‹ De la navigation de l'Amazone: réponse à un mémoire de M. Maury, officier de la marine des EtatsChapitre 22 sur 57 · AGRICULTURE, ELEVE DU BETAIL, MINES, ETC · texte numérisé non relu

AGRICULTURE, ELEVE DU BETAIL, MINES, ETC

" Je ne touche que légèrement à ces matières, " ne voulant qu'indiquer ici les immenses richesses " qui existent dans la province, où elles gisent ca- " chées ou inexploitées en attendant des bras et des " capitaux qui les tirent de dessous terre et les fassent " circuler. L'agriculture est presque nulle. C'est à " peine si les fertiles rives du Parahiba et les ex- " cellents terroirs des municîpes de San Gonzalo,

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^' Valença, Bom Jésus et Famagua, produisent ^' quelques denrées, absorbées par la consommation ^' locale. En attendant, une partie considérable de la ^population traîne, dans ces mêmes lieux, une mi- ^''sérable existence. En peine de se procurer les " moyens de subsister qui s'ofirent de toutes parts ^' autour d'elle, insoucieuse du travail et du soin de ^'cultiver la terre dans la saison favorable, sans " sjbimulants aucuns pour les jouissances de la vie " civilisée, elle se livre sans frein à Toisiveté, à la ^' pratique du vice et du crime !

" Grouper sur des points déterminés cette popu- ** lation presque nomade, l'obliger, par des voies "légales et par la persuasion, à s'adonner à des "occupations licites et surtout à la culture des "terres; fonder dans ce but des établissements spé- "ciaux sous la protection des autorités locales, en " même temps que l'on enverrait les fermiers du " pays étudier la culture de la canne à sucre, du "coton, du café, &c., dans les^provinces où elle est "le plus avancée ; leur ménager ensuite les moyens " d'appliquer dans leurs fermes les méthodes obser- " vées, telles sont les mesures qui, avec un peu de "bonne Vblonté, pourraient être réalisées sans de trop ^* dispendieux sacrifices et pour le plus grand profit de "la province. Toujours est-il qu'elles auraient " pour résultat d'arracher à la misère, à la prosti- " tution et au crime, ce grand nombre d'enfants des

deux sexes, qui, vêtus de haillons et consumés

par la faim, vagabondent et mendient dans le

pays.

" L'élève du bétail, dont les différentes branches

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"forment la base principale de la richesse publique " et des fortunes particulière» de la province, se '• trouve là dans son imperfection primitive. L*in- "dùstrie ne lui a pas encore prêté son ptiissant "auxiliaire.^

" Rien ne serait plus utile au pays que rétablisse- " ment de fermes-modèles oâ les éleveurs pour- " raient juger par eux-mêmes des résultats lucratifs " de l'aitiélioration des races, obtenue par leur croise- "ment, et delà qualité supérieure des produits, soit "qu'il s'agisse des peaux, de la fabrication du fro- " mage et du beurre ou des autres produits utilisés " par l'industrie.

"Une autre création non moins avantageuse " serait celle de sécherîes de viande (Chabqueadas.) " On arriverait par ce moyen à prévenir les préju- " dices que les éleveurs ont presque toujours à souf- "frir dans les années irrégulières, c'est-à-dire " désolées par la sécheresse ; car il arrive souvent " alors qu'il devient impossible de conduire, comme " à l'ordinaire, les troupeaux hors de la province, " attendu qu'ils succomberaient en route, et que les " éléyeurs sont exposés à les voir dépérir de mai- "grçuret même à les perdre en totalité.

" Ces améliorations pourraient être obtenues par "dcB associations de fermiers, protégés par le gou- " vernement, non moins intéressé qu'eux à la pros- " périté et à la richesse du pays.

"L'existence dans cette province, de mines de " facile exploration est un fait reconnu, et j'appelle "Tattention de Votre Excellence sur une exposition "relative à ce sujet, et qate son auteur Don José

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" Servie Ferreira, médecin à Oeiras a laissée, avec " d'autres papiers et documents, au secrétariat de la " présidence. On y voit que le terroir de ce district " abonde en or, fer, mercure, pedra hume, çéruse, " salpêtre, sel commun, ocres de diverses couleurs ; en ^-tabatinga (espèce de glaise employée au badigeon- "nage des maisons, et qui, par son brillant et " son adhérence, est supérieure à la chaux), en "pierres à fusil, en roches calcaires, etc., etc.

