CHAPITRE ni
Du danger qu'il y a pour la Gouroune k différer plus long-temps de s'investir de la Dictature.
La loi actuelle des élections détruite y la loi qui doit la remplacer adoptée dans le conseil du Roi , il me reste à établir le danger qu'il y a pour la couronne à différer de proclamer cette loi.
Je vais examiner des théories qui ne sont déjà plus nouvelles^ et sur lesquelles je m'efforce depuis deux ans d'appeler lexamen des doctrinaires. Ces hommes, qui se vantent si haut de n'obéir qu'à la raison , ont toujours refusé d'entrer , sur ce point y en discussion avec moi. Us savent; trop bien n'avoir rien à répondre à mes argumens , en partant de la nécessité de
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maintenir la Royauté. Mais , comme its ne veulent pas atH>uer cette nécessité, si contraire à leurs vues secrètes, ils feignent de ne me pas comprendre, et croient m'accabler sous leur superbe indifférence.
Qu'ik y songent cependant : ce système y laissé par eux sans réplicpie , a déjà fait impression sur de graves esprits \ il commence à pénétrer dans les masses ; c'est lui qui est appelé à briser la puissance révolutionnaire.
Il est d'abord un point qu'on est forcé de reconnaître , sous peine de renoncer à toute bonne foi : c'est que la Charte , que Ton s'est habitué à nommer une transac-tion entre les droits du trône et ceux de la nation ^ n'a pas été en effet un contrat sjnallagmatique > c'est-à-dire un contrat rédigé entre deux parties , toutes deux présentes, toutes deux en possession de moyens de faire valoir Tune contre l'autre leurs prétentions respectives j et toutes deux disposées , par la crainte d'une lutte incertaine , à se faire des concessions réciproques. Non ; j'en appelle à la France
entière : ce n'est point ainsi que les choses se sont passées en i6i4. L6tiis ^viti ne s'est jamais trouvé en face de la natiôti armée , ayant à craindre d'eii être repoussé ; et ajant par conséquent intérêt à écoûf et* et à peser ses propositions. Il à été rètëibli sur son trône par le vœugénét^àl de la nation, fatiguée de] a tyl*antiie de Bonapairtè; il l'a été sans obsta^e , sàti^ i'ésistancë y sans conditions d'aucune espèce. Lèsporles de son royaume se sont ouvertes devant lui comme s'il y fiit rentré après une courte absence* Il li'a rentontt^ sqr son passage que des acclamation]^ et des espérances.
Rien ne Tempéciiait donô , au moins mâ^ tériellement , dé reprendre toute la plénitude de l'ancienne autorité royale ; et , ni Tarmée , brî^ par ses malheurs , ni le sénat , tombé dans le mépris , n'étaient en situation de le contraindre à modifier son pouvoir.
Il l'a modifié cependant, parce qu'il avait à cœur d'acquitter la conscience de la Royauté , et de reconnaître à son peuple les droits qui avaient constitué dans tous
les temps les franchises de k nation française* Il voulntdonc que les formes de son gouvernement fussent mises en rapport avec cette reconnaissanèe solennelle.
Aussi 9 après avoir proclamé , dans le premier chapitre de la Charte , les droits publics des Français , Louis x viïi prit-il le soin, pour explique^ tbUte sa pensée , d'intituler le second chapitre , celui dont tous les autres n'étaient que le développement X formes du ^uvernement du Roi; entendant déclarer par là , et de la manière la plus précise , que toute cette partie de la Charte n'était qu'uti mode de goui^er* nement , présumé plus propre qu'un autre à maintenir à la fois les droits du prince et ceux de ses sujets.
11 suit évidemment de là que, si les formes du gouvernement établi par la Charte y loin d'affermir , comme on l'avait espéré , les droits du prince et ceux de la nation^ se trouvent être , au contraire, un obstacle à l'exercice de ces droits , le Roi a incontestablemiœt la faculté de les modifier.
(io6)
Je vais plus loin : je suppose qu à l'épo-que de la restauration , la Charte eût été imposée au Roi par une puissance rivale , en situation de lui disputer la couronne ; je suppose encore que cette puissance lui eût dit en termes positifs : « Voilà la forme « de gouvernement que je veux. Je ne « vous dissimule pas qu'elle entraînera <c tels et tels résultats; mais ce sont précise sèment ces résultats que je me propose a d'obtenir : acceptez-les , ou combatce tons ».
Dans cette hypothèse, je soutiens encore que le Roi , après s'être résigné au sort qui lui aurait été fait par ses adversaires , ne pourrait être considéré comme ayant consenti à l'abolition de la Royauté; et que, s'il arrivait par le fait, que les conditions par lui acceptées eussent pour résultat nécessaire le renversement du trône , il serait de son devoir de se refuser à les exécuter, et d'en appeler à son épée : car personne ne peut être contraint de travailler à sa propre ruine.
Mais empressons-nous de rentrer dans
( lo? ) la vérité des faits qni nous sont particuliers. La Charte , ainsi que nous l'avons Yu , n'a pas été une des conditions de la restauration ^ elle a été l'expression libre de la volonté de Louis xyiii. Elle ne peut donc exprimer que ce que Louis xviii a pu vouloir : or , comme il n*a pu vouloir détruire la Royauté, il est évident que y s'il se trouve quelque chose dans la Charte qui soit essentiellement destructif de la Royauté , ce quelque chose doit nécessairement être considéré comme nul et non avenu.
