‹ De la neâcessiteâ de nouvelles revelations prouveâe par la BibleChapitre 5 sur 5 · Chapitre V · texte numérisé non relu

Chapitre V

REPONSE A QUELQUES OBJECTIONS CQNTRE LA NECESSITE DE NOUVELLES REVELATIONS.

Le texte suivant est souvent cite par ceux qui s'opposent a ce qu'il y ait de nouvelles revelations de nos jours : a Je declare a quiconque entendra les paroles de la prophetie de ce livre que si quelqu'un ajoute a ces choses, Dieu fera tomber sur lui les plaies ecrites dans ce livre; et si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophetie, Dieu lui enlevera la part qu'il a dans le livre de vie, dans la sainte cite et dans les choses qui sont ecrites dans ce livre. » (Apocalypse XXII, 48.)

On s'obstine a conclure de ce passage que nous ne devons plus avoir de revelations. Mais pourquoi tirer de la cette conclusion ? Jean ne dit pas que Dieu ne donnera jamais plus de revelations, mais il declare que 8 si aucun homme ajoute ou fait des retranchements aux paroles de la prophetie de ce livre, Dieu fera tomber sur lui les plaies ecrites dans ce livre. » Or, il y a une grande difference enlre si l'homme ajoute, ou si Dieu ajoute. Je dirai que tout homme qui ajoutera ou fera des retranchements aux paroles de ce livre sera maudit.

Qu'est-ce que le livre de l'Apocalypse? Voici ce qu'on lit en tete de ce livre (Apocalypse 1,1): « La revelation de Jesus-Christ que Dieu lui a donnee pour decouvrir a ses serviteurs les choses qui doivent arriverbientot, et qu'il' a declarees et envoyees par son ange a Jean son serviteur. » Ce sont done les revelations de Jesus-Christ et non pas des homines; ces revelations con-j cernent des choses qui doivent bientot s'accomplir, parmi lesquelles il s'en trouvebeaucoup dont l'accomplissement ne peut avoir lieu sansde nouvelles revelations. Remarquons qu'il ne s'agit que de ce livre. Oui, mais puisque ce livre est a la fin de la Bible, et que ce texte est a la fin du livre, ne pourraiton pas l'expliquer de cette maniere, et ne signifie-t-il pas que nous ne devons plus avoir de revelations? En aucune maniere. Et il n'y a qu'un ignorant capable d'une telle supposition; car ce livre ne fut reuni avec les autres de la Bible que des centaines d'annees apres qu'il fut ecrit. Comment pourrait-il done se rapporter a des livresdont il ne faisait pas encore partie integrante.

Et si, depuis ce temps-la, Dieu eut parle on donne des visions a d'autres de ses serviteurs, c'eut ete la parole de Dieu tout autant que celle de Jean, et l'acte d'ecrire ces revelations ne les eut pas rendues fausses; et il eut ete aussi dangereux pour Jean d'ajouter a leurs paroles qu'il l'eut ete pour eux d'ajouter aux siennes, d'apres la theoriedeceux qui falsifientce passage. Et, de plus, c'est un fait historique bien connu que Jean, l'ecrivain de l'Apocalypse, ecrivit ses trois epilres plusieurs annees apres avoir ecrit son livre de revelations. Cette malediction s'appliquerait done a Jean tout aussi bien qu'a un autre, si la susdite interpretation de ce passage etait correcte. Jean fait mention de deux prophetes qui prophetiseront trois ans et demi; s'ils le font, ce sera la parole de Dieu et aussi vraie que les revelations de Jean ; et s'ils ne le font pas, alors la declaration de Jean est fausse.

Moise a dit aussi (Deuteronome IV, 2) : « Vous n'ajouterez ni n'oterezrien aux paroles que je vous annonce. » Et pourtant nous avons nombre de prophetes et d'ap6tres qui ont ecrit depuis cette epoque. Devons-nous rejeter toutes leurs propheties, parce que Moise a dit : « Vous n'ajouterez ni oterez rien aux paroles que je vous annonce. » Quelle est done la vraie position? Laissons a Moise le soin de nous l'expliquer. II dit (Deuteronome XII, 32): « Vous aurez soin de faire tout ce que je vous commande. Tu n'y ajouteras rien et tu n'en diminueras rien . » II est parfaitement clair que Dieu ne dit pas qu'il ne parlera jamais plus, mais que I'homme ne devait pas ajouter a sa parole.