" Parmi les richesses naturelles que ce pays peut "offrir en abondance à l'industrie ou à Téconomie "domestique, on peut signaler encore :1a cochenille, "l'anis, le poirier vermeil (végétal dont l'écorce "[fournit une belle encre de la couleur que de- " signe son nom), le camahuba, la mélisse, le maté " ou herbe du Pires, le quina, l'huile de copahiba, "la résine d'angico, de la cire de fourmis (ce pro- " duit d'une des variétés de cet insecte donne une " douce lumière), des eaux minérales, des sangsues, ecc., exe.

" Quelques-uns de ces produits, tels que le car- "nahuba, le salpêtre, le sel commun, le poirier ver- "meîl, l'ocre, la résine d'angico, sont imparfailîbment " employés par les habitants du lieu, qui, pour le "plus grand nombre, ignorent la valeur de ees "présents de la nature."

Le littoral américain que je côtoie dans mon voyage s'est étendu jusqu'ici vers le nord-est, mais, depuis l'extrémité septentrionale de Rio Grande du Nord, il tourne à gauche et prend la direction du nord-ouest pour courir vers l'isthme de Panama. C'est donc en longeant un des flancs de l'Equateur que j'arrive à Fortaleza, capitale de la province de Cearâ.

Fortaleza est une ville neuve, à l'aspect européen et dont les rues, alignées au cordeau, sont embellies de quelques édifices d'une remarquable élégance, au nombre desquels il faut placer le palais du gouverneur, une belle caserne et surtout l'église cathédrale. Sa population est d'environ 25 mille âmes. On y trouve un lycée, une chambre de commerce, des hôpitaux, et, dans les faubourgs, environ 1,500 maisons de paille, servant de logement à la classe pamTe. Le port de Fortaleza est encore à faire : celui qui existe n'est qu'une rade peu sure, et beaucoup moins fréquentée du commerce que les ports d'Aracati, d'Aracacù et de Granja.

La' province de Cearâ, qui n'a pas moins de 128 lieues de côtes, ofire une longueur de 100 lieues sur une largeur à peu près égale, étendue qui est peuplée de 600 mille habitants. La contrée, en partie montagneuse et couverte de forêts vierges, en partie platte et semée de savanes verdoyantes ou

arides, suivant la saison, est annuellement désolée par le fléau de la sécheresse, qui y fait parfois d'afieux ravages en détruisant la végétation, les anî,maux, et même les hommes. Cette circonstance fâkîheuse empêche naturellement l'agriculture et l'industrie de se développer sur une grande échelle. Le mal n'est pas pourtant sans remède. On pourrait par des barrages .pratiqués dans les gorges des montagnes se ménager d'immenses réservoirs et des arrosages qui sauveraient les récoltes pendant la saison sèche. H est de fait que la configuration des sierras de cette province y rendrait extrêmement facile l'établissement de ces barrages. Je dirai mêpie, à ce propos, que la maison Mendez frères faisait construire, à l'époque de mon passage, une digue en pierre et à chaux, de 500 pieds de long sur 40 de hauteur, pour recevoir dans un vaste bassin les eaux qui descendent des gorges de deux montagnes, formant un hémicycle d'une lieue de long et d'un tiers de lieue de large. La masse d'eau de ce lac artificiel aura une profondeur moyenne de 30 pieds, et permettra l'arrosement de 25 à 30 lieues de terrains, dont les plus élevés sont plantés de cafiers et les plus bas de cannes à sucre.

Il serait bien aussi d'utiliser, plus qu'elles ne le sont, les eaux du Jaguaribe et de sea affluents, et en même temps, de faire l'essai des puits artésiens, qui, dans plusieurs localités de l'Europe, ont eu les plus heureux résultats.

Malgré ces notables inconvénients, la province de Cearâ commence à fournir à l'industrie et au commerce une importante somme de productions.