En eflfetj concevrait-on qu'une classe quelconque de citoyen fût autorisée à dire à la Royauté : « C'était à vous à « connaître les conséquences de vos ins- « titutions avant de les établir. Aujourcc d'hui, il ne vous appartient plus d'y « rien changer. Si ces institutions nous ce donnent le pouvoir de renverser le trône, « tant pis pour vous : c'est un droit qui « nous est acquis y et que vous ne pouvez « nous enlever sans violer vos sermens « et vous mettre en révolte contre la na- « tion ».
Voilà cependant ce que lés révolution-^, naires nous disent tous les jours !
La seule chose qui soit fixe et définitivement établie eu France, c'est la Royauté.
C'eit la Royauté) parce <{ue la Royauté est le seul gouvernement qui convienne à retendue de notre territoire ; le sûvX qui soit compatible avec nûs vieilles mœurs , ^vec notre religion, nos arts, notre industrie et notre luxe ; le seul qui puisse tenir réunis et conserver en paix les difierentes classes entre lesquelles la société française est divisée de fait; le seul enfin qui soit en rapport avec les autres gouvememens de TEurope.
Tout doit donc être sacrifié à la con* servation de la Royauté ; et par cela seul qu'une institution est anti-monarchique j elle est anti-nationale ( i )•
Après le principede la Royauté, se pré-
(i) La politique ne reconnaît de vrai que ce qui est conforme au principe fondamental de FËtat Ce qui est monarchique est vrai dans une monarchie ; çc qui est anti-monarchique est faux.
( Journal des Bébals. 1829. )
sente le grand principe de la coopération de la nation à la formation de la loi et à l'établissement de Timpôt; principe qui doit être mis d'accord avec la Royauté, mais qui ne doit jamais la dominer ni Tabaorbër.
L'i^pplication de ce principe peut varier de mille manières la forme du gouverne* ment du Roi. On aurait pu l'établir en divisant la nation en un certain nombre d'ordres ) appelés à délibérer séparément sav la loi et snr 1 impôt, ainsi que cela se pratiquait en France avant la révolution, et que cela se pratique encore aujourd'hui en Suède. On aurait pu établir aussi ce principe en faisant exercer les droits de I4 nation par de grands corps judiciaires ou par des Etats provinciaux.
Louis XVIII a préféré le mode institué par la Charte ; mais ce mode n'est , ainsi qu'il Ta dit lui-même, qu une forme de gow^emement ^ et comme tel , il doit être nécessairement subordonné aux avantages qu'il procure.
Telle est la vraie situation politique
<£ue la Charte nous a faite; c'est-à-dire, notre situation légale / celle dont nous ne pouvons sortir, sans sortir en même temps de l'ordre établi par Louis xviii .
Que Ton dise maintenant que cette sif tuation est intolérable; qu'elle nous livre , pieds et poings liés , à la Royauté ; qu'elle est en opposition avec l'esprit du siècle :
il serait facile de réfuter toutes ces vaines déclamations; mais ce n'est point là la question que nous avons à examiner. Ce qu'il s'agit d'établir^ c'est que la situation que je viens d'exposer constitue l'état politique de la France ; et que tout appel à la force , dans le cas. où la Couronne jugerait absolument nécessaire à sa sûreté de modifier quelques dispositions de la Charte , placerait la responsabilité des événemens futurs sur la tête de ceux qui s'opposeraient à l'exercice légitime de l'autorité royale.
Ceci posé , permis à chacun de s'^orcer de renverser, à ses risques et périls, cet état de choses. L'histoire de chaque peuple n'est que Phîstoire des efforts de
«hacune des classes qui composent ce peuple pour s'emparer du pouvoir ; comme l'histoire du monde n'est que Thistoire des efforts .468 différens peuples pour s'asservir mutuellement. Je ne nierai donc pas ^'une nation ne puisse dire, quand il lui plaît : « Je veux un autre gouvernement ».
Mais une fois que Tordre établi vient à être méconnu ) un roi peut dire à son tour:
« Je veux une autre mesure d'autorité ».
Et les pauvres peuvent dire aussi : a Nous « ne voulons plus de riches -, nous ne vou- « Ions plus de capitalistes possédant i5 « ou 20 millions ; nous ne voulons plus « de terres , de châteaux , de rentes , ni « surtout de droit d'hérédité , qui attri- « bue , à certains enfans qui n'ont rien a fait que de naître , des biens suffisans <c pour nourrir des familles entières ».
La force , la force aveugle décide alors de toutes les prétentions^ mais, jusqu'au )Our où sa terrible voix se fait entendre , ces prétentions diverses sont aussi bien fondées les unes que les autres. Il n'y a pas plus de raison , aux yeux du peuple ,
pour qu'il y ait des riches, qu'il n'y a ée l^aisopi aux yeux des ricb€|9, poup qu'il y ait d^s nable& et dea privilégiés* Tous le«. droits piirticuliers se tienneaai|^ une chaîiie atUchéie au pouvoir légitime, m le droit de propriété , ni le droit d'hérédité ^ ni ^UQiiu ^rmi civii^ ne sont émis sur la yoûte; des cieux ni dans }a eonseîence de rbomme. lis sont tops le insultât de ta loi SQoiale } et lorsque cette loi est brisée > tout alors est remis en prohilèBie : le champ dea tbécHries est ouvert à tout le momïe^ chaque citoyeH est libi^^e d*y chercher de pouy elles combinaisons dWdre public; et il 63 1 aussi légitime d'ordonner la mise en côn^mùn de toutes les piX)priétés privées ^ que d'établir toute autre forme de gouvernement.