On fait encore cette objection : nous avons les ecritures des Apofres, l'histoire de l'organisation de l'Egliseet un precis des doctrines enseignees par Jesus-Christ et ses disciples; tout cela n'est-il pas suffisantetne nous dispense-t-il pas de nouvelles revelations? Voila, par exemple, une maniere bien singuliere de raisonner. L'Eglise primitive avait des Apotres vivanls, des prophetes vivants, un Dieu vivant, une religion vivante; elle possedait le don de revelation etde prophetieet avait enfin la certitude. Comme nous l'avons deja remarque, dans les anciens temps, il etait toujours necessaire d'instruire les peuples selon leurs besoins et leur position par ticuliere. Pour rendre cette idee plus claire,je me servirai d'une figure familiere. Supposons que des personnes aient assiste a un riche festin, et que quelques-unes d'entre elles aient ecrit une relation tres etendue des mets, des fruits, de la patisserie, etc., qu'elles aient decrit la maniere d'arranger la table, de la servir, en mentionnant le nom du seigneur qui l'avait donne et celui de quelquesuns des convives, etc., etc. Supposons que longtemps apres une troupe de gens se trouve dans un desert, oil ils demeurent plusieurs jours sans nourriture. L'un dit a l'autre : Je crains que nous ne mourions ici de faim, car nous voila depuis longtemps prives de toutes provisions, et meme sans espoir d'en obtenir jamais. — Ah ! bah ! repond l'autre, il n'y a pas de danger; n'avons-nous pas avec nous l'histoire de ce grand festin qui aeulieu depuis longtemps. — Oui, nous l'avons. -Alors lisez-nous-la, et apaisez notre faim. — Quoi ! avec du papier? mais vous vous moquez de moi.

C'est Ik justement ce que je dis au monde. Quoi! vous voulez apaiser votre faim, en lisant la description d'un festin donne aux autres? Quoi! lire le recit des benedictions, des misericordes, des revelations, du ministere d'anges, des manifestations du pouvoir de Dieu, sans pouvoir les gouter nous-memes, et neanmoins nous dire satisfaits; vivre d'une description sans la realite, d'une ombre sans la substance ! Ge serait tout aussi bien de dire a un homme de rassasier son appetit avec de l'air ou avec les rayons de la lune. II nous faut des apotres vivants, des prophetes vivants, des revelations vivantes et des communications continuelles avec le Seigneur.

II nous est souvent repete que les dons, les signes, les miracles, les prophecies, etc., furent places dans l'Eglise pour etablir le christianisme, et que, cela fait, il n'y avait plus eu besoin de ces choses. Ecoutons ce que dit l'Apotre a ce sujet : (Ephesiens IV, H) « Lui-meme a done donne les uns pour etre apotres, les autres pour etre prophetes, les autres pour etre evangelistes, les autres pour etre pasteurs et instructeurs. » Pourquoi ? etait-ce pour etablir le christianisme? Nullement. Mais (12) « pour le perfectionnement des Saints, pour rceuvre du ministere, pour l'edification du corps du Christ. »Et combien de temps ces choses devaient-ellesexister dans l'Eglise? Etait-ce seulement jusqu'a ce que le christianisme fut etabli? Non, mais « jusqu'a ce que nous soyons tous parvenus a l'unite de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu,al'etat d'homme fait, et alamesure de la stature parfaite de Christ. » Sommes-nous tous « parvenus a l'unite de la foi? » Le monde au contraire est divise et subdivise en une infinite de partis, sectes, opinions etcroyances. Or, si Dieu a donne les uns pour etre prophetes, ils doivent necessairement prophetiser, et nous aurons alors de nouvelles revelations. Oh! combien la sagesse de Dieu est plus propre a regler les affaires de son Eglise que les notions, les theories et les croyances des hommes !

Jesus-Christ avait dit a ses disciples : (Marc XVI, 15-18) « Allez-vous-en par tout le monde, et prechez l'Evangile a toute creature humaine. Celui qui croira et qui sera baptise, sera sauve; mais celui qui ne croira point sera condamne. Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : ils chasseront les demons en mon nom; ils parleront de nouvelles langues; ils chasseront les serpents; quand ils auront buquelque breuvage mortel, il ne leurfera point de mal; ilsimposerontles mains aux malades,etilsseront gueris. » Je demande maintenant : Ou est-ce que l'Evangile devait etre preche? La reponse est : Par tout le monde, a toute creature humaine. — Oil est-ce que les signes devaient suivre ceux qui croiraient ? la oil l'Evangile serait preche. Mais Jesus-Christ n'a jamais dit qu'ils suivraient la predication d'aucun autre evangile.

Le jour de la Pentec6te, Pierre, apres avoir regu le don du Saint-Esprit,. et apres que son influence se fut manifestee et eut ete vue par la foule, s'ecria : (Actes II, 16, 17) « C'est ici de ce qui a ete predit par le prophete

Joel : Et il arrivera aux derniers jours, dit le Seigneur, que je repandrai de mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophetiseront... » Que voulait dire par la l'Apotre? II voulait parler du don du Saint-Esprit et de la manifestation de pouvoir de Dieu. Et que devait produire le don du Saint-Esprit? Le voici : a Vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards auront des songes, et les serviteurs et les servantes de Dieu prophetiseront. » Et a qui le don du Saint-Esprit etait-il destine? Pierre continue : (verset 39) « Car la promesse est a vous. » Etpuis a qui? i« et a vos enfants. » A qui encore? « et a tous ceux qui sont eloignes, autant que le Seigneur notre Dieu en appellera. » Qui sont ceux qui sont appeles par le Seigneur? Allez par tout le monde, et prechez l'Evangile a toute creature humaine. (Marc XVI, 15.)

