‹ De la navigation de l'Amazone: réponse à un mémoire de M. Maury, officier de la marine des EtatsChapitre 34 sur 57 · M ARA JÔ · texte numérisé non relu

M ARA JÔ

Cette comarque est formée par la grande île du même nom, située à l'embouchure de l'Amazone, entre la ville de Macapii et la pointe Tigioca. Son étendue d'orient en occident est de 40 lieues, et du sud au nord de 45 lieues. Elle était autrefois habitée par les Tupinambas, dont les canots sillonnaient incessamment l'Amazone. Ces Lidiens furent civilisés par le célèbre P. Antonio Vieira, le seul jésuite qui éleva la voix pour faire cesser l'esclavage des indigènes.

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Possédée quelque temps par les Hollandais, l'île de Maraj6 fut plus tard occupée par les révoltés, sous les ordres de Vinagre, et par les impériaux. Les uns et les autres en maltraitèrent les habitants, aujourd'hui rentrés sous l'ancienne domination. Ce pays est arrosé par le Mondin et l'Arujaz, dont le eours, de 14 à 18 lieues de longueur, est navigable à la faveur de la marée. La population, qui est d'environ 20 mille âmes, est presque tout entière de race indienne, et de la nation des Tapuyas. Le sol, excessivement fertile, est favorable à toutes les productions de la zone torride. On y récolte surtout une prodigieuse quantité de rin, mais la principale occupation des habitants est la création du bétail.

H est fâcheux de dire que, malgré les efiforts du gouvernement, l'état moral de la population laisse beaucoup à désirer. Les crimes se multiplient dans le pays, et, selon l'expression du rapport officiel, présenté à l'Assemblée en 1848, " le vol du bétail y avait pris les proportions d'une véritable industrie." Ce qu'il y avait de plus déplorable, c'est que, par la faiblesse des moyens de répression, l'impunité était à peu près assurée aux auteurs de ces délits et d'autres plus graves encore.

Située sous la ligne même de l'Equateur, environnée d'eau, baignée sans cesse de soleils et de pluies, l'ile de Maraj6, serait un jardin de délices? si l'activité et la moralité de ses habitants répondait aux qualités de son climat.

Les brises de l'Océan et celles de l'Amazone entretiennent dans la contrée une fraîcheur agré-

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able, et qui a le mérite d'y faire régner la salubrité. On s'étonne donc d'apprendre que le bétail y est à peine délivré d'un maladie qui, pendant une longue suite d'années, a causé les plus grands ravages. L'histoire vaut la peine d'être racontée, ne fut-ce que pour flétrir la conduite d'égoïstes industriels qui, dans le but d'augmenter les profits de leur commerce, n'ont pas craint d'inoculer la peste à toute une population. Voici le fait : —

En 1829, 1830 et 1831, les industriels en question ayant acheté à Marajô environ 200 mille chevaux, à 6 fr. par tête, transformèrent l'île en un véritable Montfaucon, abattant et écorchant, à trois reprises différentes, des milliers d'animaux, dont ils chargèrent les peaux sur leurs navires, laissant de tous côtés des monceaux de cadavres, qu'ils n'avaient pas voulu prendre le peine d'enterrer. La putréfaction de tant de corps, hâtée par les ardeurs du climat et par la pluie, répandit promptement l'infection dans la plus grande partie de l'île. Les habitants s'empressèrent de fuir les lieux empestés, mais le bétail, errant dans les champs, fut atteint de cette épidémie qui l'a si cruellement décimé et dont, après 30 ans, les traces sont à peine disparues. Les principales villes de l'île de Marajo sont : — Monforte: situé à 15 lieues au nord de Belem, sur une hauteur qui domine toute la baie de Marajo. Malgré cette situation favorable, elle n'a eu jusqu'ici qu'une très-faible population, composée, pour la plus grande partie, d'Indiens, qui se livrent à la navigation et à l'agriculture, dont ils envoient

les produits à Belem. Les troubles anarchiques de 1834, ont beaucoup nuit à cette ville, qui a été tour à tour 'maltraitée par les deux partis.