Mais rèvebons : je dis done qu'il résulte du mode vivant lequel la Charte a été établie , que le JRbi a conservé le droit de la modifier , si l'expérience lui démontrait qu'elle contient des dispositions incompatibles avec là mpnarchie. Emettre une pareille proposition , ce n'est pas dire.
nnedMiie nouvelle : c'est dire siaiplement que tout powuîr a droit de détruire ce qui lend a le détruire Ini-menie ; c'est dire ce qm iH^ Benjamio-Ccmstant n'ose pas nier aivoir dit mi Directoire le 18 firnctidor; c'est dire y en un mot, ce que tout homme de bon sens et de bonne-foi dira à tans les gouvememens da nionde^ attaqués dans leur existence.
« Lorsque les pouvoirs établis par la <»nslitntion scHit détruits par la force , ou près de l'être, il doit certainement élre permis à un de ces pouvoirs de sauver TEtat, même par l'emploi eactracomsiitutionnei d*une force conservatrice. // serait absurde de soutenir que dans une monarchie^ le prince n'eût pas le droit inné de sauver TEtat et le trône par tous les moyebts^ et même € par la suspension de la eonsiilulion € écrite (1) 3.
(1) (Joiim;J des Débais 9 i^ juin i8i{>, ) Qui croirait qce les hommes qui ont écrit ces lign^n iont les m^mes que ceux qiit rérfigcnt 7ÊU\fniuVhu\ k des Dâ»f9 ? O lioifle! o niis«;re i»imi;iine'
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Maintenant) de deux choses Tune : ou la loi des élections fait partie de la Charte comme ayant élé faîte en conformité de l'article 35; ou elle n en fait po^^partie.
Si elle n'en fait point partie, la Charte n'a plus rien d'incompatible avec la Royauté; mais alors la Charte est incomplète^ elle est inachevée^ parce qu'elle a omis de constituer la troisième branche de la souveraineté, et qu'aucun autre pouvoir ne saurait , sur ce point , remplacer le pouvoir constituant du Roi.
Si l'on prétend,' au contraire, que la loi des élections fait partie de la Charte, parce que cette loi a été faite suivant le mode déterminé par Tarticle 35; alors je soutiens quç la Charte , viciée dans son principe , est devenue absolumetit incompatible avec la Royauté, et que le droit qui appartient au Roi de la modifier, est aujourd'hui ouvert par la plus imminente nécessité.
L'eflfet inévitable de la loi des élections étant, ainsi que nous l'avons démontré dans le premier chapitre de cet ouvrage.
d'isoler entièrement la Chambre des Dé« pûtes de la Chambre des Pairs et de la Couronne^ en en faisant l'apanage exclusif de la démocratie pure, il est impossible qu'il n éclate pas quelque jour une scission violente entre la Chambre des Députés et les deux autres branches de la puissance législative , soit sur les institutions déjà établies par la Charte, soit sur les institutions qui restent à établir.
Or, le jour où cette scission éclatera, qu arrivera-t-il ?
La Chambre des Députés exigera du Roi qu'il change ses ministres, quil lui propose telle loi : sinon, elle lui refusera le budget; et en agissant ainsi ^ elle se trouvera dans l'exercice de son droit, ou, si on le veut, de son pouvoir constitution*nel : ce qui est absolument la même chose.
De son côté, le Roi, satisfait de la marche politique adoptée par son ministère , refusera de le changer ou de proposer la loi demandée; et en agissant ainsi, il se trouvera, lui aussi, dans Texcrcice de son pouvoir constitutionnel.
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Voiîà le gouvernement dans Timpossibilité de marcher^ voilà la Charle arrêtée tout court, et arrêtée légalement ^ sans qu'il y ait aucun moyen constitutionnel de la remettre en ipouvement. Il faudra donc recourir à un moyen en dehors de la Charte , pour foire cesser cet état de choses.
Non, dira- t-on;^ cet embarras passager n'est qu'un des accidens ordinaires du gouvernement représentatif. Le Roi cédera à la Chambre , ou la Chambre cédera au Roi.
Et moi , je réponds que ni Tun ni l'autre ne voudront céder , et que mémo ni l'un ni l'autre ne pourront céder.
Ni le Roi ni la Chambre ne pourront céder , parce qu'ainsi que le dit très bien M. ELenri Fonfrède : Le dissentiment portera sur le fondméme des choses, et sur la nature des pouvoirs politiques {i)*
La Chambre des Députés, issue d'un corps électoral tout démocratique, vou-
(i) Gazette de Fraucc , du. i5 janvier.
dra établir la démocralie pure ; et la Royauté y ÎDStruite par i'expérieDce , da sort que loi réserve la démocralie , s'eflbr-cera de lui enlever son pouvoir, et de le transporter à une autre classe de citoyens intéressés an maintien de la monarchie.
Il faudra donc que la lutte sengage* Qmcub des deux partis le désirera avec fà fnèoie ardeur. Ne pouvant exister en prétence l'âne de l'autre , la Couronne et la Démocratie auront un égal besoin d'une crise définitive^ d^une solution, ainsi qM ie dit très judicieusement encore M. Henri Fonfrède.
Maintenant je le demande : où sera le droit? où sera le devoir? A qui devra-toù teconnaître le pouvoir de réformer la Chàrle, après que l'expérience aura dé- Aiiontré qu^elle est absolumMt inexécu* tablé, îct quit est impossible aux trois branches dont se compose anjourdlîof la pQÎssahce législative , de s'entendre sur les Yhodifications à y apporter? Scra-c(5 /i la Chambre des Députés , qui n'est qu'une
cmanation de la Charte , on au Roi , de qui la Charte elle-même est émanée ?