Que les homines ne cherchent done plus a defendre un evangile perverti en l'appelant l'evangile de Jesus-Christ, qu'ils ne cherchent plus a rejeter le pouvoir de Dieu et a denaturer la Parole de Dieu pour la faire plier a leurs systemes corrompus. Pourquoi ne pas convenir de la verite, comme le fit un jour le reformateur Jean Wesley. Dans un de ses sermons, en deplorant la decheance de l'Eglise, il declara que si nous avions perdu les dons et les benedictions qui appartiennent de droit a l'Eglise, comme elle les avait anciennement, e'est que « l'Eglise avait abandonne Dieu et s'etaittournee vers le paganisme. »

On nous objecte encore cette phrase de Paul : « Les propheties n'auront plus lieu; les langues cesseront et la science sera abolie. » Est-ce que cela n'est pas dans la Bible? Oui, mais lisons un pen plus loin. « Car maintenant nous connaissons en partie , et nous ne prophetisons qu'en partie ; mais quand ce qui est parfait sera venu, alors ce qui est en partie sera aboli. » (Corinthiens XIII, 8-40.) Est-ce que ce qui est parfait est venu? Non. Done, nous avons encore besoin de ces choses. Est-ce que « nous voyons comme nous sommes vus et nous connaissons comme nous sommes connus » ( verset 12 ) ; car e'est alors que ces choses doivent etre abolies? Cela n'exi^e aucune reponse. Oh ! combien deviennent ridicules les subterfuges des hommes, quand ils sont soumis a l'investigalion. On cherche a nous derober la lumiere, la gloire, la certitude et Intelligence de l'Evangile , pour y substituer les croyances , les dogmes et les folles theories des hommes, qu'on decore du nom d'evangile. Maintenant nous connaissons en parlie, voila pourquoi ces choses nous ont ete donnees. Nous prophetisons maintenant en partie, car nous ne voyons que confusement et comme dans un miroir. Mais quand la perfection sera venue, cet epais nuage qui obscurcit 1'atmosphere se dissipera, et alors nous serons entoures de la lumiere, de la gloire et de l'intelligence celestes. L'eclat du jour celeste sera manifesto; « nous verrons comme nous sommes vus, et nous connaitrons oomme nous sommes

connus. » " ,

Certains ministres m'ont gravement fait remarquer qu il serait extreme-

ment dangereux d'avoir continuelleinent dans l'Eglise des propheties et des manifestations du pouvoir de Dieu. Quel dommage qu'ils n'aient pas vecu au temps des Apotres, car ils auraient pu donner a Jesus-Christ et a ses disciples des instructions a cet egard pour les empecher d'enseigner de telles doctrines. Quant a moi, j'ai toujours compris que Jesus et ses Ap6tres etaient les instructeurs des pasteurs, et non pas leurs eleves; car le systeme religieux qu'ils font profession de croire, est celui de Jesus et de ses ap6tres.

Quoi ! il serait dangereux d'etre enseigne de Dieu ! de recevoir des revelations de lui ! Pauvre humanile ! pauvres docteurs d'un monde soi-disant chretien ! sont-ils done tellement aveugles par l'orgueil et la presomption, qu'ils veuillent mettre Dieu hors de question et se presenter eux-memes comme les seuls interpretes de l'Evangile, de la Parole et des desseins de Dieu,avec leur jargon, avec toutes leurs divisions, leurs contestations et leurs querelles. Ils se croisent les bras, en nous disant que nous pouvons fort bien nous passer de Dieu en cela, que les peuples se trouventa merveille de leur direction, mais que ce serait tres dangereux que Dieu serevelat denos jours. Je pense que Satan est du meme avis, car il s'est toujours oppose aux nouvelles revelations, et s'est constamment acharne contre les prophetes et les serviteurs de Dieu. Neanmoins les prophetes ont toujours professe une opinion contraire. L'un d'eux a declare « que le Seigneur Dieu ne fera rien, qu'il n'ait revele son secret aux prophetes ses serviteurs. » (Amos HI, 7.) Un autre prophete a dit : « Ou il n'y a point de visions le peuple perit. » (Proverbes XXIX, 18.) Les theories de ces docteurs peuvent etre fort bien accueillies dans ce monde , mais l'eternite nous devoilera comment elles soutiendront les yeux scrutateurs du Tout-Puissant. "Quoi de plus absurde que de faire profession de conduire les hommes a Dieu, et puis de vouloir arreter la lumiere et l'intelligence qui viennent de lui.

Je pourrais ainsi repondre a beaucoup d'autres questions £galement frivoles. Mais, comme la Bible, depuis la Genese jusqu'a l'Apocalypse, abonde en temoignages tres explicites a cet egard, je m'en abstiens.Si on accepte le temoignage de la Bible, je crois avoir amplement demontre dans ce traite que nous aurons de nouvelles revelations, que les hommes le croient ou non. Et « si les hommes ne croient ni a Mo'ise ni aux prophetes, ils ne croiront pas non plus, quand meme quelqu'un rcssusciterait des morts. » Ainsi a dit Jesus-Christ.

paris< — i,T p. de Marc Ducloux et Comp., rue Saint-Benoit, 7. — 1852.

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