Caehoeira: sur le rio Arari. Cette petiteville est le siège d'un conseil municipal. Elle fait quelque commerce à la faveur des marées qui rendent périodiquement le rio Arari navigable.

Montçarâz, anciennement l'aidée Caihâ, habitée par les Tupinambas. Elle est bâtie à l'embouchure d'une petite rivière qui se jette dans le Tocantins, 3 lieues au-dessous de Monforte. Ses habitants, exclusivement Indiens, vivent de chasse, de pêche et de quelques produits agricoles.

Muanâ: où l'on vient de construire une très-belle prison. Cette ville ayant pris, en 1888, le parti de Vinagre, fut prise, l'année suivante, par le commandant provincial José de Souza d'Andréa.

Chaves ou Villa-do-Equador: Villç neuve, située sur la côte nord. Elle doit son origine' à une com pagnie de Para, qui, ayant au 17 siècle, choisi le lieu où elle se trouve pour construire une église et faire les préparatifs d'un armement maritime, y attira la petite population qui s'y est depuis établie. En 1840, cette ville équatoriale consistait encore en deux maisons en terre, couvertes de tuiles, et en une douzaine de cabanes, habitées par des Indiens, vivant de chasse et de fruits obtenus par la culture. Elle a aujourd'hui complètement changé de face, et possède une population assez nombreuse.

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BRAGANCA.

Cette comarque existe en vertu d*ime loi rendue par l'assemblée provinciale, à la date du 11 septembre 1839, "et qui lui donne pour capitale la ville de Bragança. Sa population dépasse aujourd'hui 20 mille âmes.

Sa situation est de plus heureuses pour devenir un centre commercial de grande importance. Elle s'étend considérablement le long de l'Océan, touche à la frontière de Maranhao, et aux comarques de Cametâ et de Belem. La nature du terrain s'accorde d'ailleurs avec les avantages de sa position géographique. L'humus abonde dans ses campagnes, encore couvertes de forêts, mais qui vont s'éclaircissant pour faire place à la culture. Cette comarque renferme aujourd'hui trois municipes : Bragança, Vizeo, et Ourem.

Bragança: C'était autrefois une pauvre aidée d'Lidiens Turamombazes, située à six lieues de la mer, sur la rive gauche du Caité, où quelques missionnaires étaient venus prêcher l'Évangile. Après l'évacuation des Hollandais, le duc de Bragance, à son avènement à la couronne, donna son nom à cette localité, à laquelle il conféra le titre de ville. Elle est à trente lieues est-nord-est de Belem, et c'est depuis 1839 qu'elle est la' capitale d'une nouvelle comarque. Embellie aujourd'hui de quelques édifices publics, elle possède une population de 10 à 12 mille âmes habitants ou créoles. Les Indiens de cette municipe passent pour être d'ex-

cellents nageurs; il est certain qu'ils s'occupant beaucoup de pèche et ne cultivent la terre que pom* en obtenir les produits qui leur sont indispensables. Quant à la population de race européenne, elle se livre au commerce et à la pratique de tous les métiers. Les marées élevant de 10 ou 12 pieds les eaux du Caité, permettent aux embarcations d'atteindre à cetle ville, qui devient ainsi un véritable entrepôt commercial entre San-Luiz et Belem.

Vizeo: ancienne aidée, voisine de la mer et sur le rio Gurupi. Les habitants sont Indiens pour la plupart, et comme ceux des autres localités du pays, ne s'occupent guère que de la chasse ou de la pêche. Ils ont été jusqu'ici d'une extrême pauvreté, et l'Assemblée provinciale a dû voter des fonds pour la reconstruction de l'église paroissiale qui s'était écroulée.