Ainsi la question se réduit pour la Royauté à ce point bien simple : à savoir quel est le moment qui lui est'le plus favorable pour commencer une gnen^e impossible à éviter.
La Royauté ne saurait la comoieuioer trop tôt; et chaque jour écoulé ajoute aux difficultés» que *cett« entreprise pourra rencontrer.
Qui doute en effet aujourd'hui <j\ie, si , le 8 août dernier , au lieu de créer un ministère dont la composition seule: dev|dt exciter toute la fureur des révoltitionnaires, la Royauté , comme j'en aidais donné le conseil^ se fût hardiment précipitée sur la révolution^ la Royauté. ne l'eût écrasée du premier choc?. Tout le monde en convientriinaixitenant; et tout le i^MlpJN alors croyait la cbo^ inipossiblç.
La Couronne devait disposer ses ni.ac)3i^çs dans le silence ; préparer sa nqurelle loi d'élection , ses proclamations, sesordon'nances transitoires ; et tout à coup écla-
( "9) 1er : .déclarer la sûreté de l'Etat corn-promise i et, en vertu de Tarlicle i4 de la Charte , se revêtir du pouvoir coqsUtuant, et rétablir Tharmonie dans toutes les parties du gouvernement. Tout cela se serait accompli sans obstacle , sans résistance , et aux acclamations générales de tous les amis de Tordre et de la liberté.
Trojiique nunc stares, Priamiqpie arx alla maneres !
Mais trop timide , et trop incertain dans ses vues , pour adopter une marche si franche et si positive , le ministère s'est laissé séduire par tcmtes les illusions qui reculaient pour lui le moment d'agir. Il s est plu à croire qu'il ne suffisait pas que Fincompatibilité de la loi des élections avec lamonarchieMt démontrée aux jeux de la raison , mais qu'il fallait encore que cette incompatibilité fût manifestée aux sens grossiers du peuple par les flip|rtes plus éclatans. 11 s*cst donc déterminé à attendis, pour prendre un parti définitif, que la Chambre des Députés se fût mise
en révolte ouverte coiilre la OoÀroUne en l«i neftismit le buchget.
C est pl'écisément ce système de item* poriBation do>Ht il ^est^de la plus haute itnportance de sSgtvàiei* ies dangers. Conçn socrs rimpreissiofi de hi craiiït'e^ il pent conduire ia , motiat<chie à un état d désespéré , Kpt'A n'y Jdit pli» moyen «de la sauver.
Combien de chances de succès ce plan n'enJève-t-il pas à. U Couronne?
Contrainto d'entrer on lice avec la démocratie, ià Royauté a du moios. ifujoard%ai le chois: da; four du eomhatw £Uè l^eut presser 9 ou retarder son attaqùei, suivant la dispùsition génàrale des esprits.
Mais :$i une fois telle déclare, dif^ctemeitt ou nidii«ciQiiient>^t|ue lé refus da budget est ie seul aictè qui péisse l'autoriser à user des mofytens. iqiie là Charte met en sffil^^ipuvoir pour se sauver elleHmâme ; alors tl >est évadait que le choix du jour du cotnbat passera '»nx.révolntionnaii:H3s, et qu'ils ne jetteront le gant à la Couronne
certaine , cesi que la loi des élections sera renversée un jour par une or^fan^ nauçe wmplémentaire dç la Chante.
Parcourons successivemeot toutes les chan* ces que cettet guerre pou?ra préfiçiU^r.
Je suppose d'abord TautoritéToyale sortant victorieuse de la lutté engagée; et, par consécpient , le Bc^ se trouvant en position de parler ^n inallre à des sujets sou-r mis par la force des arômes.
Le Roi, >eo ai la conviction profoQ4e 9 se fait gloire de commander à un peuple libre. U aime des institutions qqi lui permettent d'apprendre de ce peuple lui-même qu'il est administré avec douceur ^t équité > que les impôts sont exactement ré* partis , et n'ont rien de trotp onéreuj^ poiiir les contribuables ; qu'enfin chaquq citoyen jouit de tous les droits qui lui ont été reoonnus.Maifi, quelque attachement sincère que le Roi porte aux Iibeiftés publiq-ues , qui peut prévoir l'effet que produirait sur son esprit une révolte prolongée ? Aujourd'hui encore 9 il croit à l'amour , à la modération 9 à la reconnaissance de ses peu-
il est vrai , à la Royauté , mais peu dispo* sée à s'armer contre elle et à affronter sa puissance.
Combien , au contraire , leur position ne devient-elle pas plus avantageuse et plus redoutable , si le ministère obtient le budget ? Les choses restent alors dans 1 état où elles sont ;. la/ {);*esse! continue à sévir contre la moujarcbie j la. nation se. corrompt de jour en )our davantage y et la contagion , se répanda^it de proche en pro^ che, finit par atteindre Tarmée. Alojrs, plus de défense posisible ; plus de conditions à obtenip.d'une faction implacable 9 plus de regrets k espérer de la nation découragée ; ^ arrive enfin le moment fatal où il ne reste pas même au monarchie la consolation de tomber avec gloire. II est contraint de descendre du trône par un x^oncours de volontés cpxe la faîblesise de i sêi^ conseillers a f(}rmées une à une , et de ^subiis d'indigiies hommages juisqu'aux fron- :iièrès de soa royaume.