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La canne à sucre et les végétaux du tropique pros. pèrent dans les terrains d'abord occupés par les forêts, le coton réussit à merveille dans les plames du centre, et le bétail dans les parties incultes du territoire. Cette province, est en outre, assez riche en plantes médicinales et balsamiques, en gommes, réaines, bois de construction, mines d'or, d^argent, de fer, de cuivre, de plomb, de salpêtre, de eristal, etc. L'histoire naturelle pourra trouver là une matière aussi ample qiue variée ; pour mcâ, je me bornerai à signaler ici une véritable meweilk végétale, particulière à cette contrée : C'est le Camahuba ou palmier cérifère, dont les larges feuilles, taUUes en forme d'évantail, servent à, couvrir les cabanes, et dont le bois est avantageusement employé pour la construction dles maisdw. Son fruit, qui est une sorte de chou qu'caine peut avoir sans abattre l'arbre, fournit une fécule nutritive, recherchée dans les temps de disette. D'autre part, ses racines sont médicinales et jouissent des mêmes pr(^)riétés que la salsepareille ; mai« la qualité la plus remarquable de ce bel arbre, qui décore aujourd'hui les promenades, c'est que ses feuilles sont tapissées d'une sorte de cire ou de suif, dont les habitants du pays font de petites chandelles. Le Camahuba ou arbre à suif résiste plus que tous les autres à la sécheresse; il y a plus, on s'est aperçu, depuis une vingtaine d'années seulement, que son ombre répandait la plus agréable fraîcheur, ce qui, joint à son port majestueux et à la rapidité ie sa

croissance, Ta fait adopter pour toutes les plantations d'agrément.(*)

L'état commercial du Cearâ tend ajanuellemeiit à augmenter dans la même progression que celui des autres provinces brésiliennes. Nul doute que Tamélioration de ses ports, et les autres mesures prises par le gouvernement n'achèvent d'assurer sa prospérité.

D'après le rapport officiel, présenté à l'assemblée législative provinciale de Ceara par D. Antonio Marcellino Nunes Gonçalves, président de la province, le total des exportations de juillet 1859 à mai 1860, c'est-à-dire pendant 11 mois, représente : —

Ports éfih^ngers: 3,665,200f . augmentation:963,200f . „ de l'empire: 1,11 7.200f., „ 638,400f.

Total . . .4,782,400 l,601,600f .

D'autre part, voici la valeur des importations : Forts étrangers : 2,198,000f., diminution: 252,200f . „ de l'empire: 2,517,200f., „ 938,000f,

Total. . .4,715,200 1,190,000

Ce tableau suffirait à lui seul pour prouver les progrès de l'industrie nationale.

Parmi les objets exportés, il faut placer en premier ligne le coton, le café, le sucre brut, les cuirs salés, et en seconde ligne les cuirs tannés, la cire de camahûba et le caoutchouc.

(*) En cinq années, il atteint à 110 palmes, maximum de «a haicteor.

i 8. ^ MARANHAO.

A réblouissante lumière qui m'environne, à la transparence toujours plus grande du ciel et des eaux, et surtout aux senteurs inconnues qni m'arrîrent de la côte, je reconnais que j'atteins aux régions équatoriales. En effet, le vapeur, dont une légère brise a favorisé la marche, arrête sa locomotive et jette l'ancre dans l'excellent mouillage que présente la spacieuse baie de San Luiz, capitale du Maranbâo.

La nécessité de faire quelques réparations à la coque du navire qui m'avait apporté et sur lequel je devais continuermon voyage, ayant occasionné un délai de 26 jours, j'ai été à même d'acquérir sur ce pays des notions assez complètes et qui me permettront de m'étendre un peu plus que je n'ai pu le faire pour les trois dernières provinces.

Le Maranhâo, ainsi nommé du grand fleuve qui le sépare, à l'ouest, de la province de Goyaz, et qui, sous le nom de Tocantins, va déboucher dans l'Océan équinoxial, est une région de plus de cents lieues de côtes et dont l'étendue n'est guère inférieure à celle de tout l'empire français. Accidentée de vastes plaines, de lacs, de montagnes, de fleuves, dont le principal est le profond Parahiba, elle est, en grande partie, couverte de forêts encore inexplorées, derniers sanctuaires de la nature sauvage où errent les derniers débris de la belliqueuse nation des Tupinambas, fuyant devant les armes européennes. Autrefois, des aventuriers français s'allièrent

à cette race indigène pour se maintenir dans le Maranhâo, mais Tesprit colonial ne fut jamais celui de la France : abandonnés de la mère patrie, ses fils furent expulsés par les Portugais, restés seuls possesseurs des plus belles contrées du Nouveau Monde. Que de merveilles naturelles gisent encore dans ces vastes solitudes ! Que d'arbres, de végétaux, d'animaux, de productions minérales s'y dérobent encore aux atteintes de l'homme, à la science, à l'industrie ! Chaque jour la civilisation y agrandit son domaine, chaque jour de plus sûres données permettent de mieux apprécier la physionomie de ce pays primitif; mais que son histoire est loin d'être complète, et que de fables se sont mêlées aux récits qu'x)n nous en a faits !