Ourem: Petite ville sur la rive droite du Guamâ, à 24 lieues de Belem. Il y a une vingtaine d'années, l'Assemblé provinciale vota des fonds pour l'édification d'une église, de deux ponts et d'une prison publique. Ses habitants, presque tous d'origine indienne, commencent à cultiver les terres et à faire quelques exportations de produits.

L'existence de cette comarque date du 30 avril 1841. Séparée, à l'est, de la comarque de Para par la petite rivière de Pendabal, elle touche, au nord, à la baie de Gumâ, au sud à la province du Maranhâo, à l'ouest, à la comarque de Macapâ. Le rio Tocantins la traverse du sud au nord pour se jeter dans la baie de Guama. Le sol en est bas et rempli de lagunes, mais sain et fertile. Les Municipes de cette comarque sotot : —

Cametâ, Baiâo, Melgaço, Portel, Oeiras.

Cameta: Cette ville, dont la population dépasse aujourd'hui 30 mille âmes, est très-bien située sur la rive gauche du rio Tocantins. C'est l'ancienne Villa-Viçosa, qui a dû elle-même son origine à une aidée d'Indiens Cametâs. Son territoire, donné d'abord à Francisco d'Albuquerque, fut réuni à la couronne en 1632, après l'expulsion des Hollandais. Cametâ est aujourd'hui l'intermédiare général du commerce qui se fait par le Tocantins et ses nombreux affluents.' Elle est le point de passage de toutes les embarcations qui, par la voie de ce fleuve, se rendent dans l'intérieur de la province de Goyaz. Cette situation qui en fait déjà une des villes les plus florissantes de l'Amazonie, lui assure l'avenir le plus brillant, surtout depuis que le commerce du caoutchouc a pris dans ces contrées une si large extension. Elle possède plusieurs églises et autres édifices publics, et, tout récemment, sur la proposition du président de la pro-

vince, Thonorable D. Antonio Coelho de Sa' e Albuquerque, on y a construit un vaste palais pour les séances du conseil municipal et du jury; une partie de l'édifice a été érigée en maison d'arrêt. C'est du port de l'ancienne aidée de Cametâ que Pedro Texeira partit, en 1837, pour se rendre à Quito par le cours de l'Amazone, et c'est là qu'il revint l'année suivante, en redescendant le même fleuve.

On sait que, dans les événements politiques de 1835, Gameta s'est distinguée par sa constante fidélité au gouvernement impérial. Non-seulement ses habitants repoussèrent les attaques des insurgés, mais encore ils secondèrent les efforts des troupes brésiliennes dans . leur lutte contre la rébellion.

La comarque de Cametâ est bornée, au nord, par le bras de l'Amazone appelé Tocantins, et par Tembouchure de la petite rivière de Pendabal qui la sépare de Bélem ; à l'est, par le ruisseau de Tanarche qui la sépare du territoire de la ville de Tocantins ; au sud, par le Furo ou canal Morujùca et le rio Cupejo qui la sépare de la comarque d'Oeiras ; à l'ouest, par l'aidé de Manoel Rodriguez et les îles Ingapijô. Les habitants de cette fertile et délicieuse contrée se livrent concurremment à l'agriculture, au commerce, à la navigation, à tous les métiers. Ils exportent une quantité considérable de produits, spécialement du cacao. L'introduction des bateaux à vapeur sur les fleuves navigables de ce pays est en train de donner un immense développement à son commerce.

Baiâo: sur la rive droite du rio Tocantins, douze

lieues au-dessus de Cametâ. Sa population comi)osée d'Indiens, de blancs et de métis, au nombre d'environ 8,000 âmes, se livre activement à la culture du cacao, de la maudioca, du coton, du café, et surtout du riz, la situation du terrain, baigné par les eaux du fleuves étant très-favorable â ce dernier produit. L'étonnante fécondité du sol suffirait seule, d'ailleurs, pour assurer la prospérité future de cette comarque.