Tel est Ictrés^ltat inévitable du système de temporisation adopté par le ministère:
un plus grand nombre d'ennemis en face da trône, moins de dévouement et de fermeté derrière lui.
S'il existe , en effet , entre les différens pouvoirs de TEtat une antipathie si absolue qu il soit impossible qae ces pouvoirs subsistent ensemble; si déjà les partis se provoquent et se menacent ; si , comme le reconnaît M. Henri Fonfrède, nous sommes plongés dans une anarchie mo* raie qui froisse tous les intérêts ; si , de l(Outes parts ^ enfin j on demande une solution : que tarde la Couronne à se déclarer ? Est-il quelqu'un qui doute que les choses ne soient portées à la dernière extréinité? Ne parle-t-on pas déjà tout haut d'un changement de dynastie ? Que veuton davantage ? Faut-il attendre que le fer ait brillé ? Faut-il que la Royauté soit déjà frappée , pour qu'il lui devienne permis de se croire des ennemis ?
La France ne peut rester plus longtemps sous le coup du terrible avenir que lui préparent les révolutionnaires. Elle lève vers le Roi ses mains suppliantes ; elle le
g^ouverneut , que la noblesse et le clergé qui approchent ces Rois et qui les çouseilleot , menacés tous» ds^s leur autorité ^ danslçiufs privil^es , dans Içur existence^ ne se hâlepl pa^ de y^niis renverser ua ordre de choses dQntlapplicat^o^qliçz eux pour* rait leiir être si fuipieste (i) ? Nous auirons beau protester contre cette viojeqçe , et exciper àfi notre indépendiaiice* nationale ^ on ne nous reconnaîtra maîtres chez.no us qu'autant que nous y serons les plus forts* Avons-nqus respecté l'indépendance de la Hollande, de la Suisse et de l'Italie? N'y avon^nous pa^ porté succ^sivement nos difféirentes çon^titi^tions républicaiaes ,. çl ensuite nos Royautés révolutionnaûres 2 Avoti5*nous allégué d'autres motifs pour
(i) « C*est une erreur des esprits spéculatifs « dit « M. Bignon , de supposer dans les gouvernemens « une liberté de direction intérieure entièrement inff dépendante de leur position an dehors. Pour qu'il « en fût ainsi , il faudrait qu une nation fût isolée-, « sans contact avec aucune autre puissance , de ina~ c( nicre a être maîtresse absolue de ses mouvemens. » ( Bignon. Histoire de France depuis le i8 bru>
maire jusqu à la paix de Tilsitt. Préface » page 27. )
renverser les anciennes lois de ces contrées, sinon qu'elles n'étaient plus en rapport avec les nôtres? Pourquoi les puissances de TEurope respecteraient-elles davantage notre nouvelle forme de gouvernement ?
La Russie , TAutriche et la Prusse n'auront donc pas besoin d'être appelées en France par le parti vaincu ; leur propre intérêt leur parlera assez haut , et leur fera sentir assez vivement la nécessité de nous faire rentrer dans le cercle des principes qui régissent le continent. Elles se précipiteront sur la France j non plus comme en 1789 , avec des corps de cinquante mille hommes , moins propres à inspirer la crainte qu'à encourager la résistance ; mais avec des masses de sept ou Imit cent mille hommes ^ impatiens -de nous piller , de nous vexer y de nous huaiilier , comme nous avons pillé^ vexé , humilié leurs concitoyens. Quelle résistance pourrons-nous opposer à cette multitude d'ennemis , pénétrant de toutes parts dans le coeur du royaume ? Nos guerriers s'élanceront au devant des har-
bares ; ils ajouteront un fleuron de plus à la couronne nAlitaire de la France : nttais leur vaillance tfempéchera pas l'ennenii de s'avancer jusqu'à Paris. Alori^^ de dotiveaux millions nous seront imposés : il faiadra payer la terreur que nos dOctl*ines auront répandue; et jusqu'à ce que nous soyons quittes envers les Couronnée ^fensées , FEiirope eampefaén Fràîîce, CotùtHe tious avons campé en Hollande et en Italie; €omme les Russes campent anjouitl'hdi efn Turquie. Les Prussiens etlesRuââês oc^ù-^ peront nos province^ du Nbrd ; les Atiirichiens , la Bburgogne et la Fraii<éhe- Comté ; les Piémontais , le DàUj^iné et U Provence; les Espagnole , le Langtièdë<) et le Roussillon ; et il sera tout «u plu»^ permis à notre malheui^eilx fioi , aecdQtli pour se jeter encore entre rEnrope et âdus^ d'étendië son sceptre brisé sur queiq«i0â provinces centrales ^ et de leur i^onsertier le vieux nom de France.
Mais veut-*on ( car il n'est poitit d'illttsiôtis qtfi ne soient permises au soirvèâir de nôtre gloire passée) , vèût-oii que k
( «Si)
victoire repousse encore Félranger dans ses propres foyers ? Veut-OB que le génie Âe la France y frappant du pied cette terre belliqueuse , en fasse sortir encore des l^ODS semblables à ces légions d'éternelle mémoire , contre lesquelles FEurope ne pouvait plus trouver de soldats ? Veuton que les Moreau ^ les Marceau , les Desedx , les Lannes , les Ney , les Suchet , les Masséna , et toute cette foule de héros qa'enfanta de nos jours Tamour de la patrie 9 sortent de leurs tombeaux à la voix de la France en péril? Veut-on enfin que^ plus prudens que nos frères ^ nous sachions éviter les glaces de la Russie , et nous préamnir contre la défection de nos alliés ?
