre est lu'e, cL naîtra de l'iniquité. Il y a des guerres justes, mais celles qu'on fait pour le droit ou les fait contre l'injustice; si Tinjustice n'existait pas, on ne les ferait point, l'injustice est donc aussi la cause des guerres justes. Ceux qui travaillent à augmenter la justice dans le monde sont les ouvriers do la paijî, les ouvriers de Dieu. Honueur aux hon^mes de bonne volonté I

La misère» Tignorance» Timmoralité sont à l'œuvre sans cesse pour détruire sociétés et nations. De ces trois causes de destruciioii, laquelle est la plus active, laquelle la plus délétère? c'est la démoralisatiou ; l'ignorance est la moindre, et la moins difficile à combattre; elle n'est qu'un vide dans l'esprit. Mais la démoralisation est une corruption de la séve jmorale; son poison pénètre l'honime quand la justice déjêvlo sa pensée, et que les égoismes, abaudonuaut jusqu'à la pudeur que leur inspire l'exemple des Ames encm éprises de liberté et de lumière, travaillent à désagréger la société, qu'ils vouent tour à tour au despotisme et à l'anarchie, expre&iious successives du chaos moral.

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