‹ De la navigation de l'Amazone: réponse à un mémoire de M. Maury, officier de la marine des EtatsChapitre 43 sur 57 · DESCEIPTION ET DIVISION DU PAYS · texte numérisé non relu

DESCEIPTION ET DIVISION DU PAYS

La vaste région de la Haute-Amazone dépendait autrefois du Para, et portait le nom de Comarque de S. José du Para. Elle forme aujourd'hui une province à laquelle les géographes assignent les bornes suivantes : —

A l'est, la province du Para, dont elle est séparée par le rio Jamundâ et la sierra de Parentins, qui s'élève en face de l'embouchure de ce fleuve; au nord, la Guiane hollandaise et anglaise, et l'Etat de Venezuela ; à l'ouest le même Etat de Venezuela, la Nouvelle-Grenade et la République de l'Equateur; au sud, le Pérou et Mato-Grosso. Son:

étendue du nord au sud, est de 280 lieues, et de Test à l'ouest, de 230 lieues. Superficie 60 mille lieues carrées représentant une contrée trois fois grande comme l'empire français actuel.

Les montagnes les plus considérables du pays sont les cordillères de la Guiane, que nous venons

de citer ; les sierras dénudées de Tacamiaba, sur le Jamundâ supérieur, où Ton prétend que se sont réfugiées les Amazones ; les monts Pararaïma à l'extrême occident, et courant à l'est-nord-est pendant un espace de 80 lieues. C'est de ce point que part la chaîne du Cucubi du Rio-Negro et celle du Mont des Cristaes, entre les versants du Tacutù, et du Surumù ; c'est un pic de grande élévation dont la cime porte un lac ombragé d'un bois touffu. On peut encore citer le mont Robino, aussi dans le voisinage du Rio-Branco, et d'un plus difficile accès les cordillères de Cunauarù et Curauti près du rio Majari ; l'Andauari et le Chauida, voisins de la <îataracte S. Filipe; le Carauama, le Vacari, le Sa-, para, et le Picané, plus ou moins éloignés des rives du Rio-Branco ; le Tunuhi, à la droite du Rio-Negro ; entre les rios Içara et Ixié ; le Jacamin, sur le même littoral, en dessous de Maracubî ; les sierras qui touchent aux rios Maraviâ et Cananuri; celles qui forment les grandes chûtes des rios, Apaporis, Japura et Madeira; enfin le mont Brentins et Canaria. A part ces montagnes, qui s'élèvent à ses frontièrs, la province des Amazones ne présente qu'une suite de plaines couvertes de forêts séculaires, interrompues par d'innombrables rivières ou lagunes. La partie du nord contient seule quelques plaines nonenvahies par les bois ou par les eaux, et oi sont d'excellents pâturages. Quant aux fleuves, nous les connaissons déjà pour la plupart. Ce sont: le Japurà, le Rio-Negro, le Rio-Branco, sur la rive gauche ; le Javari, le Jatahi, le Juruhâ, le Teffé

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le T^viTÛB, le MjBbdeîra, pour la rive droite. Parmi les lagunes on peut remarquer rUaicumapâ, qui a plus de 10 lieues de tour, et qui se trouve sur la rive droite du Tupinambaranâ, à 10 lieues du Trombetas ; rAriticuritubâ, le lac Sâracâ, le Saramé, rUnari, Ac., &c.

Le terrain de la haute Amazone est évidemment de formation alluviale; aussi sa fécondité tientelle réellement duprodige. Bans ce pays farorisé de la nature et sans cesse ranimé par la pluie et le soleil, il n'est besoin que de confier des graines à la terre pour les voir pousser instantanément et former des végétaux de grandeur colossale.

On trouve dans le pays des mines de cristal, d'amiante, d'émeri, de marbre, et même d'or et d'argent, mais elles ne sont pas exploitées. Bien n'égale surtout la richesse des forêts, soit pour les produits spontanés dont elles se couvrent, soit pour les bois excellents et rares qu'elles peuvent livrer à l'industrie. Le syringa ou arbre à gomme, s'y rencontre pour ainsi dire, à chaque pas, En un mot' les fruits et les fleurs de la zone torride et du tro" pique forment là le plus magnifique fleuron que la nature ait jamais porté, même dans les antiques légendes des poètes

Par les raisons que nous avons déjà données en parlant du Para, l'agriculture y est à peu près nulle, et l'industrie s'y réduit à la garde des troupeaux, et surtout, à la recherche des produits naturels, source toujours plus abondante du commerce des contrées équatoriales. On se livre aussi beaucoup à la pêche de la tortue, dont la chair^ a.y^<5.

celle du pirarucù et du peix«-boi, contribue pour une large part à Talimentation des habitants. La vente de ces produits fournit aussi les moyens de se procurer une foule d'objets manufacturés, importés d'Europe ou de TAmériquedu Nord.

La température y serait très-chau(}e si elle n^était tempérée, de décembre en juillet, par l'inondation annuelle des fleuves, et de juillet en décembre, par des brises humides qui soufflent sans interruption. La chaleur varie d'ailleurs suivant les lieux que l'on habite : elle est assez forte loin du bord des eaux, modérée au contraire dans le voisinage des fleuves et des lagunes, et surtout dans les lieux élevés. Par la saison des pluies, souvent les nuits, et même les jours deviennent humides ; les étrangers doivent alors prendre certaines précautions hygiéniques pour éviter les atteintes des fièvres intermittentes ou d'autres affections endémiques.

La population de cette province, où tiendraient facilement 80 millions d'habitants, est aujourd'hui d'environ 50 mille âmes. On voit qu'il y a place encore pour la colonisation.

La haute Amazone se divise naturellement en trois grandes régions qui sont : l'Amazone, le Solimoôes et le Rio-Negro. La première, comprenant la partie de la Guiatie et de la Mundurucànîe qui est baignée par l'Amazone, s'étend de l'embouchure du Jamundîi au confluent du Rio-Negro ; la seconde comprend tout le pays baigné par cette partie de l'Amazone appelée Solimôes ; la troisième» tout le littoral Rio-Negro.

La haute Amazone était autrefois dépendante

du Para sous le titre de Capitainerie de Sfc. José do Javari ou du Rio-Negro. Elle forme aujourd'hui une province particulière et se divise en deux comarques, savoir :

Celle des Amazones, comprenant trois termes ou départements : M^nâos, Barcellos et Maués ; et celle du Solimôes, comprenant le terme on département de TeflFé.

Chacun de ces termes a une capitale ou chef -lieu ' du même nom où résident une chambre municipale et un subdélégué de la police. La ville de Manaos est, en outre, la capitale de toute la province et le lieu où l'Assemblée législative provinciale tient ses, séances.

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