Quelle sera , même alors , notre destinée ?
Ici, je n'imagine rien ; j'écoute Thistoire , et f écris : Parmi tant de guerriers célèbres y l'un d'eux , plus heureux que ses frères d'armes , ou plus puissant sur les esprits , sera devenu l idole de l'armée et de la nation ; comme César ^ comme Mahomet , conune Pépin , comme Cromwell , comme Bonaparte , il sera élevé sur le pavois par
ses com[}agQons de gloire , qai trouveront eux-mêmes, cb|||ii8 son avènement au trône, l'avantage de fixer leur rang et leur fortune. Alors il faudra nous soumettre à toutes les exigences d'un pouvoir nouveau. « Or , un gouvernement nouveau , <( dit M. Bignon (i) , un gouvernement (c contesté ouvertement ou en secret par « toutes les puissances de PEurope , a be- « soin à* arbitraire pour s'affermir. y>
Ainsi plus de liherté, plus de Chambres^ plus de tribune, plus de liberté individuelle, plus de liberté de la presse j mais des prisons d'Etat , mais la censure , mais des parvenus arrogans et des militaires intraitables^ mais le despotisme, enfin I Voilà ce que nous aurons gagné à disputer à notre Roi une autorité nécessaire. Voilà pour quels résultats la France aura encore épuisé son flanc, et couvert ses plaines du plus pur de son sang!
Jamais il n'existera de vraie liberté en France que par les Bourbons et avec les
(i) Histoire de France , etc. Préface, page i6.
Bourbons. Tout autre gouvernement doit aboutir au despotisme. Il n'est donné qu'aux Bourbons, qui n'ont besoin de s'appuyer particulièrement ni sur le peuple ni sur l'armée ^ de maintenir leur autorité à l'aide d'une simple aristocratie politique 9 ouverte à tous les citoyens.
Je dis, à l'aide d'une aristocratie politique j et j'insiste sur cette condition, parce quil ri est point de gouvernement possible, sans une aristocratie quel^ co/ifue/ c'est-à->dire9 sans une classe de citoyens particulièrement intéressés k sa conservation. Les familles des régicides, $i la république se fût maintenue , étaient destinées à constituer une grande aristo* csratie du sang, devant laquelle toutes les antres familles eussent dû fléchir le genou ; et Bonaparte lui-même , malgré sa gigantesque gloire, ne fut admis par la révolution à ceindre la couronne^ qu'après loi avoir jeté la tête du duc d'Engbicn»
Le maintien des libertés publiques , ni>n moins que le salut du trône, exigent donc absojument que le R.oi se rcvêHsse In plu^
tôt possible de la dictature qui lui appar* tient dans les cas où la sûreté de FEtat est compromise j ;^|l|^ que , profitant des lumières que Teipérience de la Charte lui a données, il revise ^ dans sa haute sagesse , les institutions qui entravent $a marche.
La nécessité de cette grande mesure est généralement sentie par tous les hommes qui se sont trouvés depuis quinze ans à ta tête des affaires.
Parmi tant de ministres qui ont été appelés à mettre la Charte à exécution, il îi'en e^t pas un peut-être qui^ dans le secret de sa conscience , ne reconnaisi^e aujourd'hui qu'il y a contradiction entre les divers élémens de la puissance législative; que cette contradiction doit entraîner la pertfs de la monarchie , et qu'il est impossible de sauver le trône par des moyens légaux, c'est-à-dire, par des naoyens concertés avec la Chambre actuelle des Députés , ou toute autre chambre émanée des collèges électoraux. • '
Qui donc empêche que cette mesure ne
soit prise? 11 faut le dire : c est le manque derésolutioù.
I^e Français, si brave à la guerre , est dépourvu de courage civil. Une fois qu'il a posé les armes , il n'a plus de souci que d§ vivre tranquille et dégagé de tous soins.
Tout ce qui trouble son repos, tout ce qui l'arrache à ses habitudes, tout ce q^i Fattaque dans son bien-être ou le blesse dans sa vanité, l'inquiète et le fatigue.
GVt cette disposition d'esprit particu-^ iière qui fait toute la force des journaux.
On les .méprise ; mais on les craint. On 53^^ qu'ils font un si honteux trafic d'in- |uf es et de mensonges , qu'il est aujourd'hui .fï^çu qu'on ne doit tenir aucun compte de leors plus graves inculpations, et qu'on ne p^Ut se mettre en rapport avec eux sans se .Q^(Uquer à soi-même (i). Et cependant
(i) Lorsqu'à Focciision de mon dernier écrit je çfiif$ d^ov* répondre au Journal des Débats , au Constitutionnel» et au Courrier français, tous mes. amis me blâmèreut d'avoir paru attacher quelque impoitance à leurs calomnies. Je ne les savais pas encore si bas. dans Topinion publique.