Melgaço: sur la rive gauche de la lagune Anapù, et à cinq lieues environ du rio d' Anapù, qui sortant de la lagune, va se jeter dans le Tagypurù. Sa .population, indienne en grande partie, s'occupe d'agriculture, mais plus spécialement de la préparation des bois de construction qui abondent dans le pays et donnent lieu a un commerce d'exportation chaque jour plus productif. Elle dépasse aujourd'hui le chiffre de 6,000 âmes.

Portel: C'est uue simple aidée, située sur le bord oriental du rio Acatipicarâ, petit affluent du rio Pacajâ, non-loin de la lagune Anapù. Elle est à 32 lieues sud-ouest de Belem. Sa population, qui depuis 1840, possède ime école primaire à peu près exclusivement composée d'Indiens, plus disposés à se livrer à la chasse qu'à la culture de la terre.

Oieras: A 11 lieues à l'est de Melgoço, et 5 lieues au-dessus de l'embouchure de l'Aratiué, affluent de l'Amazone. C'était anciennement l'aidée Boeae habitée par les Indiens Combocas. Elle doit son élévation au rang de ville au gouverneur Martinho de Souza e Albuquerque par qui elle a été restaurée. Elle a pour habitants 4 ou 5 mille

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Indiens, qui ne s'appliquent guère qu'à la pêche et à la chasse. Les femmes seules s'occupent de la culture du maïs, de la mandioca et des patates nécessaires à l'alimentation locale.

C'est en 1841 qu'un décret de l'Assemblée provinciale de Para créa cette nouvelle comarque. Elle s'étend considérablement dans la Guiane brésilienne, entre l'Amazone et les montagnes de la Gxiiane française, l'Océan et une ligne qui suit à peu près le cours de Jamundâ. Elle comprend aussi les parties de la rive droite de l'Amazone où se trouve Porto-de-Moz. Chênes et Gurupa, qui faisaient autrefois partie de cette comarque en ont été séparés depuis.

Le territoire de cette contrée, qui est bien loin d'être peuplée en raison de sa vaste étendue, est, comme le reste du Para, d'une admirable fertilité. On y cultive le riz, la mandioca, le maïs, le coton, le cacao. Les forets y sont pleines de produits spontanés et de bois excellents pourl'ébénisterie ; on y trouve, presque à chaque pas, le guatiara, bois

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magnifique, de couleur jaune et veiné de noir. L'arbre qui donne le bois appelé macaco n'est pas moins abondant.

Cette comarque ne cont^ïit aujourd'hui que trois municipes : — Macupoâ, Porto-de-Moz et Massigio.

Macapâ. C'est une des plus grandes et des plus fortes villes de tout Brésil septentrional. Elle s'élève sur la rive gauche de l'embouchure de l'Amazone, à 50 lieues sud-ouest de Cap-Norte et à 45 lieues nord-ouest de Belem. Elle n'est qu'à 3 minutes nord de la. ligne équinoxiale. Elle possède un port très-bien placé pour desservir un johr le commerce de ces contrées. La ville se fait remarquer par ses larges rues et ses maisons, pour la plupart recouvertes de tuiles, ce qui est du luxe dans ces pays ; on y trouve plusieurs églises, des hôpitaux, des édifices publics, des écoles primaires. La population, qui dépasse actuellement 12 mille âme's, est un mélange d'indiens, d'européens et de métis, qui s'occupent assez activement de commerce et d'agriculture.

Le fort de Macapâ est peut être le meilleur qui existe dans tout l'empire. Il assure d'une manière complète la défense de la ville et de cette partie du littoral amazonien. Quelques travaux seraient cependant nécessaires pour le préserver de l'attaque des eaux, qui menacent un de ses bastions. Voici comment s'exprime à ce sujet le Belatorio général de 1860, présenté à l'Assemblée nationale du Para, par M. le président D. Antonio Coelho de Sa e Albuquerque : —

" J'ai visité cette forteresse et n'ai pu voir sans adiniration avec quelle force de volonté et quelle constance nos pères gavaient triompher de tous les obstacles de la nature pour élever des constructions cyclopéennes dans des déserts où tout fait défaut.