Le température duMaranhâo est humide mais douce. Les phénomènes atmosphériques y sont grandioses comme les déserts. Les pluies annuelles, que la saison d'automne amène toujours tombent accompagnées d'affreux coups de tonnerre, d'orages et d'une foule d'effets électriques. Néanmoins, le pays est délicieux, et d'une salubrité qui ne se dément que sur les bords de quelques lagunes formées parle Parnahiba.

Sa population civilisée dépasse en ce moment 400 mille âmes, dont environ 30 mille habitent et cultivent l'île du Maranhâo. Les aidées, les bourgs, les villes s'y multiplient.

San Luiz, sa capitale, fait surtout les plus rapides progrès. Elle compte 30 mille habitants et 3 mille maisons, parmi lesquelles il s'en trouve plusieurs qui ressemblent à des palais, et à peine 600 ayant moins de deux étages. Les rivières

Anil et Bacanga, qui de leurs eaux confondues viennent alimenter la baie, embellissent et fécondent les campagnes voisines, dont les ten*ains, gracieusement ondulés, sont, pendant toute l*année, revêtus d'une végétation luxuriante, aux teintes incroyablement variées, et s'harmonisant à merveille avec l'azur du ciel et celui de la mer.

Le palais du gouverneur, élevé sur une éminenee au bord de la baie, domine la rade et le fort qui la défend. C'est un point de vue admirable et d'où les regards peuvent s'étendre, non-seulement sur les falaises rapprochées, mais encore sur tout le vaste horizon, y compris la ville et les jardins d'Alcantara.

Outre les édifices publics consacrés au culte, à la magistrature, aux œuvres de charité, à la marine ou au commerce, San Luiz possède un collège, une bibliothèque, un musée, un abattoir remarquable, quatre fontaines publiques, cinq typographies, neuf journaux, dont un quotidien.

Les mœurs des habitants de San Luiz et de tous ceux du Maranhâk) sont généralement douces et laborieuses ; les étrangers sont très-bien vus dans le pays, où paraît régner le goût des arts et surtout celui de la musique. C'est un heureux présage pour l'avenir de cette belle contrée. Le Maranhâo est riche en productions diverses, mais ses principales récoltes sont le rix, le coton et la canne à sucre, n produit aussi des bois de construction, et livre au commerce plusieurs objets manufacturés, des drogues médicinales, des résines et une certaine quantité de bétail.

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On y trouve spécialement des mines d'or. CeU^s découvertes en 1856 ont été examinées par un ingénieur allemand, Mr. S. J. Gunther, expédié par un capitaliste anglais. Les échantillons que cet ingénieur a rapportés en Angleterre ont donné le produit extraordinaire de 1,520 onees d'or par tonne de 2,240 livres de terre aurifère. Ces mines sont supérieures à celles de la Californie, en ce qu'elles se trouvent dans une roclxe beaucoup plus tendre et beaucoup plus ricke en métal.

Ces terrains aurifères sont sHués à Hontes-Aureos, localité qui se trouve entre les rioe Gurapgr et le Maraeassumé, et la vallée de Baena £sper«nza. Le premier de ces fleuves est navigable dans la saison de la sécheresse, et l'autre le devient dans la saisiOB. des pluies. Il est done hors de doute qu'âne seule action de la coiapagnie qui les exploite pourra devenir la souroe d'une asses rcmde fortune^

Outre les mines d'or, il y a dans le MaranhSo des mines de fer, de cuivre, de houille, de marbre d*un très-beau grain, de pierres calcaires, et de cristal de roche dont on fait aujourd'hui d'excellents verres à lunettes. A la série des produits minéralogiques particuliers à cette contrée, on doit ajouter des dépôts naturels de nitrate de potasse, de sulfate de soude, de sulfate de chaux, de chlorure d'ïodium, de pedra hume, de nombreuses couches d'argile et d'abondantes salines.

Malgré les incendies qui, au grand détriment de l'agriculture éclaircissent chaque jour les forêts, le sol de la province est couvert d'une co«che d'humus

plus ou moins profonde, et qui s'étend même sur les landes stériles du littoral.