(tant est grande en France la crainte du ridicule ! ) ils sont devenus la terreur du jour, Vépée sus^ndue sur la tête de tout homme public. Princes, ministres, administrateurs , écrivains , généraux , tous se sentent glacés d'épouvante devant le pre-^ mier drôle (i) qui peut remplir une colonne dans une feuille périodique. Les Français braveront la disgrâce, la pauvreté, lamort....; ils n'oseront braver l'insolente grossièreté des journaux. On a vu un magistrat , d'abord en butte à leurs outrages y à raison de son zèle pour Fautorité royale, s'humilier ensuite sous la verge dont ils l'avaient frappé j recevoir humblement de leurs mains le baptême des doc-r trines nouvelles , et capter publiquement leurs faveurs dans le sanctuaire m^me de la justice, par les plus indécentes adular tions. Aussi quel soin n'ont-ils pas pris à guérir les blessures qu'ils lui avaient faites , et à reconstruire sa réputation ! Ilis ont vanté son esprit, son savoir, sa fermeté j
(i) Expression de Tavocat de la coiironDe, eu Angleterre , dans Tafifaire d*Alexander.
il est devenu l'ami du peuple , rinébran^ lable boulevard des libertés publiques.
Tous les anciens noms de la magistrature ont dû pâlir devant le sien. Ils lui ont fait^ pour rbistoire, des mots qu'il n'a jamais prononcés^ ils lui ont créé sur sa compagnie une influence qu'elle est bien loin de lui accorder j ils l'ont enfin désigné au choix de la nation , comme le premier citoyen qu'elle doit appeler à la tête de la magistrature , lorsque le peuple aura conquis sur la G)uronne le droit de nom-^ mer les ministres.
Nos ministres ne sont pas moins atteints que le reste de la nation , de cette incurable faiblesse qui nous a déjà causé tant de maux^ et qui nous en prépare encore de si grands.
<ç Ils n'ont pas faute de bons sens et « d'expérience ; ils connaissent la nature «c deè affaires et la possibilité de chaque « chose : mais d'ordinaire leur connais- ^ sance demeure cachée dans leur esprit , a et n'y produit qu'une vaine et oisive K contemplation. Elle n est fertile qi/en
( i38 ) « pensées stériles : c'est une vertu qui (( finit en elle-même; c* est une puissance a qui ne se réduit jamais en acte ( i») .
«iTootes led hautes entreprises les épou- « •vantent j toutes les grandes choses leur « paraissent monstrueuses; tout ce, qui <i n'est pas aisé y ils V appellent imposa a sihle ; et , la peur leur grossissant les « objets en leur grossissant juscju'à l'infini « chaque individu , quand trois niécon- «c tens se retirent de la cour, ils se figure rent une armée de rebelles en carnée pagne , qui entraine les villes et les 4c communautés apt^ès elle , sans trouver ce de résistance (a). »
Qu'attendent-ils cependant pour agir ?
Le mal peut-il être porté plus loin !
« Ce n'est plus aujourd'hui un nuage « qui passe 3 ce n*est p)us une tache dans <( un coin de Tair , qui s y perd plutôt « qu'elle ne s'y arrête : c'est un afiVeux
(i) Pensées de Balzac, page loo.
j(2) Iriem, page 224.
i[ ouragan qui doit ébranler le monde tac jusque dans ses fondemens (i) ».
Quel pouvoir en effet , quel nom , quelle vertu , quelle croyance est aujourdlmi respectée en France? Est-il un objet si pur et si sacré qui ne soit souillé par le souffle empoisonné des journaux? Un peiqple peut-il rester long-temps en état de société au milieu d'une pareille licence?
Le sol ne tremble-t-il pas sous tout ce qui eoDititue véritablement la nation : sous la propriété , sous l'industrie y sous toutes les existences acquises ?
Un danger aussi imminent ne réveillera^il pas le courage de ceux qui pourraient être nos sauveurs ? Suger , Richelieu , Maupeou , oh étes-vous ? Faudrat*il qu'une si belle et si antique monarchie s'écroule; qu'un peuple si brillant disparaisse d entre les nations , sans qu'un homme, un seul homme ait voulu hasarder sa vie pour prévenir cette grande catastrophe !
(i) Pensées de Balzac , page 122.
Qu^ont-ils fait pour le trône tous ces:
mille ministres qui se sont si rapidement succédé depuis la restauration ? En est-il un qui ait songé à établir une institution qui n'eût pa^ pour but le moment préseiit et l'intérêt de sa propre conservation?
Qui d'entre eux a songé à la France? Qui a songé au trône ^ attaqué avec tant de rage dès le ^our même où il fut relevé? Qui a songé, à arrêter cette démocratie dévo* rante qui s'approche du trône et menace de l'engloutir?
Est-ce être gouvernés que de l'être «omme nous le sommes depuis quinze ans? Est-ce avoir une constitution, un roi, des libertés^ un ordre quelconque ? « C'est vivre seule- & ment , et aller d'un jour à l'autre. L'état a des affaires nest ni paix ni irèf^e. C'est « un repos d'assoupissement qu'on pro« a cure au peuple par artifice ^ et le sont- (c meil des coupables n'est pas plus « agité ni plus inquiet que cette trompeuse tranquillité y> (i).
(i) Pepsécs de Balzac, page 2a3.
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Sans les Bourbons , il n'est plus personne en France qui puisse être assuré de ses biens , de sa liberté et de sa vie.
Ce n'est point la crainte d'être quelque jour en butte à la foreur des Jacobins qui m'arrache des cris si persévérans. Mourir de la révolution , ou de Tune de ces mille pestes qui affligent Thumanité 9 qu'importe ? Mais, tomber sans défense sous les coups de son ennemi, et n'avoir point à saisir quelque arme , quelque épée / il y a dans un pareil sort quelque chose qui ne se peut supporter.
hes révolutionnaires ont voulu la liberté indéfinie de la presse ; il périront par la presse. La révolte n'aura pas seule ses menaces et ses foudres. Le dévouement aussi pourra faire entendre sa voix, et porter l'épouvante dans Tame des factieux.