" La forteresse de Macapâest un carré dont chacun des angles est fortifié par un bastion d'après le système de Vauban.

"Des motifs de haute politique nous conseillent la conservation de ce monument, bien que nous ne devions pas en retirer de grands avantages.

"Les murs extérieurs ont besoin de quelque réparation ; l'action des eaux de l'Amazone est si violente et si impétueuse en cet endroit qu'insensiblement elles ébranlent et aflFondrent le rivage, principalement du côté du nord, où est aussi le bastion de la Conception, si bien que l'angle, flanqué par ce bastion, n'est plus aujourd'hui qu'à deux brasses et demie du bord de la rive.

" En 1848, le gouvernement fit élever une palissade, à l'endroit du terrain où les eaux se brisent avec plus de force. Ces faibles travaux de défense retardent encore le ravage des eaux, mais dans l'état de ruine où ils se trouvent, ils sont insuflEisants pour empêcher que le bastion ne s'écroule dans peu d'années.

" Un mur qui arrête l'éboulement de la rive est donc une œuvre d'absolue nécessité. On peut, par motif d'économie, le construire en pierres sèches. en lui donnant 10 palmes de hauteur, 5 de largeu-' et 95 de longueur. Cette œuvre sera peu dispendieuse, et, concourant avec quelques autres de \\<iv3L

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d'importance, elle préservera la forteresse dVome des» truction inévitable et prochaine sionTabandonne i' Taction du temps. ,

PORTO-nB-MOX.

Cette petite ville se trouve sur la rive droite du Xingû, à quatre lieues au-dessus de son embouchure. Elle est à 102 lieues de Belem. Son portest souvent abordé par les embarcations qui vont de cette ville dans la province de Goyas. Quant à ses habitants, qui sont aujourd'hui au nombre d'environ 6,000, ils ne se livrent à la culture que pour se procurer les premiers objets de consommation.

MAZAOAO:

Dans la Guiane brésilienne, sur la rive droite du rio Mutuacà et à cinq lieues de son confluent avec l'Amazone. C'était autrefois un village appelé Santa- Anna. H doit le nom qu'il porte aujourd'hui à quelques familles des Açores et aux soldats de la garnison du fort Mazagâo qui vinrent s'y établir. Le pays donne abondamment du riz, du coton, et divers autres produits, mais il a été jusqu'ici assez fréquemment visité par les fièvres intermittentes et la petite vérole. La première de ces maladies disparaîtra quand on aura ouvert une issue aux eauxcroupissantes des marais, et Tautre quand les habitants auront renoncé au préjugé déplorable qui leur fait repousser la vaccine.

Le Belatorio sur le Para, année 1860, m'apprend, du reste, que l'autorité provinciale se préoccupe sérieusement d'assainir la comarque de Macapa. Elle décrète l'ouverture de tranchées qui.

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auront pour effet de réunir en rivière et de faire écouler dans l'Amazone les eaux stagnantes répandues dans la plaine voisine de la ville de Macapâ. Dans ce but, la somme de 500,000 réis a été mise à la disposition du commandant de la place.

L'œuvre a dû commencer par une tranchée destinée ik jeter les eaux de la lagune Fantano da Fonte dans celle de Firy das Manivas. La même Assemblée a ordonné l'érection et l'entretient d'un feu £ze sur les mûrs de la forteresse, afin de prévenir les naufrages qui, pendant les nuits orageuses ou obscures, arrivent fréquemment sur ces côtes.

Cette comarque, d'assez récente création, s'étend .sur la rive droite de l'Amazone, entre le petit bras de ce fleuve et l'embouchure du Xingû. La position avantageuse qu'elle occupe et la fertilité de son terroir y développent chaque jour davantage le mouvement du commerce et de l'agriculture. Tous les produits réussissent dans cette terre priviligée. On y cultive néanmoins de préférence le cacaoyer,

la salsepareille et le géroflier. L'unique municipe. de cette comarque est sa capitale.

