‹ De la navigation de l'Amazone: réponse à un mémoire de M. Maury, officier de la marine des EtatsChapitre 20 sur 57 · FABRIQUE DE BOUGIES STEARIQUES · texte numérisé non relu

FABRIQUE DE BOUGIES STEARIQUES

Je puis à peine mentionner ici cet utile établissement, qui se trouve, depuis cinq ans, sous la direction de M. J. A, Ferreira de Almeida, et qui produit actuellement 800 livres de bougies stéariques par jour. Il en doit produire à présent plus de 2,000, par l'emploi d'une machine qu'on attendait de France.

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B AHIA.

Je n'ai fait que peu de séjour à Bahia, ville spécialement fréquentée du commerce européen, et, toutefois, médiocrement connue sous plus d'un rapport. Elle est située au nord-est et à 240 lieues de

LITTOEAL DU BRESIL. S9

Rio Janeiro, distance que les steamers de la Compagnie brésilienne du nord franchissent en trois jours.

La position la plus avantageuse pour bien jouir du panorama de Bahia est celle du navire qui se présente à l'entrée de la baie de Tous-les-Saints On peut alors la voir dans toute sa pittoresque et originale beauté, déroulant, au pied d'une montagne et sur une étendue de plus d'une lieue, le double amphithéâtre de ses sveltes maisons.

Celles de la ville basse forment une labyrinthe de ruelles étroites et tortueuses ; elles ont l'air de se presser sur la plage afin de tremper leurs pieds dan» la mer. Au contraire, celles de la ville haute, élégantes, aérées, ceintes des feuillages et des fleurs de la Flore du tropique, paraissent regarder indifféremment l'Atlantique avec sa houle blanche, ses larges bancs de sable, ses plaines verdâtres, sillonnées par les embarcations des pêcheurs de baleines.

A peine descendu dans les rues de la ville basse, vous vous trouvez au milieu d'une foule compacte de vendeurs, d'acheteurs, de commis, de voyageurs, de gens affairés parlant tous les idiomes du globe. Prenez garde surtout d'être heurté par ces colosses noirs qui marchent ensemble et d'un pas mesuré par un chant monotone. Chacun s'écarte à leur passage, car ils portent, suspendus à des madriers, d'énormes barriques de café, des ballots de coton, des sacs de riz, tous les produits que la riche province de Bahia échange avec le reste du monde.

Ne croyez pas que ce soit par hyperbole que je donne l'épithète de riche à cette partie du Brésil. L'ex-

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pn&ssion dont je me sers est ici toute vraie, toute <positiye. La province de Bahia, qu'on peut regarder comme la plus ancienne de l'Empire, est riche <H>mpafativement, en population, puisqu'elle a plus 4'un million d'habitants ; elle est riche en belles forets remplies de bois recherchés pour l'ébénisterie et la construction ; riche en produits i^icoles, car, •outre ceux que je viens d'énumérer, elle fournit encore la canne à sucre, la cannelle, le cacao, la mandioca, le jalapa, l'ipécacuimha et un ]M)iubre , prodigieux de plaaoïtes médicinales; elle est riche en oiseaux admirables par leur plumage, leur grâce» leurs variétés infinies, parmi lesquels on peut remarquer les aras, les tucans, des légions de perroquets et de passereaux merveilleusement coloriés, d^ nues d'oiseaux mouches qu'on prendrait x>our des fleurs volantes ; elle est riche, enfin, en métaux précieux, en minéraux de tout genre, puisqu'elle possède les mines de diamants de Sincora, et de Lençoes, des mines d'argent, de fer, de cuivre, de ' marbre et de houille.

Bahia, capitale de la province et seconde ville de l'empire brésilien, a une population de 170 mille âmes, et un port qui est un des meilleurs de l'univers, soit pour les navires de guerre, soit pour les navires marchands, qu'on y toit arriver de tous les I>orts des deux continents.

Il existe à Bahia trois banques de commerce, cinq maisons de crédit, des fabriques de tissus, des rafineries de sucre et de savon; un musée, une bibliothèque pubHque, une faculté de médecine» un archevêcbé, et une foide d'établissements et d'édi-

fices publics.

Le mouvement commercial, résultant de l'importation et de l'exportation, opère sur une valeur de 144 millions de francs. Il occupe annuellement une moyenne de 1,500 navires.

Le revenu public dépasse 24 millions de francs.

Nul doute, d'ailleurs, que l'achèvement du chemin de fer, qui est en pleine voie d'exécution, ne double en peu de tempe, le nombre et l'importance des transactions commerciales de ces deux provinces et n'augmente considérablement le chiifre de leurs revenus.

PERN AMBUCO.

La noire fumée du steamer s'élève et tourbillonne dans le bleu du ciel. Je dis adieu à Bahia et me dirige vers le nord, saluant à mon passage Condé? Sergipe, Maceio, où je m'arrête quelques heures, et une foule d'autres villes à demi-cachées sous les palmiers, et bordant une côte rocheuse qui semble vouloir se rapprocher toujours plus du vieux contiaent.

Me voici enfin â Recife, à Femambuco, à Olinda.

Si vous êtes bien aise de vous faire une juste idée de la situation topographique de ces trois villes qui n'en forment aujourd'hui qu'une seule, tran8X)ortez vous sur le cap verdoyant où se trouve Olinda, très-florissante autrefois mais qui n'est plus guère à cette heure qu'un gracieux faubourg de Pemambuco, ou plutôt un groupe de solitaires villas où l'aristocratie, de cette dernière cité va passer, à im air pur et frais, les mois de la chaude saison.