Le Roi sera éclairé sur les pièges tendus à sa loyauté. Il saura les complots ourdis contre sa maison , et les moyens lêgauœ à l'aide desquels on espère renverser son trône.
De tous les conjurés je lui dirai les noms :
Procule, Glabrion, Virginian, Rutile, Marcel,. Plaute,Lénas, Pompone, Albin, Jeile;
et Maxime surtout, le plus vain et par conséquent le plus implacable de tous ses ennemis.
Je montrerai à la France le précipice affreux dans lequel on l'entraine. Je la ferai frémir de l'avenir qu'on lui prépare, et. de tout le désordre que Ton sème autour d'elle.
Que les journaux maintenant m'accablent de leurs traits les plus acérés; qu'ils réunissent contre moi tout leur venin ; qu'ils s'efforcent , s'ils peuvent , de me rendre ridicule : je défie leur impuissante fureur.
En proie à la rage de ses ennemis, le sauvage du Canada fait consister sa gloire à irriter leur vengeance par le récil des maux qu'il leur a causés. Il leiu* rappelle leurs pères, leurs femmes, leurs enfans, leurs frères , qu'il a immolés , déchirés , écrasés sous sa massue. Comme lui, je me
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plais à braver la haine des révolutionnaires, et à triompher à leurs yeux des coups que je leur ai portés : de leurs doctrines mises à nu et livrées au mépris public; de la loi des élections renversée de son trône j du commerce expulsé du rang qu'il avait usurpé; de la propriété territoriale replacée à la tête de l'Etat j et surtout du pouvoir constituant du R ci, arraché du tombeau où la révolution ïe tenait enfermé, et rétabli, pour le saint du trône et le maintien de la Charte, dans toute sa force et dans toute sa majesté.
I Français! soyons justes envers notre
i Roî, comme il a été généreux envers nous.
Tout ce que nous voulions en 1789, nous l'avons obtenu.
Nous voulions que les impôts fussent également répartis : il n'y a plus personne aujourd'hui qui soit exempt des chargeai publiques.
Nous voulions que la servitude pc^ sonnelle, les privilèges des provinces, ii vénalité des charges, les arrêts de m séance, les évocations, les justices
igAeuriales et les droits féodaux fassent supprimés : ces abus ont disparu pour toujours.
Nous voulions que tous les (Àtojens fussent également admissibles à tous les emplois : et les cours , les tribunaux , les administrations 9 les hauts grades de Tarmée, sont occupés par des citoyens pris indistinctement dans toutes les classes de la société. Nos ducs, nos pairs et nos cordons bjeus comptent dans leurs rangs un grand nombre de ces hommes que l'on appelait autrefois roturiers. La Royauté ne pouvait exécuter ses promesses avec une plus scrupuleuse exactitude.
Nous voulions <pi'aucun citoyen ne pàt être arrêté que par ordonnnance du juge compétemt ; que les juges fussent inamovibles y que les ressorisdes cours souveraines fussent restreints} que les audiences fussent publiques ; que les accusés eussent un conseil 3 que les lois civiles et criminelles fussent révisées : on a fait droit à ces justes réclamations.
Nous voulions enfin 4jue le gouverne-
ment fût organisé de manière que les différens ordres de PEtat coopérassent à la formation de la loi et à l'établissement de l'impôt : et la. puissance législative a été déclarée résider collectivement dans le Roi , la Chambre des Pairs et la Chambre àes Députes des déparlemens.
Mais nous ne voulions pas que la Royauté fût détruite j que la noblesse fût abolie 3 que la religion catholique cessât d'être la religion de l'Etat. Serions-nous assez insensés pour avoir aujourdTiui^de si coupables prétentions j et dans le cas de ce délire d'un moment, serions-nous assez, injustes pour refuser au trône et à la religion le droit de se défendre?
La Charte est le dernier bienfait que la Royauté devait aux nouveaux besoins de la société. C/était une garantie nécessaire aux concessions que le prince lui avait faites. Elle est de nature à satisfaire tous les vœux sages et légitimes. La Royauté ne peut aller plus loin sans compromettre son existence.
Que la Royauté se pénètre donc des
résultats nécessaires du mode de gouvernement que la Charte a établi; qu'elle les adopte franchement, puisque telle est la condition qu'elle s'est faite. Qu'elle cesse de se récrier contre les comités -directeurs , contre les réunions d'électeurs , contre les listes de candidats , contre les engagemens exigés des députés , contre les adresses hostiles des Chambres, contre le refus possible du budget. Tout cela, c'est la Charte en action j c'est la conséquence naturelle et légitime des droits constitutionnels des électeurs et des deux Chambres. On aura beau entraver pour un instant Texercice de ces droits 3 le temps, plus fort que tous les sophismes , les rétablira bientôt dans toute leur puissance.
Mais que conclure de cet état de choses?
Serait-ce par hasard qu'il faut renverser la Charte ? A Dieu ne plaise ? Que mettraiton à sa place? car il nous faut autre chose que l'ancien régime j autre chose que le pouvoir absolu : il nous faut la liberté.
Concluons donc que la Charle est bonne en elle-même, et qu'elle a résolu toutes
( iSo )
les difficultés de noire époque y mais concluons aussi qu'il n'y a de gouverne^ ment possible a^ec la Charte , qu'autant que la Chambre des Députés sera mise en harmonie avec les deux autres branches de la puissance législative j c'est-à-dire , qu'autant que la loi actuelle des élections sera abolie, et remplacée par une loi monarchique et aristocratique.