" GuTupâ: jolie et riante petite ville sur rAmasene,. douze lieues au-dessous de Temboucliure du Xingû. Elle a commencé par être une aidée des Lidiens* Tnpinambas. Plus tard, les Portugais s'en emparèrent, et y élevèrent tin fort qui fut leur premier établissement sur la rivière des Amazones (1623). Leur but principal était de mettre un terme^ aux: empiétements perpétuels des Anglais, dès Français et des Hollandais, qui cberchaient à pénétrer^ dans l'Amazone pour y commercer avec lés indigènes et pour s'y établir. Les HoUaudais furent même quelque temps les maîtres de ces parages, et fortifièrent spécialement l'aidée de Giirupâ. Devenu ville aujourd'hui, ce port fait un commerce assez actif, alimenté par les produits spontanés ou agricoles de ses campagnes et de ses forêts. H y existe un bureau de douane pour la visite de toutesles embarcations qui montent ou descendent la rivière. Pour ce qui est du fort de Gurupâ, il tombe aujourd'hui en ruines, et comme il est devenu d'une complète inutilité, l'Assemblée provinciale a déclaré qu'il ne serait pas rétabli.

L'hôpital, assez remarquable, de Gurupâ, est une fondation dont la date remonte à 1693 et qui est due à D. Pedro II de Portugal. On y a bâti ou restauré depuis peu une église, une prison et plusieurs autres édifices publics. Jia population de Gurupâ s'est considérablement accrue depuis quelques années ; elle atteint, aujourd'hui au chiffre de cinq mille habitants, dont un assez grand nom-

bre se livrent à des arts industriels, et surtout au tissage des étoffes de coton.

Au nord-est, le temitoire de Gurupâ s'avance considérablement dans l'Amazone, dont le lit, d'une extrême largeur en cet endroit, présente plusieurs grandes fles, parmi lesquelles Cupurù, San-Salvador, Mutue, Gurupâ. C'est là aussi que le fleuve se divise en deux bras inégaux, celui de Macapâ, conduisant directement à la mer, et celui appelé Furo de Limâo, qui va s'unir plus loin au canal de Tagipurû, lequel vient aussi de l'Amazone et se jette dans la baie de Tocantins ou rio Para.

Le Tagipurû est la route ordinaire que suivent les barques du cabotage, mais les embarcations plus lourdes préfèrent'le'Furode Limâo,' qui est beaucoup plus large et moins sinueux. Au reste, l'une et l'autre voie sont aujourd'hui fréquentées par les bateaux qui vont chercher les produits naturels dû- pays, et spécialement la gomme dont on fait le caoutchouc. L'arbre qui la donne est très-commun dans tous les environs.

H existait aussi sur tous les bords des rivières Guajarâ et Jacupâ des bois d'assarucùs, arbres dont les feuilles vénéneuses corrompant les eaux, occasionnaient de graves maladies, et surtout les fièvres intermittentes. En conséquence, le président actuel du Para vient d'ordonner l'arrachement des assarucùs sur les bords des deux rivières, et l'ouverture d'un large fossé pour les faire communiquer, et donner ainsi une plus grande rapidité à leurs eaux.

Cette comarque possède un vaste territoire, puisqu'elle s'étend des deux côtés de l'Amazone de manière à embrasser les bassins inférieurs du Tapaj os et du Trombetas. Au nord, elle touche aux montagnes de la Guiane hollandaise et française ; à l'est, à la comarque de Macapà dont elle est séparée par le bassin du rio Caruâ et celui du Carapatubâ ; au sud, à la province de Mato-6rosso ; à l'ouest, aux rios Tupinambaranâ et Jamund&, qui la séparent de la haute-Amazone.