Les montagnes présentent fréquemment des ca • vemes. On en remarque surtout un grand nombre entre Mearim et Grajehù. Comme ces cavités, souvent considérables, servent de refuge à des espèces de chauves-souris (vampires) qui, suçant le sang des hommes et des animaux, causent souvent de grands ravages, il sera bon d'en murer l'entrée.

Ce qu'il importe essentiellement d'améliorer dans cette province, c'est l'état de l'agriculture. Le travail des esclaves est là, comme partout où il existe encore, impuissant à tirer parti des ressources du sol. D'ailleurs, depuis qu'un juste sentiment d'humanité a fait abolir la traite des nègres, le prix des esclaves s'est tellement élevé qu'il est audessus des moyens d'un grand nombre de propriétaires. Il n'y a donc de salut pour l'agriculture de ce pays que dans la colonisation, qui substituera avantageusement le travail libre ou travail forcé, dans l'application des machines à l'exploitation des terres, et dans une meilleure et plus intelligente direction imprimée à l'ensemble des travaux.

Le défaut dévoies de communication, et l'absence d'un système d'irrigation qui puisse remédier aux effets désastreux de la sécheresse sont causes du peu du progrès que fait l'élève du bétail.

Cette branche d'industrie fournit néanmoins à la consommation de la province un tribut annuel de 60 mille têtes de gros bétail, sans préjudice de la viande sèche qu'elle expédie à Rio Janeiro.

C'est un revenu qui peut s'évaluer à 5,600,000 francs.

Le développement de Tindustrie et de l'agriculture placera certainement un jour le Maranhâo au premier rang parmi les provinces maritimes du Brésil. On pourrait s'ejx convaincre en jetant seulement un regard sur sa position géographique: elle lui permet, sans trop de difficultés, un commerce interne avec plusieurs contrées du Brésil, et un commerce externe avec les Etats-Unis. En attendant, la valeur de son mouvement commercial présente chaque annéç une notable augmentation.

En 1859, la valeur totale des marchandises, importées directement des pays étrangers s'est élevée à 11,057,200 francs. — Celle des produits nationaux importés de différentes provinces, à 2,155,200f.

Celle des produits étrangers importés par le transit d'autres provinces, à 1,134,000 f.

La valeur de l'exportation à été : —

Pour les produits nationaux expédiés aux ports étrangers, de 6,870,400fs. Pour les mêmes produits expédiés aux ports de l'empire, de l,458,800fs. Pour les produits étrangers expédiés aux province de l'empire, de l,986,0'00f.

L'exportation des produits nationaux pour les pays étrangers s'est ainsi distribuée : —

États-Unis, pour 680,400f.— France, 58,000f.— Orande-Bretagne 3,326,400 f.— Espagne, 313,600f. —Portugal, 2,492,000f.— Total 6,870,400f.

Les droits d'importation pour la même année 1859 se sont élevés à 2,921,200^

60 LrranaAL du bbbsil.

Ceax dimi^Ftaiion des produits iiaitk)iiaux pour l'étranger, à 481, 600f.

Ceux de réexportation des marekandises étrangères à rintérieixr ou à l'extérieiur de l'empire, à l,403,800f.

Ysdeur de Texpc^rtatioi^ des produits nationaux pour Pétranger, de 1856 à 1859 : —

1856: 5,972,40ef .— 57: 6,255,200.-58: 7,756,200. —69: 6,870,400.

Valeur de l'exportation des mêmes produits pour les porfcs de l'empire, de 1856 à 1859 : —

1856: l,019,200f .— 57: 1,237,600.-58: 1,808,800 , — 59: l,468,80(tf.

En 1859, le nombre des navires arrivés et sortis d<»me, pour la navigation au long cours, un total de 161 naviyes, et pour le cabotage, xm total de 133 navires. Les entrées et les sorties se partagent à peu près par im ofaififre égal.

Ces détails, tout incomplets qu'ils sont, suflSsent, je pense, pour dcmner une idée assez juste de la situation actuelle du Maranhâo. On voit que cette province suit avec succès l'élan général qui entraîne aujourd'hui le Brésil vers le progrès.

La civilisation s'implante chaque jour davantage dans ces régions, et tend à faire disparaître les causes de quelques maladies ^idémiques qui affîgent encore certaines parties du pays. J'ai été satisfait, en le quittant, d'y remarquer une foule de travaux publics, dock, construction de pou. drières, de phares, de casernes, d'églises, etc., en pleine activité. Ilestincontestablè que le concours

du gouvernement central et celui des autorités provinciales y sont acquis à toute œuvre d'utilité générale.

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