‹ De la Nécessité du Certificat Médical PrénuptialChapitre 24 sur 26 · L’UNION LIBRE · texte numérisé non relu

L’UNION LIBRE

D'autres, ceux là moralistes, me diront : vous allez provoquer des unions libres, détourner du mariage, et vous allez sûrement nuire à la natalité en voulant la sauvegarder.

Il est indiscutable que ce n’est pas un article de loi qui supprimera le« besoin sexuel», que nous n’empêcherons pas deux corps qui s'aiment de se rapprocher dussions-nous mobiliser toute la gendarmerie de France et de Navarre. Nous admettons que Pamour charnel étant un besoin « physiologique » doit être satisfait, nous allons plus loin, nous prétendons que Pacte sexuel est une nécessité pour la bonne santé. Nous ne voulons pas créer une gêne de plus au mariage officiel qui viendrait s'ajouter aux chicanes des situations, des dots, de lautoritarisme sectaire et obtus des parents, qui n'ont pas évolué depuis le droit romain.

Ce que nous voulons c’est secouer Papathie du publie, uous voulons attirer l'attention du gouvernement, attacher «le grelot ». Le gouvernement possède une arme admirable d'éducation dans le cinéma ; pourquoi ne lutilise-t-1l pas pour défendre la santé publique? Pourquoi n’oblige-t-1l pas les directeurs de cinéma à projeter chaque semaine, quelques: vues qui feraient comprendre au public la nécessité de se défendre contre le fléau vénérien ?

Alors, oh ! alors, la loi étant votée, étant rendue publique, ayant sillonné le pays et les familles comme un éclair soudain, déchirant les nuages obscurs des préjugés pour ouvrir lhorizon clair des vérités bienfaisantes, nous avons la conviction que les familles, comprenant la sublimité de notre certificat médical

AE ane

prénuptal, seraient les premières à lPadmettre et Pimposer à leur enfant.

d) LE SECRET PROFESSIONNEL

J'entends des voix menaçantes et, cette fois, ce sont des confrères qui agitent devant moi l’épouvantail du secret professionnel. Le secret professionnel n’a-t-1l pas évolué depuis Tardieu et Brouardel? Je crois énoncer une vérité banale en disant qu'il n’y a plus de secret professionnel ; et s’il y en à un, ce sont certains médecins qui essayent de cacher sous ce pavillon leur mauvaise marchandise.

Le secret professionnel!!! Existe-t-l lorsque les jeunes conscrits vont chaque année devant le conseil de révision étaler en public leurs tares, leurs maladies ? Et pourtant, nous y trouvons, à côté de médecins qualifiés, le préfet, le colonel d’un régiment de la région, des conseillers généraux, d’arrondissement, des maires qui ne sont pas liés par le secret professionnel.

Le secret professionnel existe-t-1] même légalement ? Est-ce que les décrets du 10 février 1915 et du 28 septembre 1916 ne vous obligent pas à déclarer certaines maladies ? Et le législateur inconscient nous oblige à déclarer une scarlatine, voire une rougeole, maladies en général bénignes, et nous n’aurions pas le droit de déclarer la syphilis, la blennorragie ?

Et du reste, nous respectons le principe sacro-saint du secret professionnel, mais ne devrait-il pas être limité, codifié ? Nous ne délivrerons le certificat qu’en main propre du sujet examiné et dans aucun cas nous ne ferons état du diagnostic. Nous dirons par exemple : «Je soussigné, docteur en médecine, certifie que M. un tel, qui s’est présenté ce jour à notre consultation, ne

Abe

répond pas en ce moment aux obligations prévues par la loi du...»

Et je ne crois pas qu’il sera de l’intérêt du médecin de divulguer les raisons de son interdiction et nos traditions médicales nous interdisent de tels procédés, que, du reste, Particle 378 du Code civil pourrait continuer à punir sévèrement.

En résumé, aucune objection sérieuse ne peut tenir contre le principe du certificat médical prénuptial ; seuls, la lâcheté et légoïsme des hommes sont un obstacle et avouons-le, un obstacle sérieux.

Page 1