Si une telle étendue de pays était cultivée et peuplée comme le sont l'Angleterre et la France, elle formerait un puissant royaume dont tous les Etats redouteraient les armées ou les vaisseaux, et rechercheraient l'alliance. Mais, riche en produits naturels, en terres fertiles et en forets, avec un fleuve qui vaut un mer, avec im ciel dont le soleil et les nuées sèment également la fécondité, avec des fleurs et des brises qui n'ont point d'égales, elle n'a pu voir encore se presser dans ses campagnes ces masses de peuples dont le courant se précipite si obstinément vers les âpres régions de l'Amérique du Nord !

n faut pourtant le reconnaître : si la grande marée de l'émigration va se répandre sur d'autres

rives, il n'en est pas moins vrai que la population de l'Amazonie centrale s'accroît annuellement dans une proportion toujours plus considérable, H n'en

saurait être différemment lorsque cette partie du Brésil réunit, à ravant^e de posséder tous les riches produits de l'Equateur, et spécialement, le coton et le cacao, celui d'êtare, au moyen du Rio Tapajôs, le point de passage ou l'entrepôt de tout le commerce de l'Europe et de l'Amérique du Nord avec toutes les vallées occidentales de la province de Mato-Grosso. Or, on sait que ces vallées sont réputées pour être les plus riches en gomme élastique, en vanille, en clous de gérofle, enfin en ces mille productions qui rendent le reste du globe tributaire des régions 'Septentrionales du Brésil.

La comarque de Santarem contient les munîcipes suivante :

SANTABEM.

C'est, avec Belem et Gamatâ, une des plus grandes et des plus populeuses villes de la province du Para. Elle est située sur la rive droite de la baie que forme le Tapajôs, en débouchant dans l'Amazone, et doit sa première origine à une tribu d'Lidiens dont le premier de ces fleuves porte encore le nom . En leur annonçant l'Evangile, les missionnaires jésuites leur apprirent en même temps la culture du cacaoyer. Santarem se trouve à 164 lieues de Bôlem. Au temps de leur domination, les Hollandais y avaient élevé un fort qui n'est, depuis longtemps, qu'un monceau de décombres. La ville est aujourd'hui ornée d'élégantes maisons parfaitement alignées. On y remarque même divers édifices construits avec une sorte de luxe, une église cathédrale qui est la plus belle de la province, un hôpital, une fontaine, une maison commune. MM Pinto

frères y ont établi depuis quelque temps un moulin à broyer la canne à sucre. Ce moulin, qui esi encore le seul que Ton trouye dans la comarque, est dirigé par un Français ; il donne annudlemNit 200 tonnes de cachaza ou tafia, et fournit tout le sucre nécessaire à la consommation de la ville et du pays, ee qui repréiiente une quantité de 15 à 16 mille arobes. La population de Santarem, qui n'était que de 4 mille âmes en 1854, est aujourd'hui de 6 à 7 mille, et représente un mélange de blancs, d'indiens et de métis. Le principal commerce du pays consiste en gomme élastique, en cacao, dont il produit tous les ans plus de 20 mille arobes ; en pirarucû, dont i^ sale environ 100 mille tonnes ; en drogues médicinales et en marchandises importées d'Europe. C'est principalement dans les bois de Santarem qu'on recueille le mururé, dont la pharmacie fait un grand usage. A l'époque des derniers troubles du Para, les insurgés s'emparèrent de Santarem, mais en 1840, la ville fit d'elle-même sa soumission au gouvernement impérial,

ALEMQUER.

Dans la Guiane brésilienne, à 14 lieues au nord de Santarem, et tout près du lac Sui*ubiù. Ce vaste amas d'eau, situé entre les rios Gurupatuba et Trombetas, six lieues au-dessus de l'Amazone, s'écoule dans ce fleuve par trois torrents, dont le plus oriental baigne la ville de Prado, et celui du centre la petite ville d'Alemquer, habitée par une population mixte qui laboure de fécondes plaines où elle récolte du maïs, de la mandioca, du riz, du

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tabac et du meilleur càoao. On élève d'excellent bétail dans les environs.

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