Arrivé sur les hauteurs d'Olinda, vous aurez, à l'est, l'Océan sans limites ; au sud, à une petite lieue, le port de Recife, formé par la mer et deux rivières navigables : le Biberibe, qui, venant des environs* d'Olinda, longe constamment la plage dont il fait un isthme, et le Capibaribe, dont les deux branches, après avoir enlacé Pemambuco ou le nouveau Recife de leurs méandres, vont se jeter, l'une dans le petit port des Afogados, l'autre dans le grand port marchand. Toute la côte est défendue par cette longue cordillère sous-marine qui, de Santa Catharina juqu'au Para, côtoie le littoral américain. Au nord et à l'ouest vous découvrirez de gracieux paysages, des forêts, des vallons, des plaines cultivées, des cours d'eaux et des prairies naturelles.

La position de Pemambuco entre les deux fleuves et la mer qui la baignent lui donnent une certaine ressemblance avec Venise; seulement avec ses élégantes gondoles et son golfe qui sommeille toujours, la reine de l'Adriatique est d'une physionomie plus douce et plus calme que la ville brésilienne, entourée d'une nature encore à demi-sauvage et des vagues indociles de l'Océan.

Avec une population de près de 100 mille habitants, Femambuco possède une université de premier ordre, un lycée où Ton apprend à peu près toutes les sciences et toutes les langues, de nombreuses écoles primaires, un palais où réside le gouverneur, d'élégants édifices, surtout dans les quartiers neufs de Boa Vista ; un archevêché, divers hospices, un théâtre, une usine d'éclairage au gaz.

Des troubles politiques dont l'histoire est connue ont longtemps retardé dans ce pays le progrès de l'agriculture et de l'industrie, mais aujourd'hui l'activité de ses habitants, qui passent pour être les plus laborieux du Brésil, s'étant vouée tout entière aux améliorations qui ont pour objet d'augmenter leur bien-être, on est fondé à espérer que de grands résultats seront obtenus. Déjà l'on signale de tous côtés l'état prospère des cultures de café, de sucre et de coton; les propriétés se couvrent de plantations de manguiers, de dattiers,' d'orangers, d'ananas et de plantes indigènes, telles que le cannellier, le giroflier, le poivrier, l'arbuste qui produit la noix muscade.

D'une autre part, le développement deà travaux publics préoccupe vivement les autorités de la province, et j'ai eu l'occasion de pouvoir juger par moi-même de l'intelligence et de la rapidité avec lesquelles sont conduits ceux qui ont pour but l'achèvement du chemin de fer de Femambuco à San Francisco.

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PARAHIBA.

J*ai franchi l'embouchnredu Farahiba — lefleuv^^ aux claires ondes — et j'arrive, après quatre lieues de na-rigation, à une petite ville de 20 mille âmes qui répare chaque jour ses ruines. Cette ville est Farahiba, capitale de la province de ce nom. Une même appellation pour trois choses différentes ! Le laconisme de Sparte n'avait pas atteint jiQsque-là.

Que dirai-je de l'aspect que présentent la vOIe et le pays au voyageur qui arrive par mer 1 Figurezvous plusieurs amphithéâtres de monrts^nes si^qperposées les unes aux autres, et laissant eouixr entre elles de jolies vallées, de frais et agrestes lointains: vous aurez un image parfaite de «ette terre quasiéquatoriale. C'est l'Helvétie, moins ses chalets et ses glaciers.

La province de Farahiba, qui n'a que 28 lieues de littoral, s'enfonce 120 lieues vers l'ouest, et va toucher à la cordillère de Borborêma, qui la sépare de la province de Cearâ et d'où se précipite, entre es rochers, la source torrentielle du rio Farahiba, Ce fleuve et son affluent principal, le Guarahù, sont les seuls cours d'eau considérables qui arrosent ce . pays, où régne toutes les années une saison sèche de six à huit mois. Dans la haute région du Farahiba, le sol «est aride et stérile ; il est de médiocre qualité dans la partie moyenne, et d'una fécondité remarquable dans lâchasse région et le voisinage des fleuves. L'air y est pur et salubre, et les chaleurs de l'été sans cesse tempérées par un frais

vent de mer. Jusqu'à ce jour, Tagriculture a peu prospéré dans cette province, où Télève du bétail laisse elle-même beaucoup à désirer. La vie nomade et désœuvrée d'une grand nombre de ses habitants, dont le total ne dépasse pas 100 mille âmes, contribue beaucoup à entretenir un état déplorable de misère et de dissolution. Après cela, n'allez pas vous hâter de croire que le Parahiba ait été deshérité de tous les bienfaits de la nature. Ses richesses minérales sont immenses; et ses productions agricoles pourraient être aussi importantes que variées. Ce dont le pays a besoin, c'est de bras et d'une bonne administration. Le gouvernement brésilien l'a Compris, et, depuis quelques années, il fait de louables efforts pour encourager la culture des terres, faire naître l'activité, appeler le commerce, et relever le moral de la population. Déjà d'heureux résultats ont été obtenus, et l'échelle s'en agrandira progressivement en persistant à mettre en pratique le sage système administratif appelé à régénérer cette partie du Brésil.

Je ne puis mieux terminer ce que j'avais à dire «ur la situation actuelle de cette province qu'en traduisant ici un passage d'un rapport adressé, en 1860, àla chambre provinciale^ par Mr. le docteur Di^o Velho Calvacanti de Albuquerque, aujourd'hui représentant, et antérieurement, gouverneur du Parahiba. Ce document officiel, que je dois à l'obligeance tout amicale de son auteur, prouve à la fois l'importance des ressources de cette province, et la sollicitude du gouvernement pour la mettre à même d'en tirer les plus grands avantages.

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