OBIDOS
Sur une hauteur qui domine l'Amazone et Ueci.-
bouchure prinràpd^ da Troivbetas, dont elle occupe la rive gauche, à rO lieues, ouest, d'Alemquer et à 180 lieues, est, de Belem. C'est, sans contredît, une des plus régulières et des plus importantes yilles de TAmazome, ayant de jolies rues, d'élégantes maisons et près de 4 mille habitants. Vue des collines d'Obidos, l'Amazone présente, dans ces parages, le plus magnifique spectacle. C'est une nappe d'eau de plus de 900 brasses de large, qui se déroule sans être coupée d'aucune fie et d'aucun banc de sable. La profondeur du fleuve, dans cet endroit, n'est pas moindre de 300 brasses. Bien que, yis-àr-yis d'Obidos, l'Amazone soit encore &plus de 350 lieues de la mer, on commence à y sentir les efiets de la marée montante.
Depuis quelques années le commerce et l'industrie font, dans cette ville, un incontestable progrès, n y règne une grande activité, et, ce qui est du plus heureux présage pour son avenir, les coloi^ étrangers s'y établissent en assez grand nombre; déjà, les campagnes qui environnent la ville se couvrent de plantations où dominent le cacaoyer, le coton et le géroflier. Mais, que de terres fertiles restent encore à cultiver ! Que de forêts d'arbres excellents pour la construction et la menuiserie attendent d'être mises en exploitation! Que de produits que la culture pourrait améliorer y sont encore à l'état sauvage ! Un jour, on vendra peutêtre au poids de l'or quelques arpents de ces terres dont tant de lieues ne représentent à cette heure que la plus minime valeur ! Cependant, l'impulsion est donnée ; la population augmente à vue d'œil, et
le gouvernement, qui fait tous ses efforts pour raccélérer ht développer l'industrie, vient d'établir, sur le Trombetas, des scieries qui occuperont un grand nombre de bras et attireront les capitaux dans le pays. Dans ce moment Obidos exporte 20 mille arobes de cacao, 60 mille de pirarucù, 10 mille de marrons.
Comme cette partie de la Gniane est encore habitée par un grand nombre de tribus indiennes, le gouvernement provincial avait établi, au-dessus d'Obidos, une colonie militaire, dans le but de tenir les sauvages en respect et de protéger les colons ; mais l'augmentation du cliiflre de la population, et, d'autre part,la demi-civilisation des Indiens de ces contrées, ont rendu l'existence de cette colonie à peu près inutile, en sorte que par le Relatorîo de 1860, il était proposé de la transporter à l'embouchure du Madeira ou dans une des îles de l'Amazone.
FABO.
Sur la rive gauche de l'Amazone et près des bords de la lagune de Jamunda, à 12 lieues à l'est d'Obidos, et à 7 lieues du confluent du rio Jamundâ avec l'Amazone. Les environs de ce village présentent d'assez belles cultures de coton et de cacao. Les habitants y confectionnent toutes les années une très-grande quantité de beurre de tortue qu'ils exportent par toute la province.